Le programme 2 Opposition de la population







télécharger 65.07 Kb.
titreLe programme 2 Opposition de la population
date de publication16.12.2016
taille65.07 Kb.
typeLe programme
a.21-bal.com > loi > Le programme



AQUI SIEN BEN


Protection du patrimoine naturel et du cadre de vie


QUEL DEVENIR POUR LES TERRAINS DE L'EVECHE ?


Pour un projet touristique alternatif
Etude des potentialités de développement durable

d'activités liées à l'agrotourisme

sur les anciens terrains de l'Evêché de la Commune de Carros



AQUI SIEN BEN

 700 chemin du Clos de Ripert 06510 Carros

 04 93 29 34 76

aqui.sien.ben@orange.fr

http://aquisienben.wordpress.com

novembre 2010

SOMMAIRE


1. Préambule




1.1 Objet de l'étude




1.2 Situation de Carros




1.2 Les terrains de l'Evêché










2. Historique des volontés d'aménagement




2.1 Etat des lieux




2.2 Une volonté de préservation affichée par la municipalité




2.3 Projet "Vert Olive"




2.4 Expertise d'opportunité




2.5 Premières divergences de vues










3. Le projet "Saha"




3.1 Le programme




3.2 Opposition de la population




3.3 Une demande de modification du POS rejetée










4. Une vision d'avenir respectueuse de l'environnement




4.1 Qu'est-ce que le tourisme vert ?




4.2 La préservation des espaces agricoles…




4.3 … et des espaces naturels




4.4 Un accueil en éco gîte










5. Un projet d'agrotourisme




5.1 Problématique




5.2 Qu'est-ce que l'agrotourisme ?




5.3 Une agriculture innovante




5.4 Les avantages d'une ferme biologique










6. Proposition




6.1 Concept




6.2 Etude de marché




6.3 Programme










Annexes




photos du site




plan du site




extrait du POS




projet "Vert Olive"




projet "Natur'émoi"




commentaires et avis de la population (extraits du site internet de la Ville de Carros)























1. Préambule


1.1 Objet de l'étude

La ville de Carros envisage la vente d'un terrain sur les hauteurs de la commune en vue de la réalisation d'un important projet de complexe hôtelier par un investisseur privé. L'association Aqui Sien Ben, soutenue par une majorité de la population locale, dénonce un projet immobilier démesuré qui détruirait irrémédiablement un site préservé et propose un projet alternatif d'agrotourisme.

1.2 Situation de Carros

La commune de Carros s'étend à flan de coteau en rive droite de la basse vallée du Var à une vingtaine de kilomètres de Nice. Sa situation géographique offre des vues panoramiques remarquables sur la mer et les Alpes du sud.

Jusque dans les années 70, la population de quelques centaines d'habitants, était essentiellement regroupée autour de son vieux village perché. En plus de sa production oléicole traditionnelle, son activité économique était centrée sur la culture maraîchère et horticole en restanques sur les collines et dans le quartier des Plans. La production de fraises a notamment fait pendant longtemps la réputation de Carros.

A partir de 1968, une zone industrielle départementale est aménagée sur la rive du fleuve et une ville nouvelle est créée. La commune de Carros connaît alors un développement économique et urbain fulgurant. Sa population a décuplé et avoisine aujourd'hui les 12 000 habitants ! Et ce n'est pas fini. Le programme local de l'habitat (PLH) prévoit un accroissement de 5000 à 6000 habitants supplémentaires d'ici à 2015 avec le développement de programmes immobiliers conséquents et la création de nouveaux centres urbains dans les quartiers des Plans et de la Perdigonnerie. Cette extension de l'urbanisation, selon la volonté de la majorité municipale, se ferait au total détriment des espaces agricoles qui subsistent dans la basse vallée du Var, faisant de la commune de Carros une banlieue de la métropole niçoise.

Le village est resté à l'écart de ce développement et a inexorablement perdu ses quelques commerçants et artisans. Mais il a gardé tout son caché traditionnel et constitue aujourd'hui, avec son château médiéval aménagé en centre d'art contemporain, le centre historique et touristique de la commune.

1.3 Les terrains de l'Evêché

A la fin des années 90, le diocèse de Nice, important propriétaire foncier sur les collines de Carros, annonce son intention de vendre une grande partie des terrains acquis sur legs en 1932. Il s'agit d'un espace de plus de 14 ha situé en zone naturelle et remarquable par son authenticité.

Un promoteur se présente en 1999 avec un projet de lotissement de 6000 m2 de SHON d'une cinquantaine de constructions individuelles. Des riverains réagissent et constituent l'association Aqui Sien Ben pour s'opposer à ce programme immobilier et tenter de protéger ce patrimoine naturel. L'association alerte les élus locaux qui demandent dans un premier temps au promoteur de limiter le nombre de constructions à une vingtaine pour répondre à ses exigences en matière d'aménagement du territoire. Dans la concertation tripartite alors engagée, l'association finit par convaincre la mairie de l'idée de l'acquisition des terrains en vue de leur protection. Elle présente par ailleurs un projet alternatif de développement de l'écotourisme avec notamment la création d'un écomusée.

Les négociations entre la mairie et l'association diocésaine de Nice conduisent à un compromis de vente signé en 2000 et portant les conditions suivantes :

- acquisition d'une superficie de 95 145 m2 exclusivement réservée à la mise en valeur de l'oliveraie et la protection de la chênaie.

- acquisition d'une superficie de 45 719 m2 en vue de l'implantation d'une unité de tourisme vert de capacité limitée.

Le plan de financement est voté en Conseil Municipal en juillet 2000. Il décide :

- un montant de 2,5 MF dont 1,0 MF de subvention de la Région pour l'opération "oliveraie". Cette opération comprend de plus des travaux d'aménagement pour la mise en valeur du parc paysager (débroussaillement, remise en exploitation des oliviers, restauration des restanques…) dont le montant est estimé à 3 MF avec le concours financier de la Région et du Département dans le cadre du contrat de plan pour le développement du tourisme dans le moyen-pays.

- un montant de 2,5 MF pour l'opération "tourisme vert", donnant droit à bâtir avec la possibilité d'implanter une unité touristique et éventuellement un écomusée, qui respectent l'environnement et la qualité de vie.

L'association Aqui Sien Ben se montre alors favorable à cette vente et au projet d'aménagement prévu par la mairie. L'acte de vente est signé le 04 mars 2002.
2. Historique des volontés d'aménagement


2.1 Etat des lieux

Le terrain de 4,5 ha, concerné par la réalisation d'une opération de tourisme vert, est un site remarquable par sa beauté, son calme, son exposition et le panorama qu'il offre sur la vallée du Var. Situé sur les hauteurs de la commune dans la zone agreste traditionnelle et à proximité du village historique de Carros, il n'a jamais été urbanisé. Il est constitué de restanques plantées en grande partie d'oliviers centenaires. Il comprend aussi une vieille chênaie et une ancienne bâtisse de pierre en partie écroulée.

Il est desservi par un étroit chemin, dit du Goubet, qui serpente sur les coteaux au-dessus du village. Son calme est très apprécié par les promeneurs, les riverains et la communauté de sœurs carmélites installée à quelques centaines de mètres. Il constitue un havre de pays et un poumon vert pour la commune. Il s'inscrit dans le cadre du patrimoine paysager traditionnel des collines de l'arrière pays niçois et participe au maintien et à la préservation de la biodiversité locale.

Il est situé sur une zone de glissement soumise à des mesures de prévention et faisant l'objet d'interdictions en matière d'aménagement définies dans le Plan départementale de Prévention des Risques. De plus sa forte déclivité, sa situation en contrebas d'une zone d'éboulement et ses difficultés d'accès réduisent considérablement les possibilités de construction.

Malgré son actuel état d'abandon, il a toujours conservé sa vocation agricole et oléicole. Sa bonne exposition et son irrigation par des sources permettaient autrefois une intense production maraichère, oléicole et fruitière.

2.2 Une volonté de préservation affichée par la municipalité

Concernant l'aménagement des anciens terrains de l'évêché, la municipalité affichait clairement, lors de leur acquisition, une triple volonté allant dans le sens de l'action de l'association Aqui Sien Ben :

- préserver le patrimoine naturel en affirmant par exemple "Préservation et mise en valeur du patrimoine, telle est l'ambition municipale" ou "La superbe nature de notre territoire doit devenir un atout supplémentaire pour améliorer encore et toujours l'image de Carros"(CarrosInfo 09/2000).

- remettre l'oléiculture au goût du jour par la remise en exploitation de l'oliveraie et diversifier l'activité agricole (Nice Matin 22/08/2000).

- participer à un développement durable en souhaitant le "développement d'un tourisme vert alliant calme, découverte du patrimoine naturel et culturel" ou en jurant qu'"Il ne s'agit pas de construire sans précaution, mais d'intégrer des petites unités qui respectent l'environnement et la qualité de vie".

Cette volonté s'est concrétisée lors de la révision du POS approuvée en juillet 2001 dans laquelle le terrain concerné a été classé en zone Nat définie comme "zone d'urbanisation future où à terme les constructions à usage d'animation et d'accueil de capacité limitée liées au tourisme vert peuvent être édifiées dans un souci de préservation et de mise en valeur du site".

2.3 Projet "Vert Olive"

L'association ASB est née d'une volonté commune d'habitants de Carros, désireux de participer à l'aménagement de leur commune dans un souci de protection du patrimoine naturel et de respect de l'environnement. Face à la menace d'une urbanisation intensive des terrains de l'Evêché, elle a demandé en 1999/2000 à une stagiaire du Greta Environnement de Nice de réaliser une étude de projet alternatif pour une mise en valeur de ces terrains basée sur la réhabilitation de l'oliveraie et la création d'un écomusée de l'olivier. Ce projet d'écotourisme a été présenté à la mairie de Carros en janvier 2000. Il décrit le rôle, les aménagements et le fonctionnement d'un écomusée qui pourrait s'intégrer au site. Il explique comment ce projet peut s'inscrire dans la politique de développement local et participer à la valorisation de l'image de la commune en montrant les intérêts environnementaux, sociaux, économiques, culturels et pédagogiques des activités d'écotourisme que peut générer un écomusée. Il prévoit dans ses aménagements la création d'un parcours de découverte dans l'oliveraie, d'un espace d'information et d'exposition thématique, d'un centre de ressources dédié à la documentation et à l'observation, d'une salle de conférence et d'ateliers de formation, d'un hébergement dans des chambres d'hôtes, d'un point de vente de produits locaux.

Sans doute jugée peu rentable à court terme, cette étude de projet alternatif à la construction de lotissement est restée malheureusement sans réelle prise en compte par les décideurs locaux si ce n'est quelques références ou allusions dans les discours et par voie de presse.

2.4 Expertise d'opportunité

Désireuse de connaître les potentialités de tourisme vert offertes par le site, la mairie a mandaté en 2001 un cabinet d'expertise en ingénierie touristique pour réaliser une étude d'opportunité.

Le rapport remis par les experts a établi les observations suivantes :

- le site constitue un ensemble naturel et patrimonial remarquable qui tranche avec l'image dégradée et détestable de la basse vallée du Var

-le site réunit les atouts permettant de constituer une destination touristique alternative à la côte niçoise et tournée vers la nature, le calme et le bien-être

- les qualités propres au site qui permettent un projet sont celles d'un paysage préservé et d'une situation calme et isolée. Elles rendent crédible une opération touristique limitée et de qualité

- il y a nécessité absolue de revoir le POS pour arrêter toute construction autour de la zone et ainsi préserver l'atout touristique du projet

- il existe une forte contrainte sur le problème de l'accès

- la topologie du terrain ne permet pas une urbanisation importante et implique un surcoût des aménagements et infrastructures, qui devront se faire sans grands travaux de terrassement qui bouleverseraient le site

- la commune subit une faible activité touristique et une absence de notoriété

- le projet doit être accompagné par la mise en place d'activités de découvertes, d'une nécessaire synergie avec le village et d'une valorisation des produits du terroir

- la présence du Carmel implique un projet pour lequel la fréquentation sera limitée et les activités calmes

- il faut que les partenaires extérieurs et les associations de défense de l'environnement participent aux décisions successives sur la nature du projet et sur sa conception.
Suite à ces observations, les experts proposent un concept haut de gamme reposant sur le bien-être du corps et de l'esprit dans un environnement préservé.

Ils proposent à titre indicatif un programme constitué d'une unité d'hébergement comportant entre 80 et 100 chambres et d'un ensemble d'équipements composé d'espaces d'accueil, d'un restaurant, de salles de réunion, des salles d'activités sportives ou culturelles et d'une piscine. Le projet d'ensemble représenterait entre 3 500 et 4 000 m2 HON pour un investissement privé d'environ 50 à 60 MF (moins de 1M euros) et génèrerait environ 30 à 40 emplois.

2.5 Premières divergences de vues

L'association Aqui Sien Ben réagit lors de la présentation de ce rapport en réunion publique du 01 février 2002. Elle reconnaît le diagnostic établi sur les potentialités touristiques du site, mais dénonce un concept totalement éloigné du tourisme vert et un programme immobilier trop important, en contradiction avec la volonté affichée de préservation du site. Elle regrette par ailleurs qu'une seule proposition de projet soit faite et que d'autres opérateurs, travaillant notamment dans l'écotourisme, n'aient pas été consultés.

Des années se passent sans qu'aucun opérateur ne présente de projet crédible.
3. Le projet "Saha"


3.1 Le programme

Ce projet est annoncé par voie de presse en octobre 2008 (Nice-Matin du 22/10/2008). Il est porté par le footballeur Louis Saha qui envisagerait de créer un centre de remise en forme pour sportif de haut niveau. Il est présenté à la population lors d'une réunion d'information au village le 02 juillet 2009 et mis en consultation sur le site internet de la ville dés le mois d'octobre. Le concept du projet a évolué vers une résidence hôtelière et de tourisme visant une large clientèle (sportifs, familles, milieux d'affaires) et offrant une grande diversité d'hébergements (chambres, suites, appartements et suites pavillonnaires) avec toute une gamme de services et d'équipements.

Le programme est encore plus démesuré que celui du projet avancé en 2002 par le cabinet d'experts. Il comprend :

- un bâtiment central (20 chambres, 30 suites, bureaux, salles de sport, salles de séminaires, boutiques, restaurant…)

- un lotissement de 31 maisons individuelles (de 63 à 78 m2)

- un lotissement de 15 suites pavillonnaires (de 105 à 135 m2)

- un ensemble d’aménagement et d'équipements (terrains de sport, piscine avec snack bar, bassin de nage, aires de jeux, parking …)

La capacité d'accueil serait de 400 lits et la surface construite annoncée est de 7 700 m2 SHON !!! On est bien loin des objectifs et engagements pris par la mairie pour assurer la préservation du site.

3.2 Opposition de la population

L'association Aqui Sien Ben organise une réunion publique d'information sur le projet le 15 octobre 2009 (82 participants). Elle lance aussi un blog d'expression libre sur le sujet. Comme sur le site consultatif ouvert par la mairie, les avis et commentaires de la population se prononcent unanimement contre ce projet. Malgré cette vive opposition, les élus de la majorité soutiennent le projet et tentent de rassurer les habitants en affirmant que les nuisances seront réduites, que des conditions très restrictives en matière de respect de l'environnement seront imposées à l'acheteur et que des garanties juridiques seront prises pour assurer la pérennité de la vocation touristique du projet.

Pourtant de l'opinion générale, ce projet n’a strictement rien d’une opération dévolue au tourisme vert et à la mise en valeur du patrimoine naturel, thèmes sur lesquels la mairie s’était engagée. De part sa nature, sa dimension et son programme, cette opération est totalement incompatible avec la préservation du site et la sérénité nécessaire au recueillement des sœurs carmélites. Il ne s’agit que d’un vaste programme immobilier de type résidence club qui détruirait irrémédiablement ce site remarquable et priverait la communauté « d’un espace de respiration, de calme absolu, à la disposition des carrossois qui peuvent s’y promener en toute quiétude » (Nice-Matin du 22 octobre 2008). Selon l'analyse de spécialistes, ce projet n’est pas viable et serait économiquement voué à l'échec. Il ne s'agirait alors que d'un montage financier conduisant à une inévitable faillite et entrainant le découpage et la revente spéculative du complexe, ouvrant ainsi la voie à une urbanisation intense de cette zone de campagne.
Lors de la réunion de concertation organisée par la mairie le 20 octobre 2009, l'association ASB demande que ce projet soit retiré. Il ne peut être accepté en l’état car il ne respecte ni le lieu, ni les engagements pris. Elle annonce rester ouverte à toute concertation sur des projets réalistes qui s’inscriraient réellement dans le cadre d’un tourisme vert, et qu'elle est prête à soumettre des propositions alternatives pour la mise en valeur du site.

La presse relate cette sérieuse divergence de vue et un pique nique militant est organisé sur le site le 31 octobre 2009. Il rassemble plus d'une centaine de participants venus manifestés leur opposition dans un moment de convivialité.

L'association réalise aussi un reportage vidéo d'une vingtaine de minutes qu'elle diffuse largement sous forme d'un DVD auprès des élus, des associations et des médias.

En juin 2010, le comité de quartier du Village et des Ecarts de Carros sonde les habitants à travers un questionnaire dans le cadre de l'Observatoire de la qualité de la vie sur la commune. L'analyse réalisée par un cabinet indépendant mandaté par la mairie fait ressortir qu'une large majorité de la population est fondamentalement opposée au projet Saha.
3.3 Une demande de modification du POS rejetée

La demande de modification du Plan d'Occupation des Sols (POS) engagée par la commune de Carros en 2009 pour permettre la réalisation du projet fait l'objet d'observations des services de l'Etat. Cette demande est par conséquent rejetée. La commune demande alors à la communauté urbaine de Nice Cote d'Azur (NCA), qu'elle a récemment rejoint, de prescrire la révision du POS et d'engager une procédure d'élaboration d'un Plan Local d'Urbanisme (PLU). Cette nouvelle tentative permettra-t-elle la réalisation du projet ? Les services de l'Etat et notamment l'Etablissement Public d'Aménagement de la Plaine du Var qui gère l'Opération d'Intérêt National (OIN) "Eco-Vallée" ont leur mot à dire et une concertation avec la population et les associations sera organisée dans les différentes étapes de cette élaboration. Compte tenu des délais incompressibles de la procédure, le PLU ne peut être approuvé avant le premier trimestre 2012.
4. Une vision d'avenir respectueuse de l'environnement


4.1 Qu'est-ce que le tourisme vert ?

Le terme de tourisme vert est inscrit dans les conditions particulières liées à la vente du terrain par le diocèse de Nice. La mairie s'est engagée à respecter cette clause et a repris ce terme dans la définition de la zone concernée dans le POS en vigueur, en intégrant la contrainte d'un accueil de capacité limitée et le souci de préservation du site. Il s'avère en fait que le tourisme vert ne constitue pas une appellation contrôlée et par conséquent n'obéit pas à un cahier des charges rigoureux. C'est une notion qui demeure abstraite et dont il n'existe pas de définition précise. Mais les objectifs du tourisme vert sont clairement établis et reconnus par tous :

- protéger la nature

- découvrir un milieu naturel préservé

- respecter l'environnement et les écosystèmes

- contribuer à la valorisation du patrimoine naturel et culturel

- apporter une réponse durable au tourisme de masse

- intégrer une dimension éthique et éco citoyenne

- comporter une composante éducative et pédagogique

- minimiser l'empreinte écologique et l'impact négatif des aménagements

- utiliser des énergies renouvelables

- favoriser une alimentation biologique

Pour l'association diocésaine de Nice, comme pour l'association ASB et le sens commun, le tourisme vert implique un accueil en milieu rural et des activités tournées vers la découverte du milieu naturel et des traditions locales. L'idée même de préservation du site impose, à l'antithèse du tourisme de masse, un hébergement très restreint qui respecte le calme et l'authenticité du lieu. Les aménagements et éventuelles constructions doivent être le plus limité possible et s'intégrer de façon harmonieuse dans le paysage.

On comprend alors que le projet soutenu par la Mairie soit inacceptable. La municipalité reste convaincue que la qualité d'un projet se mesure à la taille de son investissement et des intérêts financiers que peut procurer la vente du foncier. L'association ASB pense que des solutions alternatives durables existent pour préserver le site, participer au développement économique et touristique de la commune et valoriser son image de marque.

4.2 La préservation des espaces agricoles…

La préservation et la mise en valeur des espaces agrestes traditionnels est une composante essentielle du tourisme vert. C'est l'authenticité des paysages de cultures en restanques, façonnés par les générations successives, qui caractérise le terroir de l'arrière pays niçois et constitue le principal attrait pour le développement potentiel d'un tourisme vert. Les espaces agricoles traditionnels doivent ainsi être préservés, pas seulement pour leur nature contemplative, mais aussi comme étant un lieu de vie et d'activités qui perpétue les traditions locales.

Dans le cadre du Plan Local d'Urbanisme en cours d'élaboration, le diagnostic territorial sur la commune de Carros dénonce une activité agricole menacée. Il souligne l'importance de l'agriculture au niveau de la gestion de l'espace, de la mise en valeur des paysages et de l'aspect économique. Mais il constate que les espaces agricoles sont fortement convoités, notamment par l'extension de l'urbanisation. L'activité agricole sur les coteaux, principalement tournée vers l'oléiculture et une production maraîchère, est progressivement abandonnée, essentiellement en raison de la pression foncière et du développement anarchique de l'immobilier. Pour contrer cette menace, la Directive Territoriale d'Aménagement approuvée le 2 décembre 2003 fait apparaître dans ses orientations l'exigence d'assurer une préservation des espaces agricoles. Aussi la Communauté de Communes des Coteaux d'Azur, dont Carros faisait partie jusqu'en 2009, s'est engagée à créer des zones agricoles protégées (ZAP) conformément à l'article 108 de la loi d'orientation agricole et aux articles L 112-2 et R 122-1-4 du code rural. Cette volonté concerne plus particulièrement les anciens terrains de l'Evêché pour leur impact paysager, pour la production oléicole qui peut être développée et pour la valorisation patrimoniale qui peut être faite.

4.3 … et des espaces naturels

La protection des espaces naturels constitue un enjeu important. Elle contribue à maintenir un équilibre paysager et une biodiversité indispensables et à donner une image forte et marquante de notre territoire. La communauté s'est engagée dans le cadre de l'aménagement du territoire à développer une politique de mise en valeur du patrimoine en lien avec le Parc Naturel Régional (PNR) des Préalpes d'Azur, avec notamment un projet d'équipement de tourisme vert sur le site des terrains de l'Evêché, intégrant une valorisation des sentiers, des points de vues panoramiques, des métiers anciens et la création d'une "maison de pays".

4.4 Un accueil en éco gîte

Les formes d'accueil proposées dans le cadre d'un tourisme vert doivent répondre à la demande d'une clientèle à la recherche d'un lieu d'hébergement qui se veut respectueux de l’environnement et situé dans un contexte rural traditionnel.

La qualification d'éco gîte répond à cette demande. Elle s'adresse à un hébergement en gîte ou chambre d'hôtes qui apporte une garantie en matière d'exigences environnementales. Un éco gîte doit être conçu ou restauré selon des techniques ou matériaux reconnus comme ayant un faible impact sur l'environnement de sa construction à sa déconstruction. Il est tenu d'utiliser les énergies renouvelables (solaire, éolien, bois ou hydraulique), de limiter au maximum la production de déchets (tri des déchets) et d'en organiser la valorisation (compostage), et de veiller à une consommation faible des différentes ressources (utilisation d'eau de pluie…). Les éco gîtes sont très nombreux en France et plus particulièrement dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur qui a initié le label.

5. Un projet d'agrotourisme


5.1 Problématique

Comment concilier préservation du patrimoine naturel traditionnel et développement de l'activité touristique ? Tel est l'enjeu qui détermine l'avenir des terrains de l'Evêché. Face à la stratégie immobilière passéiste du tout béton et du rapport financier immédiat avancée par la municipalité, l'association Aqui Sien Ben propose une voie plus harmonieuse et respectueuse du site et du cadre de vie des habitants. Des solutions alternatives et durables existent : l'agrotourisme peut en être une.

5.2 Qu'est-ce que l'agrotourisme ?

L'agrotourisme est défini comme étant une activité touristique complémentaire à l'agriculture ayant lieu sur une exploitation agricole. Il met en relation des producteurs agricoles avec des touristes, permettant à ces derniers de découvrir un terroir et des traditions à travers l'accueil et l'information que leur propose leur hôte. Poussée par la forte demande actuelle et les directives du Grenelle de l'environnement, cette forme de tourisme est en plein développement et se tourne préférentiellement vers des exploitations familiales pratiquant l'agriculture biologique. Les prestataires du tourisme s'impliquent de plus en plus dans une démarche visant une gestion durable et respectueuse de la nature ; des labels existent et d'autres se mettent en place.

5.3 Une agriculture innovante

Face aux difficultés grandissantes que rencontrent les jeunes agriculteurs pour trouver un terrain d'exploitation, la Chambre d'Agriculture des Alpes Maritimes demande le développement de nouveaux pôles agricoles regroupés dans des zones réservées de 7 à 8 ha avec l'aide et l'engagement volontariste des pouvoirs publics. Elle travaille en partenariat sur les caractéristiques techniques de projets agricoles innovants, adaptés à une forte demande des consommateurs et compatibles avec les nouvelles normes environnementales. Il s'agit de fournir à la population locale, en vente directe ou en petit commerce de proximité, des produits du terroir de qualité issus de l'agriculture biologique. Actuellement l'offre de produits biologiques est nettement inférieure à la demande et les circuits de commercialisation sont divers et ne connaissent pas la crise. Le Grenelle de l'environnement prévoit d'imposer aux communes la préservation des terres nourricières, notamment pour garantir un approvisionnement des cantines scolaires en produits biologiques issus de l'agriculture périurbaine. Cette obligation est par ailleurs en harmonie avec les mesures prises par Michel Barnier quand il était ministre de l'Agriculture en avril 2009 pour le soutien et le développement des circuits courts de distribution.

5.4 Les avantages d'une ferme biologique

Une ferme biologique apporte une activité socio-économique viable sur le long terme au sein d'une commune, en participant au circuit d'approvisionnement et de distribution local. Elle permet d'assurer l'installation et la viabilité d'une famille d'exploitant agricole avec l'intégration dans le tissu économique et social de la commune. Une exploitation agricole biologique peut aussi diversifier ses activités en proposant une forme d'accueil touristique qui réponde à des critères écologiques. Elle participe ainsi au développement d'un tourisme rural responsable actuellement en plein essor.

L'agriculture biologique, en rejetant l'utilisation de produits de synthèse et d'engrais chimiques, permet le maintien de l'équilibre de l'écosystème et le respect de l'environnement. Elle participe à la préservation de la ressource en eau et limite considérablement le coût de dépollution. La mise en place d'un agriculteur bio contribue à la préservation du patrimoine paysager du territoire en respectant les éléments naturels tels que les haies, restanques de pierres ou bosquets qui participent à la biodiversité d'une exploitation. De plus la mise en culture des terrains apporte une valorisation du potentiel d'un terroir qui restait en friche. Elle permet d'en ressortir une richesse et aussi de les entretenir et d'éviter leur embroussaillement en constituant une barrière naturelle contre les incendies de forêt.

Une ferme biologique possède aussi une dimension pédagogique et éducative. Elle peut servir de support pour la démonstration de techniques agricoles traditionnelles ou innovantes dans le cadre de formation professionnelle ou sous forme de stage pour amateur. Elle constitue un outil pédagogique à disposition du monde scolaire pour la découverte et l'apprentissage des animaux de la ferme, des légumes, des travaux agricoles et de l'environnement naturel.
6. Proposition


6.1 Concept

6.2 Etude de marché

6.3 Programme


similaire:

Le programme 2 Opposition de la population iconNombre approximatif d’habitants et composition de la population

Le programme 2 Opposition de la population iconC’est d’ailleurs la population des plus grandes agglomérations qui augmente le plus rapidement

Le programme 2 Opposition de la population iconLes notions constitutionnelles fondamentales
«Constitution Sociale» par opposition à la «Constitution Politique». expl : en 2007, intégration dans la Constitution d’1 article...

Le programme 2 Opposition de la population iconI. La Répartition des droits dont la gestion est individualisée
«exclusifs» (par opposition aux droits «collectifs» cf infra) et ne concernent donc que les associés ayant confié à l’adagp la gestion...

Le programme 2 Opposition de la population iconJour 2 : Rencontre avec le guide et visite des locaux de l’association
«protection Faune et flore» en direction de la population locale avec le club environnement de Kpétou

Le programme 2 Opposition de la population iconAttractive, Montpellier l’est assurément
«Fête de la musique» diffusée en direct sur France La qualité de l’espace public de Montpellier, la quiétude de son climat et la...

Le programme 2 Opposition de la population iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres
«il égala tout ce qui s’était fait de plus beau jusqu’alors, et me fit connaître à la Cour». Elle rendit célèbre à Paris l'obscur...

Le programme 2 Opposition de la population iconRapport entre catégorie mystique et catégorie du sublime. Le mystique...
«métaphysique». L’atelier, la fabrique de l’artiste, est le texte littéral de cette exposition infinie et sans fond

Le programme 2 Opposition de la population iconCommuniqué de presse
«Le parcours d’un artiste engagé» est une opportunité pour la population régionale de découvrir ce personnage légendaire de la scène...

Le programme 2 Opposition de la population icon*Denotes teacher favorite
Cette étude est la première à réaliser un séquençage complet de l'exome de la population canadienne-française.” Very scientific but...







Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
a.21-bal.com