Du terrain militaire au somptueux boulevard : ses splendides palais et ses monuments officiels datant de la 2e moitié du xixe siècle, la Ringstrasse est une succession impressionnante de curiosités viennoises







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Version de janvier 2016

La Ringstrasse à Vienne



“This new street is not dominated by any one building; there is no crescendo

towards a palace or a cathedral; but there is this constant triumphant pull along

from one great aspect of civilised life to another.”

Edmund de Waal: “The Hare with Amber Eyes. A Hidden Inheritance” 1

Du terrain militaire au somptueux boulevard : ses splendides palais et ses monuments officiels datant de la 2e moitié du XIXe siècle, la Ringstrasse est une succession impressionnante de curiosités viennoises.


L’histoire du boulevard viennois du Ring commence le 20 décembre 1857, lorsque l’empereur François-Joseph donne l’ordre de raser les fortifications qui enserrent le centre-ville et d’édifier sur le glacis, terrain s’étendant au pied des bastions et des murailles et jusque là utilisé à des fins militaires, une avenue d’apparat bordée de monuments officiels. Ce projet urbanistique, le plus important de toute l’histoire de Vienne, va créer une jonction entre la ville intérieure, occupée majoritairement par la résidence impériale et ses palais aristocratiques, et les faubourgs de la petite bourgeoisie. En même temps, cette gigantesque opération de construction se fait l’écho de l’explosion démographique de Vienne : de 1857 à 1868, la population de la capitale a augmenté quasiment de 30%, allant jusqu’à dépasser le million d’habitants en 1890. Enfin, la construction du Ring marque la transformation de Vienne, du siège d’une monarchie féodale en une métropole européenne.

Répondant à un concours international, 85 agences soumettent des projets, dont aucun ne sera directement réalisé. C’est une commission qui, à partir des meilleures études, élabore un « plan de base » : celui-ci prévoit l’aménagement d’une double allée quasi circulaire, faisant env. 57 m de large et tout juste 5 kilomètres de long, bordée de bâtiments officiels, de palais et d’immeubles locatifs privés, de parcs et de places. Les espaces laissés vacants par la démolition des remparts (2,4 millions de m² au total, à peu près l’équivalent de 300 terrains de football) et qui ne sont impartis ni aux édifices publics, ni aux rues, ni aux parcs, sont mis en vente à prix d’or à des particuliers, qui contribuent ainsi à financer les bâtiments publics. En contrepartie, les propriétaires privés ont droit à 30 ans d’exonération fiscale s’ils achèvent leur projet de construction en l’espace de cinq ans.

Dès 1858, la capitale impériale se transforme en un immense chantier où l’on travaille d’arrache-pied. Entre le lancement des travaux et l’inauguration officielle le 1er mai 1865 en présence du couple impérial, sept ans seulement se sont écoulés. Le projet d’ensemble n’est qu’en partie achevé. Mais la cadence effrénée des travaux s’obtient aux dépens des ouvriers. Le labeur sur les chantiers ou dans les briqueteries est d’une extrême pénibilité, avec de longues journées de travail et des salaires de misère. Les briques proviennent en général des fabriques du sud de la ville qui emploient beaucoup de manœuvres originaires de Bohême, qu’on surnomme les « Ziegelböhm » (littéralement : les Bohémiens des briques).

Projet d’une envergure sans précédent, la construction du Ring ne tarde pas à attirer financiers, architectes et entrepreneurs de l’Europe entière. Gottfried Semper, l’architecte qui dessinera le Burgtheater et les musées de la cour, vient de Hambourg, Ludwig von Förster, qui réalise les plans de la Ringstrasse, de Franconie et Theophil Hansen du Danemark. Parmi les familles qui font bâtir leurs hôtels particuliers le long du boulevard du Ring, il faut citer les Ephrussi, banquiers originaires d’Ukraine, les Epstein, issus de la riche bourgeoisie juive de Prague, et les Todesco, de grands négociants roumains.

Une histoire de l’architecture en 3D

Les édifices qui longent le boulevard du Ring comptent parmi les principales curiosités de la capitale. Cet « espace public le plus grandiose d’Europe » (Edmund de Waal) est composé d’une multiplicité de styles. L’historicisme de la Ringstrasse puise dans les idéaux architecturaux du passé. Il s’agit de choisir le modèle historique se rapprochant le plus de la vocation de l’édifice, par exemple le temple grec pour le Parlement ou le forum antique pour la résidence impériale. L’Opéra national (à l’époque : Opéra de la cour), l’Université, la Bourse, le Kunsthistorisches Museum et le Muséum d’histoire naturelle sont de style néo-renaissance, le Burgtheater est néo-baroque, tandis qu’on a recours au gothique flamand pour l’Hôtel de Ville et au néo-gothique pour la Votivkirche.

Mais cet historicisme n’est pas du goût de tous et le célèbre architecte-urbaniste Otto Wagner en est l’un des détracteurs. « La Ringstrasse est un catalogue d’imitations stylistiques, aussi ridicules les unes que les autres », se moque-t-il, à en croire les mémoires de la grande salonnière Berta Zuckerkandl2. Dans L’homme sans qualités3, Robert Musil appelle les fastueux édifices du boulevard du Ring « décors de théâtre d’une époque futile ». Plus tard, d’autres architectes considèreront également la Ringstrasse comme une erreur urbanistique. Adolf Loos, qui méprise l’historicisme, affirmera même que le Ring est le problème central de Vienne.

Les architectes majeurs de la Ringstrasse ont nom Theophil Hansen (Parlement, Bourse, Académie des Beaux-Arts, Musikverein, Palais Ephrussi, Palais Epstein, Palais Hansen), Gottfried Semper et Carl Hasenauer (Neue Burg, Kunsthistorisches Museum et Muséum d’Histoire naturelle, Burgtheater), Heinrich Ferstel (Université, Votivkirche, Musée de l’Art et de l’Industrie – aujourd’hui MAK – Musée autrichien des Arts appliqués / d'Art contemporain –, Palais Wertheim, Palais Ludwig Viktor), August Sicard von Sicardsburg et Eduard van der Nüll (Opéra national), et Friedrich Schmidt (Hôtel de Ville). Certains édifices construits quelques décennies plus tard porteront aussi la signature d’Otto Wagner (Caisse d’É́pargne postale d’Autriche, 1904-1912) et de Max Fabiani (Urania, 1909-1910). Inauguré en 1955 et dû à Erich Boltenstern, l’immeuble appelé Ringturm est l’un des rare bâtiments vraiment modernes de la Ringstrasse.

Un musée viennois en plein air

Le Ring est une vraie mine de détails architectoniques, des façades décorées des palais aux portes et escaliers des hôtels particuliers, en passant par la statuaire. Le concept urbanistique prévoyait la construction d’un ensemble pompeux reposant sur la juxtaposition délibérée d’édifices publics et privés. Les principaux monuments à vocation administrative, politique, culturelle ou économique de la Ringstrasse sont l’Opéra national, le Burgtheater, l’Hôtel de Ville, l’Université et le Parlement. Le Muséum d’Histoire naturelle et le Kunsthistorisches Museum, ainsi que le « Neue Burg », aile rajoutée au Palais impérial, font partie d’un complexe architectural destiné à renforcer la visibilité du pouvoir habsbourgeois. Un forum impérial devait relier le palais de la Hofburg aux deux musées jumeaux, construits pour accueillir les collections impériales, et se prolonger jusqu’aux Écuries de la cour (l’actuel complexe culturel du MuseumsQuartier). Mais on renoncera finalement à bâtir le deuxième corps de bâtiment devant faire face à la Neue Burg et le forum impérial reste inachevé.

Les hôtels particuliers de la Ringstrasse témoignent de la nouvelle conscience de soi acquise par la grande bourgeoisie. L’ascension sociale des banquiers, fabricants et industriels va de pair avec la montée de l’industrialisation. La « Gründergeneration », cette génération fortunée de « fondateurs », dont beaucoup appartiennent à la haute bourgeoisie juive libérale, trouve sur le Ring une scène à sa mesure. Nombre d’entre eux sont d’indispensables bailleurs de fonds pour la monarchie et ont été anoblis en guise de reconnaissance. L’ancienne noblesse de cour, en revanche, fait peu construire sur le Ring. Pendant la période nazie, tous les hôtels particuliers appartenant à des juifs, comme le Palais Ephrussi et son mobilier précieux, seront « aryanisés » et leurs propriétaires chassés, déportés ou exterminés.

À l’origine, aucun hôtel n’est prévu sur la Ringstrasse, le nouveau boulevard étant dédié exclusivement aux monuments officiels, palais et immeubles locatifs. Mais avec l’Exposition universelle de 1873, les besoins en hébergement de luxe s’accroissent et l’on se met à bâtir des hôtels de grand standing comme le Sacher. Le plus vieil hôtel du Ring est le Grand Hôtel : inauguré en 1870, il dispose d’un équipement technique très poussé pour l’époque, avec ascenseur mécanique et téléphone dans toutes les chambres. Il a été aménagé à partir d’un immeuble locatif et restera jusqu’à la fin de la monarchie un lieu de rendez-vous prisé de l’aristocratie et de la grande bourgeoisie autrichiennes. C’est au Grand Hôtel que le prince héritier Rodolphe (fils de l’empereur François-Joseph) retrouve sa maîtresse, Mary Vetsera. Le Palais Württemberg, situé sur la portion de la Ringstrasse appelée Kärntner Ring, est transformé en hôtel quelques années seulement après son achèvement et abrite aujourd’hui encore l’Hôtel Impérial. Construit à l’origine pour l’Exposition universelle de 1873, le Palais Hansen, sur le Schottenring, est devenu hôtel en 2003 (Palais Hansen Kempinski Vienna) après diverses affectations. Quant au Palais Henckel-Donnersmarck, sur le Parkring, il abrite le Radisson Blu Palais-Hotel  (actuellement fermé pour rénovation); pour le Ritz-Carlton, qui a ouvert ses portes en 2012, ce sont quatre hôtels particuliers historiques du Schubertring qui ont été regroupés.

Les cafés de la Ringstrasse et la vie des salons

D’emblée, le Ring s’impose comme le lieu où la bourgeoisie aime venir flâner. Sur ce boulevard tout neuf, voir et être vu est le prolongement logique des promenades d’antan sur les fortifications. La portion de la Ringstrasse qui s’étend entre la Kärntner Strasse et la Schwarzenbergplatz jouit d’une faveur particulière. Au temps de la monarchie austro-hongroise, on se donne rendez-vous à l’angle de la Kärntner Strasse et du Ring, appelé « Sirk-Ecke » à cause d’un magasin aujourd’hui remplacé par l’Hôtel Bristol. Karl Kraus a immortalisé l’endroit dans Les Derniers Jours de l'humanité4. À l’époque, cet emplacement, également surnommé « croisement de l’Opéra », est déjà un des lieux les plus urbains et les plus animés de la capitale, avec un trafic ininterrompu de passants, cyclistes, calèches et tramways. Lorsque, dans les décennies qui suivent, la circulation individuelle augmente considérablement, le croisement de l’Opéra voit l’installation dès 1926 du premier feu tricolore de Vienne, puis de passages piétons matérialisés.

Lieux de rencontre également très fréquentés, les nouveaux cafés établis sur le Ring connaissent leurs heures de gloire : on s’y retrouve entre hommes d’affaires, férus de la politique, artistes, écrivains, joueurs d’échec ou de billard, chaque groupe ayant son chaque établissement favori. Sur les 27 grands cafés que comptait le Ring il y a 150 ans, peu existent encore aujourd’hui. Après la Seconde Guerre mondiale, le miracle économique transformant les pratiques de loisirs et de consommation, la lente disparition des cafés s’amorce. Concessionnaires automobiles, agences de voyages et bureaux de compagnies aériennes viennent s’installer dans leurs locaux aux volumes généreux. À certains cafés traditionnels se substitue un nouveau type de café, l’expresso, tel le Café Milano qui trône encore sur le Stubenring. Parmi les cafés emblématiques de la Ringstrasse toujours en activité, il faut mentionner le Prückel, le Schwarzenberg et le Landtmann.

Autres plaques tournantes de la vie mondaine, tout aussi essentielles que les cafés, les salons des hôtels particuliers du Ring font se rencontrer le monde de l’art et l’aristocratie financière. Parmi les salons les plus en vue, il y a celui de la famille Todesco. C’est dans son palais, qui trône sur la Kärntner Strasse, que Johann Strauss fait la connaissance de sa future épouse, la cantatrice Henriette Treffz. Le Palais Leitenberger, sur le Parkring, est un pivot de la vie sociale viennoise et l’industriel du textile Friedrich Leitenberger un grand mécène des arts de son temps. Quant au salon de la femme de lettres et journaliste Berta Zuckerkandl, il voit défiler au Palais Lieben-Auspitz toute l’élite artistique et scientifique d’Autriche.

Lieux historiques et endroits fatidiques

Depuis toujours, la Ringstrasse est aussi un lieu où se mettent en scène les évènements historiques importants. Le cortège solennel organisé le 27 avril 1879, sur un boulevard du Ring tout neuf, à l’occasion des noces d’argent de l’empereur François-Joseph et de son épouse Élisabeth, se transforme en immense spectacle. La direction artistique de l’évènement est confiée à Hans Makart, le peintre viennois le plus célèbre de l’époque : afin d’en régler tous les détails, il dessine un plan qui fait 100 mètres de long. Le grandiose cortège de Makart nécessite la participation de 14 000 personnes, vêtus de costumes de la Renaissance ou du début du baroque, et d’innombrables chars d’apparat qui défilent sur le Ring devant 300 000 badauds. Toutes les corporations professionnelles sont représentées : celles du commerce, de l’artisanat, de l’industrie, mais aussi des arts et des sciences. Le couple impérial assiste au cortège sous un chapiteau imaginé par Otto Wagner. En 1908, le jubilé des 60 ans de règne de l’empereur François-Joseph sera de nouveau marqué par un défilé solennel sur le boulevard du Ring.

Après la chute de la monarchie, la Ringstrasse reste le théâtre de la vie publique. C’est au Parlement que l’assemblée provisoire proclame la Première République le 12 novembre 1918. Mais manquant d’assise politique solide, celle-ci échouera peu de temps après, minée par ses contradictions internes. Le 15 juillet 1927, le Palais de justice est la cible d’affrontements violents, conflit qui culminera avec la guerre civile de 1934. L’étincelle du conflit est l’acquittement des prévenus jugés pour la mort de deux innocents lors de combats entre les troupes paramilitaires de la droite, la Frontkämpfervereinigung, et de la gauche, le Republikanischer Schutzbund, dans la bourgade de Schattendorf (Burgenland). Des manifestations spontanées contre ce jugement dégénèrent et le Palais de justice est incendié. La police tire sur la foule, 89 manifestants et quatre policiers sont tués. 11 ans plus tard, le 15 mars 1938, c’est sur la Heldenplatz, devant le Palais impérial, qu’Adolf Hitler proclame l'Anschluss, l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne hitlérienne.

Après la défaite nazie, la social-démocratie viennoise renoue en 1946 avec la tradition des grands défilés du premier mai sur la Ringstrasse. Journée de commémoration des combats ouvriers et fête internationale des travailleurs, le premier mai a été célébré à Vienne dès 1890 par les sociaux-démocrates et instauré fête nationale en 1919, avec le soutien du parti communiste autrichien. Aujourd’hui encore, les sections social-démocrates des différents arrondissements défilent sur le Ring pour rejoindre la Rathausplatz, où a lieu un meeting.

Toute une année d’évènements

Au fil de l’année, la Ringstrasse accueille les manifestations les plus variées : elles se produisent le long du boulevard ou sur ses places. La programmation culturelle connaît plusieurs temps forts : le célèbre Concert du Nouvel An des Wiener Philharmoniker au Musikverein, le Festival du Film musical tous les étés sur la Rathausplatz et la retransmission de spectacles d’opéra sur écran géant devant l’Opéra national (« Oper live am Platz », en avril, juin, septembre et octobre). En avril, c’est le sport qui est à l’honneur avec le Vienna City Marathon, dont la ligne d’arrivée se situe devant le Burgtheater, et avec le grand festival cycliste, l’Argus Bike Festival, sur la Rathausplatz. En septembre, l’équitation s’invite sur la Rathausplatz pour les Vienna Masters, avec une compétition de saut d'obstacles la plus dotée au monde, le Global Champions Tour. Et c’est également sur la Rathausplatz qu’est aménagée une immense patinoire pour le Rêve de Glace, de janvier à mars.

Au mois de mai, les spécialités gustatives des manufactures et producteurs locaux se présentent au Stadtpark lors du Festival des Saveurs, tandis que l’exposition Modepalast réunit mode et arts appliqués au MAK. C’est également là qu’a lieu, en octobre, Blickfang, la foire de vente du design. Dès la mi-novembre, c’est le temps des marchés de l’Avent et de Noël : on les trouve sur la Rathausplatz, sur la Maria-Theresien-Platz (entre le Kunsthistorisches Museum et le Muséum d’Histoire naturelle) et sur la Karlsplatz.

Les monuments historiques du Ring accueillent de nombreux bals, surtout en janvier et février. Pour danser et s’amuser, on va au Palais impérial (Hofburg Silvesterball / Bal de la Saint-Sylvestre, Bal des Cafetiers, Bal des Chasseurs, etc.), à l’Opéra national (Bal de l’Opéra), au Musikverein (Bal der Wiener Philharmoniker), au Konzerthaus (Bal du Bonbon, Bal costumé) ou à l’Hôtel de Ville (Bal viennois des Sciences, Bal des Fleurs, Bal Concordia, Bal de la Croix rouge de Vienne). Le Life Ball, le plus grand évènement caritatif d'Europe pour la lutte contre le sida, investit tous les ans l’Hôtel de Ville avec, en ouverture, un défilé de mode public spectaculaire sur la Rathausplatz (en 2016, le Life Ball fera un break pour mieux revenir avec un nouveau concept en 2017. Avec la Parade Arc-en-ciel et la Vienna Pride au mois de juin, la communauté gay et lesbienne de Vienne fait la fête aussi sur le Ring, lequel se transforme à nouveau en dancefloor en août lors de la Streetparade, qui s’achève sur la Rathausplatz avec le Streetfestival. Au cours des dernières années, une scène gastronomique dynamique, surtout l’été, s’est installée sur les berges du Canal du Danube, le long du Franz-Josefs-Kai. Cette portion de boulevard s’étend entre Ringturm et Urania, et boucle la boucle autour du centre ancien.

Artère routière et oasis paisibles

La Ringstrasse et le centre historique de Vienne ont rejoint la liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO en 2001 (autre site de Vienne inscrit : le château de Schönbrunn et ses jardins). Divisé en neuf portions (du Stubenring au Schottenring), le boulevard du Ring enserre le centre historique de Vienne avec le Franz-Josefs-Kai, qui longe Canal du Danube, et constitue une artère névralgique du trafic urbain. Dès le début, la Ringstrasse a été ouverte à la circulation publique et en 1868, un tramway à traction hippomobile la parcourait d’un bout à l’autre. Aujourd’hui, les lignes de tram 1, 2, D et 71 en empruntent certains tronçons. Seul le Vienna Ring Tram fait le tour complet du centre ancien : pendant le trajet de 25 minutes, écrans et casques audio diffusent des commentaires, en huit langues et en dialecte viennois, sur les diverses curiosités.

Sur la Ringstrasse, la circulation automobile se fait dans le sens des aiguilles d’une montre sur trois ou quatre voies. On peut également faire le tour du Ring à vélo : quelque 3 000 cyclistes en empruntent quotidiennement la piste cyclable. Certaines parties du boulevard ont été ouvertes aux vélos dès 1887. Des passages souterrains aménagés dans les années 1960 à cause de la circulation croissante (Babenbergerpassage et Albertinapassage, par exemple) sont aujourd’hui transformés en clubs branchés et les piétons peuvent à nouveau traverser le Ring sur les passages cloutés.

Malgré sa vocation d’artère routière importante, la Ringstrasse est également un lieu de détente. Certains principes paysagistes ont été mis en œuvre lors de son aménagement. Entre la chaussée et les édifices qui la bordent, on a planté deux à trois rangées d’arbres de chaque côté, des platanes et des vernis du Japon, entre lesquels se trouvaient autrefois une allée piétonnière et une allée cavalière. Mais les conditions climatiques étaient défavorables aux vernis du Japon qui durent être remplacés. Aujourd’hui, l’ensemble des quelque 2 400 arbres qui ombragent agréablement le boulevard l’été, est constitué principalement d’érables, de tilleuls, de micocouliers, de platanes et de marronniers.

Les superbes parcs et jardins anciens qui longent la Ringstrasse sont autant d’oasis paisibles. Le Volksgarten, réputé pour les centaines de roses qui y fleurissent l’été, abrite aussi le Temple de Thésée, reproduction légèrement réduite du Théséion d’Athènes et où le Kunsthistorisches Museum expose régulièrement de l’art contemporain, ainsi qu’un monument dédié à l’impératrice Élisabeth. Aménagé à la façon d’un jardin anglais, le Rathauspark est planté de beaux vieux arbres, dont certaines essences exotiques. Dans le Burggarten au monument Mozart assidûment fréquenté, se trouve la Serre aux Palmiers avec ses deux verrières qui hébergent l’une un café-restaurant, l’autre la Serre à Papillons. Inauguré en 1862, le Stadtpark est le plus vieux parc public de Vienne, ses sentiers qui serpentent sont bordés d’arbustes décoratifs, de pelouses et de bassins d’eau. Il est également riche en statues, en particulier celle qui constitue le monument le plus photographié de Vienne : la statue dorée du « Roi de la Valse », Johann Strauss Fils, en pied.

1 Edmund De Waal: “The Hare with Amber Eyes. A Hidden Inheritance”, Vintage Books London, 2011, S. 114

(« Cette nouvelle avenue n’est pas dominée par un édifice en particulier ; ce n’est pas un crescendo menant vers un palais ou une cathédrale ; c’est plutôt une longue marche triomphale allant d’un grand moment de la civilisation à l’autre. »)

2 Berta Zuckerkandl-Szeps : Souvenirs d'un monde disparu : Autriche 1878-1938, trad. Maurice Rémon, Paris : Calmann-Levy, 1939


3 Robert Musil : L’homme sans qualités, trad. Philippe Jaccottet, Paris : Éditions du Seuil [Points], 2011

4 Karl Kraus : Les Derniers Jours de l'humanité, trad. Jean-Louis Besson, Henri Christophe, Marseille : Agone, 2005





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