Allocution de bienvenue de Madame Armelle baron, Présidente de la région Paris/Ile de France







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COMPTE-RENDU DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
du 8 juin 2010 à PARIS

__________________________________________________________________________________________
ALLOCUTION DE BIENVENUE de Madame Armelle BARON, Présidente de la région Paris/Ile de France
Chers Amis,

La région de Paris / Ile de France est heureuse de vous accueillir pour le Congrès annuel de la C.N.E.S., occasion pour nous tous de nous retrouver avec plaisir une fois l’an.

Si l’amitié prévaut dans ces journées, elles sont aussi l’occasion de faire le point sur les questions qui se posent pour notre activité, car elles sont nombreuses, comme celles de définir les options à prendre pour notre avenir dans un monde qui évolue très vite.

La C.N.E.S. veut élargir son champ d’action au-delà des frontières.

Après la Chine où Jean Michel RENARD s’est rendu l’année dernière et les prises de contact établies dans ce pays grâce à certains membres de la Chambre, aujourd’hui c’est vers le Moyen-Orient que nous dirigeons nos regards.

Notre Président s’y est rendu dernièrement. Hier après-midi vous avez pu l’entendre nous parler de ce périple comme vous avez pu suivre les interventions de nos experts spécialisés Jean-Marc DECROP, Alexis RENARD et Pascal ODILLE évoquer ces nouveaux marchés.

C’est dans ce contexte culturel que nous avons été associés à Doha Capitale culturelle arabe 2010. L’exposition organisée par la C.N.E.S. que vous avez vue hier, a été présentée à l’Ambassade du Qatar et une réception nous y a tous réunis.

Je voudrais d’ailleurs profiter de l’occasion qui nous est donnée de remercier encore son Excellence l’Ambassadeur du Qatar à Paris Monsieur Mohamed AL KUWARI et son épouse pour l’accueil réservé à la C.N.E.S.

Mes remerciements vont aussi vers Isabella GARDNER qui a favorisé nos relations avec l’Ambassade du Qatar et vers son mari Hall GARDNER qui fut notre porte-parole auprès de Madame Céleste SCHENCK, présidente de l’Université américaine de Paris à qui j’exprime toute ma gratitude pour nous avoir accueilli durant ces deux jours du congrès.

Vous savez bien tous qu’un Congrès s’organise grâce au Bureau d’une région. A ce titre, je suis très reconnaissante envers Pascal ODILLE pour avoir permis d’organiser ce congrès dans ces lieux prestigieux que sont l’Ambassade du QATAR et la faculté américaine et de nous avoir en quelque sorte parrainés.

Merci à Pierre-Richard ROYER pour avoir accepté la responsabilité des choix des objets présents à l’exposition ainsi que l’inventaire qui les accompagne. Concernant l’exposition à l’Ambassade, je souhaiterais remercier tous les membres de la C.N.E.S. qui ont joué le jeu et prêté des objets d’une haute qualité. Je cite dans le désordre, Geneviève BAUME, Jean-Paul VEYSSIERE, Jean Michel RENARD, Anthony TURNER, Pierre-Richard ROYER, Didier LUTTENBACHER, Christian BEALU, Jean-Marc DECROP, Frédéric HAVAS, Frantz FRAY, Dominique CHAUSSAT Bernard CROISSY, Pierre-Yves MACHAULT.

Christian BEALU doit être remercié pour sa disponibilité légendaire. Toute ma gratitude à Bernard CROISSY pour avoir organisé la visite du Musée de la Légion d‘Honneur cette après-midi.

Au sein du bureau, je suis redevable de notre Secrétaire Général, Christophe LESCHEVIN pour son aide précieuse comme celle de Marc TASTET. Mais je n’oublie pas l’efficacité, la disponibilité et la gentillesse d’Alexandra PERREAU PRADIER toujours présente active et de bonne humeur.

Place maintenant à l’Assemblée Générale. Je donne la parole à Jean Michel RENARD.
OUVERTURE DE L'ASSEMBLEE GENERALE par le Président National, Jean Michel RENARD
Sont désignés deux assesseurs pour les élections des cinq membres du Conseil d’Administration

Jean-Marc DECROP expert

Didier LE GALL stagiaire
APPROBATION du COMPTE-RENDU DE L’ASSEMBLEE GENERALE du 16 juin 2009 à ROCHEFORT
Le compte-rendu est adopté à l'unanimité par un vote à main levée.

RAPPORT MORAL DU PRESIDENT NATIONAL


Mes chers collègues,
L’année dernière à Troyes, j’avais inauguré un congrès pour la première fois en tant que président, et il m’avait semblé opportun lors de cet exercice de rappeler brièvement d’où nous venions, ce qu’était la C.N.E.S., ce que nous pouvions en attendre et ce que nous devions y faire. Nos statuts, déterminant notre outil de travail, nos projets, déterminant le bon usage de cet outil. Une année est passée depuis ; il est temps de vous rendre des comptes et de faire un premier bilan.

Je ne saurais cependant jouer mon rôle sans remercier nos hôtes, en votre nom à tous, chers amis, qui avez si bien oeuvré pour que ce Congrès soit une réussite. Nous sommes plusieurs je crois à savoir ce qu’il en coûte de temps et d’efforts pour organiser cet événement. Tous les membres de la région, experts et stagiaires ont mis la main à la pâte. Nous connaissons tous les compétences et le dévouement de Christine Chaton, de Bernard Venot, de Dominique Chaussat et bien sûr de Philippe Ravon. C’est par des gens tels que vous que notre Chambre peut se permettre quelque ambition.

La première étant sans doute de ne pas se perdre dans les difficultés et les confusions que nous connaissons tous depuis l’année dernière, et pour certains depuis plus longtemps encore.

La crise économique mondiale que nous traversons, que nous ne pouvons pas passer sous silence et qui nous fait tant de mal, est d’abord une crise financière qui provient essentiellement, on le sait, de produits frauduleux, (entre autre les fameuses subprimes) c’est-à-dire séparés du sens dont on les chargeait, à proprement parler à contresens, c’est-à-dire des faux.

Des experts, quelques-uns, n’avaient pas prévu la chose dans une boule de cristal. Ils l’avaient déduite. Observant qu’on ne pouvait pas durablement confondre le possible, le souhaitable, voir le vraisemblable, avec le vrai ; se fermer les yeux et faire commerce du vent, selon la formule de Jacques Attali. On ne les entendait pas. Ils n’étaient pas « positifs », politiquement corrects. Bref ils n’étaient pas réconfortants. Cette crise fait apparaître l’incroyable force de conviction que peuvent exercer les apparences aussitôt qu’elles semblent aller dans un sens favorable, rassurant ; c’est-à-dire celui qu’on attend d’elles. Et ce « commerce du vent » ne date pas d’Internet, ne date pas de certains catalogues de ventes, ne date pas d’aujourd’hui... L’expression est attachée à la fameuse crise de la tulipe, 1636, en Hollande, mais une des premières crises économiques internationales, due à la spéculation sur cette fleur. Symbole de luxe, de culture et de richesse, le bulbe de tulipe voit son cours monter d’une manière impressionnante, et la croissance de ce cours attire naturellement l’activité des spéculateurs, qui vont surenchérir et faire monter les prix jusqu’à des sommes vertigineuses, représentant, si elles représentent encore quelque-chose, vingt ans de salaire d’un artisan spécialisé, un immeuble à Amsterdam, ou je ne sais quoi d’autre tout autant disproportionné…
Jusqu’à ce que dans un bureau ou un café de Harlem, quelqu’un, quelques-uns réalisent que ce prix est absurde, là aussi n’a plus de sens, et sortent ostensiblement du marché, inversant l’euphorie en panique, selon une courbe qui se répétera souvent.
Parce que le commerce du vent dégénère toujours en tempête. Parce que dans la tempête il n’y a pas de commerce, il n’y a pas d’échange, il n’y a que des actes de survie.

Beaucoup d’entre nous éprouvent des difficultés, parfois même insurmontables. Nous appartenons à une Chambre professionnelle, nous sommes des experts professionnels, mais dans l’énorme majorité des cas, nous ne vivons pas de notre profession. Nous vivons du commerce des objets d’art. Le premier devoir de l’expert est d’éviter la confusion des genres, je ne crois pas cependant que le rappel de cette situation puisse nuire à la clarté de nos retrouvailles.

L’activité syndicale de notre Chambre est de deux ordres, vous le savez : la défense et le développement de notre métier, ainsi que notre formation et celle de nos confrères.

Cette activité demande une bonne connaissance et une bonne analyse du marché de l’art. Le rôle que nous y tenons et celui que nous pouvons y tenir, eu égard à nos moyens, c’est-à-dire à nos capacités d’adaptation à ce marché qui, lui aussi est en plein bouleversement ; et cela n’est pas gagné.
Tout d’abord à titre syndicale, nous savons que l’arsenal juridique dont nous sommes amenés à dépendre ne nous facilite pas les choses.
Il est tout de même étrange que la loi relative au délai de prescription ne soit pas la même pour une expertise faite en vente publique et pour une autre faite de gré à gré. Qu’on puisse en comprendre les raisons techniques n’en diminue pas l’absurdité. Que cette garantie de trente ans soit passée ex abrupto à cinq ans, menace avant tout de dévaloriser la profession. (Je fais partie de ceux qui considèrent que si l’on revendique le titre d’expert, il convient d’en assumer les compétences, les devoirs et les risques !) Mais que, depuis un an exactement, le 17 juin 2008, cette même garantie se porte à cinq ans « glissants » pour les expertises de gré à gré, avec une date butoir de vingt ans, ce qui semble établir une durée de vingt-cinq ans moins un jour…, si toutefois le « départ du droit » s’exerce dès la découverte du litige et non pas à la date du certificat… semble régler l’absurdité par la confusion. Une fois encore, il faudra attendre quelques jurisprudences (malheur aux premiers !) avant de situer avec précision le cadre juridique de l’expert.
Que les commissaires-priseurs aient obtenu le délai de prescription à cinq ans, (l’histoire retiendra d’ailleurs qu’ils ne le demandaient pas) signifie avant tout que leur profession les situe dans un cadre juridique reconnu par le législateur. Chaque parti disposant alors d’un outil commun et donc d’une base de négociation commune.

Rien de tout cela pour ce qui concerne l’expert indépendant. Il n’a pas de cadre juridique précis…. Or nous nous échinons depuis des années à conserver notre indépendance… Conservant en même temps cet état de fait…
Armelle Baron s’active depuis des années, dans le cadre de la CEDEA, quand elle en était présidente, aussi bien que dans celui de la C.N.E.S., en tant que vice-présidente, pour nous faire entendre. Nous avons consulté des juristes de haut niveau. La loi est jusque-là tellement confuse qu’ils ne sont pas d’accord entre eux…

Continuer. Il faut continuer. C’est une bataille administrative constante devant des projets de loi établis à la va-vite….

Nous ne somme pas assez importants pour avoir des ennemis… (ça vient !) Tout juste des interlocuteurs peu disponibles… Grandeur et servitudes de la vie syndicale…

Il ne s’agit pas pour autant de se plaindre, mais d’être actif. Efficace.
Les meilleurs experts, les mieux formés, ne sont peut-être pas tous à la C.N.E.S., peut-être…, mais la C.N.E.S. est la seule Chambre à assurer la formation continue de ses adhérents. Avec difficultés, cela va sans dire, mais avec constance. Nous avons essayé d’organiser pour la première fois un stage sur la méthodologie. Je l’appelais de mes vœux depuis des années. Sans doute n’a-t’il pas répondu à toutes nos attentes. Pas à toutes les miennes, loin s’en faut, raison de plus pour continuer. Je sais bien que certains d’entre nous considèrent ces exercices comme inutiles, enfantins, pas sérieux, accessoires de toute façon. Je ne partage pas cet avis. La chose est pour moi essentielle. La plupart des certificats d’expertises donnant lieu à des contestations et des poursuites juridiques, ne pèchent pas par incompétence de leur auteur dans sa spécialité, mais presque toujours par une absence de rigueur et de méthode dans l’énoncé de ses arguments. Il y a une construction de l’argumentation, une rhétorique de l’expertise qu’il convient de savoir. Et pour la savoir, il faut la pratiquer, faire ses gammes. Les stages sont faits pour ça. Ils sont, avec la rigueur de nos examens, la garantie de notre vitalité, de notre réputation, et par conséquent de la confiance qu’il est nécessaire de pouvoir mettre en nous. Je ne remercierai jamais trop les responsables de ces activités. Qu’il s’agisse de l’organisation des stages ou des examens.
Pas de commerce, pas d’échange sans confiance. La crise financière dont nous parlions se manifeste avant tout par une crise de confiance. Cette confiance se vérifie toujours par la liberté des uns à pouvoir s’engager et par celle des autres à pouvoir faire respecter ces engagements, les rôles étant pas définition interchangeables.

A ce titre, le marché français est un des plus sains et des plus rigoureux, parce-qu’il dispose d’un arsenal juridique puissant, que nous critiquons vous le savez, contre lequel nous élevons, particulièrement en ce moment, mais qui donne au consommateur les moyens de se protéger. Je le redis, c’est toute la différence entre la loi et le contrat. Celui-ci, aussi souple et efficace qu’il soit, et il l’est, revient en dernier ressort à la légitimation d’un rapport de force. Ce sera la valeur de l’objet litigieux aussi bien que la puissance financière des parties qui détermineront le recours à une action judiciaire. La loi, elle, est en principe la même pour tous. 
Ne l’oublions pas, dans la plupart des pays, il n’y a pas de syndicat d’experts indépendants. Mais ne l’oublions pas non plus, dans la plupart des pays, les consommateurs ne sont pas protégés contre les malveillances. C’est un des avantages de la mondialisation que de pouvoir se faire connaître, de pouvoir être accessible et surtout de considérer que d’avoir des relations professionnelles à un autre bout du monde, n’est pas une aventure exceptionnelle, mais une manière de plus en plus normale d’exercer son métier. Simplement adaptée à cette mondialisation…

Facile à dire. Sans doute. Cependant, la chose se développe. Pourquoi alors ne pas chercher à jouer un rôle dans ce développement ? Un exemple ? Quand un conservateur de Kiev demande par Eléona et Michel Cabotse un expert pour le conseiller dans ses achats, quand Jean-Pierre Gaboriaud se rend en Ukraine pour faire cette expertise et éviter ainsi des erreurs coûteuses, quand le client, satisfait par la qualité de la prestation, tout est là, établit un programme d’achat et qu’il le confie à Michel Cabotse ou à Jean-Pierre Gaboriaux en demandant la garantie de la C.N.E.S., et enfin quand ceux-ci s’adressent à nos collègues de la Chambre pour mener à bien cette commande, je ne peux pas m’empêcher de croire que cette manière de travailler à un bel avenir…
Chacun, bien sûr, entretient ses propres relations de travail, mais la présence même du sigle C.N.E.S. commence à signifier quelque chose en des milieux qui en ignoraient jusque là l’existence.



Vous avez eu le courage de m’envoyer en Chine au mois de septembre. Pour beaucoup, la décision n’était pas simple. Je le comprends. Je tiens d’ailleurs à préciser que la moitié des frais de ce voyage a été financée par les dons de certains d’entre nous. Ils ne l’ont pas fait pour les honneurs, qu’ils en soient cependant remerciés… Sans eux, la chose eut été plus délicate. Ce n’était pas évident, je le répète. Beaucoup peuvent encore se demander ce que la C.N.E.S. allait faire là bas. …

Organisé par la SYMEV, avec le sérieux et les compétences qu’il convient de souligner d’emblée, ce projet de voyage nous incitait à une double réflexion :

D’une part sur le rôle qu’un syndicat d’experts comme la C.N.E.S. peut envisager de jouer dans le marché de l’art avec la Chine, et partant, dans le marché de l’art international ; d’autre part, sur les facultés d’adaptation que ce syndicat, peut mettre en œuvre au travers de ses structures tout autant que de sa « culture » pour se permettre une telle ambition.
Pourquoi la Chine ?

Le marché de l’art y développe un chiffre d’affaire qui la hisse au 3ème rang mondial, reléguant dorénavant la France en 4ème position…

L’argumentaire exposé à nos interlocuteurs chinois était simple :

- Nous représentons et nous vous proposons une somme de compétences parce-que nous sommes des experts.

  • Nous représentons une somme de garanties parce-que nous sommes assujettis aux lois françaises qui sont les plus rigoureuses en la matière.

  • Nous vous proposons une somme d’opportunités, parce-que nous sommes des acteurs du marché de l’art.


Il ne s’agissait certainement pas de débarquer en conquérants.

C’est donc sur le thème de projets culturels communs qu’il m’a semblé possible de proposer nos services.
Le premier, à Pékin, autour d’un thème d’exposition : « Les Chinoiseries », c’’est-à-dire les objets chinois copiés en Europe entre le XVII° et le XIX° siècle, notamment en France, tout autant que les objets sous influence chinoise dans les arts décoratifs des époques concernées.

(La réaction des interlocuteurs a été édifiante : « Nous ne sommes donc pas les premiers à avoir vendu des contrefaçons »…)

Nous sommes deux cents professionnels du marché de l’art, chacun dans sa spécialité, nous vous trouvons les objets et nous en garantissons l’authenticité… j’ajoutais : et nous pouvons même vous les vendre…

Le second, à Shanghai, sur les concessions, les années trente et les arts décoratifs… Vaste programme…
Ces sujets plaisent. Ils peuvent nous permettre d’avoir un contact prometteur avec le marché chinois, mais ils nous dépassent.

Nous ne saurions revendiquer ni les connaissances muséographiques ni surtout les capacités financières pour la construction d’un tel projet. Nous ne pouvons envisager ces travaux qu’en collaboration avec d’autres partenaires ; et ce n’est pas leur moindre intérêt que de pouvoir nous faire reconnaître comme professionnels actifs dans un marché nouveau.



A l’heure actuelle, huit mois après, les contacts se poursuivent. Les choses sont toujours longues en Chine. Le temps ne compte pas pareil. Je me suis entretenu de cette affaire avec Ling Veyssière, et Paul Veyssière bien sûr, et je compte sur leur dévouement et leur connaissance de ce sujet. Mais le dévouement à ses limites. Il faudra bien se préparer un jour à franchir un cap. Nous n’en connaissons sans doute pas toutes les coordonnées, mais il convient de s’y préparer.
Dans cette optique entre autre, nous avons ouvert un bureau de la C.N.E.S. à Shanghai. Office permanent sous la responsabilité de deux nouveaux membres, spécialisés dans la peinture chinoise du XVIII° siècle, et fins connaisseur de l’art contemporain. Eric Otto Wear et Chuk-Kwan Ting, tous les deux diplômés d’Oxford. Ces confrères pourront servir de relais, d’interprètes ou de représentants à tous les membres de notre Chambre.
Jean-Marc Decrop, représentant de la C.N.E.S. à Hong-Kong, avait apporté son aide aux organisateurs, et ses connaissances, son efficacité et son dévouement rendaient fier de l’avoir comme confrère.
Par ailleurs, un projet d’école de formation à l’expertise des objets d’art, à Shanghai, est à l’heure actuelle à l’étude sur les bases des statuts et du règlement intérieur de la C.N.E.S. Peut-être ne sont-ils pas si mauvais que ça…

Enfin, différentes rencontres avec la maison de vente China Guardian, la plus importante maison chinoise, laissent imaginer la possibilité d’une collaboration… A quel titre, quand et comment ?… Nul ne le sait. Nous poursuivons cependant les contacts. L’ambition de cette maison de vente ne peut que retenir notre attention.
Parce-que voyez-vous mes chers collègues, je voudrais qu’il n’y ait pas de malentendu sur notre situation d’expert, et aussi de marchands d’antiquités, quels qu’en soient les domaines, les spécialités, les structures commerciales… Il n’y a qu’un marché de l’art. Il est multiple, complexe, souvent confus, mais riche de possibilités.
Considérer qu’il représente un champ clos, dont la qualité de la récolte repose essentiellement sur le faible nombre des récoltants est une erreur fondamentale. Bien sûr, le recours au protectionnisme, quelles qu’en soient les tournures, paraît réconfortant, comme si on se tenait chaud entre soi, alors qu’on le vérifie toujours, les résultats obtenus ne font qu’aggraver les choses. Il ne s’agit pas de se partager le marché de l’art comme un gâteau, et de considérer que moins il y aura de convives, plus les parts seront grosses…

Il y a de la place pour tout le monde, non pas parce-que Dieu a bien fait les choses, a bien réparti les espaces, mais parce que ce n’est pas une question de place à prendre, par force ou par héritage, mais une question de place à faire, par intelligence, par imagination, par compétences ; bref, par faculté d’adaptation. On peut déplorer ce darwinisme économique, mais c’est ainsi !… Je ne me berce pas d’illusion en disant cela ; personnellement, je crois savoir à quel point la situation est difficile, mais je suis sûr que ce n’est pas en se refermant sur soi-même, en hibernant pour attendre des temps meilleurs qu’ils viendront.
Il est temps, il est grand temps de porter notre regard sur le Marché de l’Art, en France et partout, afin de savoir ce que nous pouvons y faire de nouveau et d’approprié pour s’adapter et sortir un peu de notre tradition de marchand expert, dont on sait très bien qu’à force d’être menacée, elle devient de plus en plus fragile.

Une fois encore, il paraît inutile de déplorer les agissements d’Internet ou la prédominance des Maisons de Ventes. L’un comme l’autre procède de la même évolution. Il paraît plus utile, plus efficace de se demander ce qu’on peut faire pour s’adapter à cette situation. Si enfin on peut manifester la volonté, le courage et l’intelligence de s’organiser. De faire des propositions plutôt que des critiques.

J’ai invité Henry de Danne et Hervé Chayette, le directeur et le président du SYMEV à se joindre à nous à la fin de cette Assemblée. Ils représentent les commissaires-priseurs. L’ennemi ! Là aussi, j’en revendique la responsabilité. Si je n’en avais pas, je n’aurais pas de comptes à vous rendre. J’ai vu que beaucoup d’entre vous étaient critiques à l’égard de cette décision. – L’ennemi dans nos rangs ! Et ce pour la troisième année !… Oui ; j’ai également, comme chaque année, invité les présidents de Chambres confraternelles. Mais eux ne viennent jamais…

Depuis que je suis à ce poste, comme mes prédécesseurs, je suis amené à travailler avec tous les responsables d’organisations liées au Marché de l’Art. C’est mon travail. Il ne s’agit pas de mondanités. Les réceptions au vernissage de tel Salon ou les soirées people à Drouot ne m’intéressent aucunement. En revanche, échanger, discuter, comprendre le fonctionnement du marché dans lequel nous sommes, non pour en déplorer les difficultés mais pour trouver des moyens d’y faire notre place et de la développer, oui, ça c’est un vrai travail syndical, et ça vaut le coup ! Alors, je ne vous demande pas de tomber amoureux des commissaires-priseurs, (pour certaine d’entre nous au moins, c’est fait !) je vous demande de faire bon accueil à ces concurrents, et par la force du marché, ces partenaires, en leur posant les questions qui vous préoccupent. Nous retrouvons certes pour être amicaux, mais pas pour être complaisants. Avant d’avoir des choses à faire ensemble, nous en avons sans doute beaucoup à nous dire.
Voilà les comptes que j’avais à vous rendre pour l’année écoulée. La situation économique est dure, notre Chambre va bien. Elle est la plus importante des Chambres d’experts, la plus considérée ; elle doit être en mesure de s’attaquer à ce qu’il est convenu d’appeler les nouveaux défis. Tous les élus qui s’en occupent font du bon travail, je peux vous le dire. Le reste dépend de vous tous…
Je voudrais terminer ce discours par un hommage à Raymond Bonin, père de Christian, Kiki, qui nous avait si bien accueilli au Congrès de Béziers, et pour Dominique Debois-Frogé qui s’est tué en voiture en se rendant au Salon de Nancy, où il officiait comme expert. Dominique était un vieux copain, à moi comme à beaucoup d’entre vous. Il n’habitait pas loin d’ici. Il serait parmi nous. Il devrait y être… J’ai encore des messages de lui sur mon répondeur. Je souhaiterais nous épargner les banalités d’usage, tout ceux qui ont fréquenté Dominique me comprendront, et en mémoire d’Henry Leschevin, un autre fréquentable, si souvent « compagnon de route » de la C.N.E.S., je dirais – « Chers amis, si le Paradis existe, rendez-vous au bar… »

On peut les applaudir. Merci.


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