I. table des matières







télécharger 0.82 Mb.
titreI. table des matières
page8/24
date de publication17.12.2016
taille0.82 Mb.
typeDocumentos
a.21-bal.com > loi > Documentos
1   ...   4   5   6   7   8   9   10   11   ...   24

C.au temps du front populaire : les années 30...

1.Appui de RENOIR aux aspirations sociales des couches populaires :


Jean RENOIR, sympathisant de gauche, est incontestablement (avec Jacques PRÉVERT sans doute), une des figures culturellement les plus emblématiques de la période du Front populaire8.


  • 1936 RENOIR Jean La vie est à nous. Autour du Front Populaire. Film (entre fiction et documentaire) de propagande de 66 mn en 35 mm, commandité par le PCF, mais suffisamment personnalisé par le coordinateur Jean RENOIR, et par une superbe brochette de cinéastes, acteurs et photographes (Henri CARTIER-BRESSON, Henri ALEKAN, Madeleine SOLOGNE, Jacques BECKER, Jean-Paul LE CHANOIS...). Vision utopique d’un avenir radieux communiste. Le scénario est une œuvre collective, surtout issu de RENOIR lui-même, avec l’aide de LE CHANOIS et du rédacteur communiste de l’Humanité, Paul VAILLANT-COUTURIER. Le Groupe Octobre y participe (Cf. ci-dessous). La domination communiste semble évidente parmi les acteurs et même lors de la conception du film. En réalité, il s’agit plus d’une œuvre unitaire de gauche, avec un pluralisme typique de « front populaire ». Cependant une bonne partie du film évoque la condition ouvrière et les luttes nécessaires pour en contrer les effets néfastes (licenciement d’un ouvrier âgé, par exemple). La place culturelle du « bistro » dans la société ouvrière et militante est bien montrée. La teneur fut suffisamment critique pour que le film soit interdit durant toute la période du Front Populaire. Il connut donc une diffusion militante.

2.Création d'un groupe militant : CINÉ-LIBERTÉ


Cette coopérative ouvrière de production regroupe des gens du spectacle, parfois de grand renom, et des militants, souvent liés à la CGT et notamment à l’AEAR, regroupement d’Artistes Révolutionnaires. C’est pourquoi on peut y rattacher La Marseillaise de RENOIR. Elle mise sur un cinéma populaire et libre de toute censure, mais pas exempt d’idéologie partisane ni de naïf ouvriérisme. Elle compte près de 12 000 adhérents à l’automne 1936.

Une quinzaine de productions, dont les 3 de la CGT et une demi-douzaine sur l’Espagne républicaine.

Mais le lien avec la CGT n’est pas dogmatique : par exemple, Ciné-Liberté se heurte à la CGT sur la sortie de Sur les routes d’acier. Les syndicalistes, tout en reconnaissant la qualité du film, dénoncent une « version édulcorée », trop courte à leurs yeux, et surtout pas assez syndicaliste.


  • 1937-38 PESKINE Boris (ou Blaise ?) Sur les routes d’acier, demande de la Fédération CGT des Cheminots, réalisé par un technicien cégétiste, plus orienté sur les aspects techniques du rail que la vie militante. C’est sans doute une réponse au film trop « officiel » de NADOUX de 1936. La toute nouvelle SNCF a sans doute aidé ou laissé faire cette œuvre somme toute peu dangereuse.

  • 1937 RENOIR Jean La Marseillaise. La CGT lance une souscription pour soutenir le film. L’équipe technique serait entièrement cégétiste et s’organise en une sorte de coopérative. De nombreux figurants sont des militants syndicalistes. Mais ce film de commande, avec les inconvénients du genre, est un échec commercial.

  • 1936-1938 ? Collectif CGT Grèves d’occupations, documentaire de 12 mn favorable aux occupations, commandé par l’Union des Syndicats Ouvriers de la Région Parisienne – CGT et réalisé par un collectif syndicaliste avec Ciné-Liberté, sans doute autour du réalisateur Jacques LEMARE. Belle évocation des occupations fraternelles et joyeuses dans la banlieue parisienne, avec l’appui des techniciens du spectacle en grève. Apparaissent les usines Renault, l’usine Maurice de Gennevilliers, les studios Gaumont et Éclair… Entre fête et mobilisation syndicale, un mouvement utopique de reconsidération du monde du travail est ici à l’œuvre.

  • 1938 EPSTEIN Jean Les bâtisseurs documentaire de 49 mn à la gloire des ouvriers du bâtiment, commandé par la Fédération CGT du Bâtiment. Les paroles des chansons sont de Robert DESNOS, figure indépendante du mouvement surréaliste d’alors. Le film resitue le rôle fondamental des ouvriers, notamment des maçons, et de l’avant-garde architecturale (PERRET, LE CORBUSIER) avec qui ils sont liés, dans toutes les constructions qui honorent la France, notamment la cathédrale de Chartres.

  • 1938 LEMARE Jacques Les métallos documentaire « militant » glorifiant le rôle du syndicat des métallos (Fédération CGT de la métallurgie) dans l’usine et en dehors, par exemple dans la prise en charge des loisirs (camp de campeurs). Le film est réalisé par un syndicaliste. Quelques scènes de fiction sont intercalées. L’adversaire patronal est durement condamné. Quelques scènes évoquent la solidarité avec l’Espagne républicaine en lutte.

3.Le mythe de 36 et la condition ouvrière de l’époque :


  • 1932 Collectif Colonies de vacances documentaire pro-communiste en faveur des colonies de vacances, arrachant pour un temps des enfants de Bagnolet aux méfaits de la société capitaliste...

  • 1934 POTTIER Richard Si j’étais patron, film assez manichéen sur la capacité d’un ouvrier de relancer correctement une entreprise automobile, à la différence des parasites patronaux.

  • 1935 Collectif Défilé des 500 000 manifestants de la Bastille à la Porte de Vincennes (14 juillet 1935), film de 8 mn réalisé sur commande du CNRP - Comité National du Rassemblement Populaire du 14/07/1932 avec l’aide de la SFIO et de l’AEAR – Association des Écrivains et des Artistes Révolutionnaires. Plus que film « ouvrier », c’est un reportage militant appelant à la constitution du futur Front Populaire.

  • 1935 RENOIR Jean Le crime de Monsieur LANGE, décrivant, entre autre, et de manière sympathique, la constitution d’une coopérative ouvrière par des ouvriers typographes dans le Marais, à Paris. La présence de Jacques PRÉVERT au générique explique sans doute la charge utopique de ce film qui reste un des rares du genre.

  • 1936 DUVIVIER Julien La belle équipe : mythe communautaire, utopie sociale allégorique pour le Front Populaire, fable un peu ouvriériste et assez influencée par le parti communiste, les discours des dirigeants (de Marcel CACHIN surtout, directeur de L’Humanité) servant de fil conducteur. L’idée centrale tourne autour de la solidarité des travailleurs, à l’usine, dans la campagne où dans la jungle urbaine. L’unité est porteuse d’espoir final en un nouveau monde. Bloqué par la censure, le film bénéficie d’une diffusion militante qui en fait le film mythique de 1936. Il faut attendre 1969 pour qu’il obtienne son visa de censure ! Stupéfiant…

  • 1936 NADOUX Étienne Routes d’acier, film de la compagnie PLM, donc à idéologie patronale, évoquant le travail des cheminots.

  • 1937 Collectif Neuvième grand prix cycliste de l’Humanité (Le Havre-Rouen-Paris), documentaire de 13 mn sur un évènement sportif qui n’appartient à l’esprit social de 36 que par sa festivité sympathique et populaire, et par la présence de militants et de dirigeants communistes pour remettre les prix.

  • 1937 ? GOURGUET Jean Jeannette BOURGOGNE, film financé par souscription auprès d’organisations laïques décrivant une jeune institutrice, de famille ouvrière, qui fait passer les valeurs républicaines dans un village isolé du Morvan.

  • 1937 LE CHANOIS Jean Paul Le temps des cerises, vision procommuniste de plusieurs générations dans une famille modeste de travailleurs, et film posant le problème du droit à la retraite.

  • 1938 RENOIR Jean La bête humaine, sur les amours éperdus d’un conducteur de locomotive (adaptation de ZOLA), film appuyé par le Syndicat des Cheminots CGT.

  • 1938-39 ? CGT La relève, vision assez critique sur le Front populaire.

  • 1939 Anonyme Luttes ouvrières.

4.Le Groupe Octobre de 1932 à 1936


Il s’agit d’une association d’amis, autour de Jacques PRÉVERT et de son pote Raymond BUSSIÈRES, mêlant activités théâtrales, rares participation cinématographiques, et une sorte d’agit-prop de gauche, à velléités révolutionnaires comme le rappelle le nom, Octobre, pouvant évoquer l’insurrection soviétique de 1917. PRÉVERT, libertaire et internationaliste conséquent, mais sans affiliation aucune, travaille pour le groupe de 1932 et 1936 ; il est alors proche du PC mais s’en éloigne vite en 1936, refuse le nationalisme montant (débat critique autour du drapeau tricolore) et les procès de Moscou l’en guérissent définitivement.

L’origine est à rechercher dans le théâtre de PISCATOR et de BRECHT, et dans l’action de Léon MOUSSINAC. Nous sommes donc bien en présence d’un théâtre engagé, où prime le collectif, et où la solidarité avec le prolétariat en lutte est souvent réaffirmée.

La proximité avec le cinéma de 1936 tient surtout dans le rôle de co-scénariste que PRÉVERT assume alors avec RENOIR et CARNÉ.

5.La production de la SFIO


De mai 1935 à début 1937 production d’une quinzaine de « contre-actualités prolétariennes »9, sous l’impulsion de Marceau PIVERT, et orchestrée par la Fédération socialiste de la Seine.

6.L’action cinématographique du PCF


Elle est multiple et solidaire souvent, malgré quelques critiques et divergences de point de vue avec les autres groupes militants : Ciné Liberté, Octobre… et avec la CGT réunifiée.

  1. Au niveau de la distribution, elle mise surtout sur une société : Les Films Populaires.

  2. Les projections militantes sont multiples, dans les fêtes, manifestations, meetings et commémorations…

  3. En été 1938 le PCF produit le premier numéro d’actualités intitulé Magazine Populaire n°1, autour de l’équipe technique de La Marseillaise.

  4. Le PCF est partie prenante directement dans de nombreuses productions, soient en fournissant des soutiens, soit en étant présent largement parmi les acteurs ou les thèmes traités : activités sportives (Neuvième grand prix cycliste de l’Humanité (Le Havre-Rouen-Paris)), fête de L’l’Humanité dans le parc de Garches le 30/08/1936 (Garches 1936, documentaire de 10 mn)…

7.Visions postérieures...


  • 1953 CGT - Fédération du Spectacle Horizons, film sur le XXIX° Congrès de la CGT et sur une « révision » procommuniste des mouvements de 1936.

  • 1956 AISNER Henri Les copains du dimanche, film censuré et peu soutenu par la CGT dont se réclame le réalisateur, d’où son échec global. La CGT semble pourtant à l’origine de ce film qui est une manière de ranimer la flamme de 1936, en traitant de l’aviation populaire. C’est sans doute le premier rôle de Jean-Paul BELMONDO. La CGT ne l’a reproduit en cassette que vers 1990 !

  • 1969 TURENNE Henri de Le grand tournant, le Front Populaire revue à la lumière des événements de mai 1968.

  • 1976 DURANDEAU Yves Un goût de bonheur, film N&B de 45 mn sur les acquis sociaux de 1936 et l’esprit qui animait le mouvement d’avant-guerre, vus à travers la pensée de grévistes d’une imprimerie de la région parisienne (secteur de Bobigny) occupée en 1976 depuis une longue période.

  • 1983 BARBERIS Patrick Un voyage de Rose sur une syndicaliste de 1938 chez CITRÖEN.

  • 1996 PORCILE François Quelques jours en août, 52 mn sur d’anciens ouvriers qui revivent 1936 et leurs premiers congés payés.

  • 1996 KANAPA Jérôme La vie en bleu, Front Populaire, après-guerre, mai 1968... (Documentaire pour les « Brûlures de l’histoire »).

  • 1996 TURENNE Henri de 36, Le bel été, documentaire avec documents d’époque et réflexions d’historiens sur 1936.

  • 1999 KOHLY Philippe Les congés payés (1936), documentaire de 52mn pour France 5 & Cinetévé, écrit par Jean-Noël JEANNENEY et Olivier DUHAMEL, évoquant un des acquis essentiels du Front Populaire, ainsi que beaucoup d’autres réalisations socio-culturelles et sportives. Nombreuses vidéos amateurs et beaucoup de témoignages d’anciens acteurs, ou du mouvement social.

  • 2003 SINAPI Jean-Pierre Les beaux jours, téléfilm évoquant les premières vacances ouvrières à travers le portrait de 2 femmes : Mado et Gaby.

  • 2005 PESSIS Jacques L’air du temps, documentaire pour P6 Productions, de 51mn, évoquant surtout l’esprit de 36, cette vague d’espoir et de joie, de mouvements déterminés mais non violents qui tentent de changer les rapports humains (mais pas les rapports de production : 1936, ce sont des occupations respectueuses, pas des expropriations ni des tentatives d’autogestion). C’est la chanson qui sert de fil conducteur.

  • 2006 LAVALLE Alain & TOUREH Pauline 1936. Mes premières vacances, documentaire de 55mn essentiellement consacré aux congés payés et à l’essor d’une civilisation des loisirs populaires, la population découvrant le temps libre et les voyages. L’essentiel part de témoignages pour décrire ce grand moment d’espoir.

  • 2008 BARRATIER Christophe Faubourg 36, fiction misant sur les bons sentiments et les grands principes de solidarité. Des prolétaires, souvent chômeurs, tentent de s’en sortir en reprenant une salle de spectacle. Vision jugée parfois assez mièvre des espoirs d’autogestion et de coopération de 1936.
1   ...   4   5   6   7   8   9   10   11   ...   24

similaire:

I. table des matières iconTable des matières

I. table des matières iconTable des matieres

I. table des matières iconTable des matières

I. table des matières iconTable des matières

I. table des matières iconTable des matières

I. table des matières iconTable des matières
«L'impact du web 0 dans la Production, la Promotion, et la Consommation de Musique Live.»

I. table des matières iconTable des matières
«témoignage exceptionnel de la continuité de l'installation urbaine sur plus de deux millénaires»

I. table des matières iconCours de 2 heures Table des matières
«La conservation est l’ensemble des processus qui permettent de traiter un lieu ou un bien patrimonial afin de lui maintenir sa valeur...

I. table des matières iconTable des matières
«le rôle du maître est de guider l'apprentissage, de fournir à l'élève des occasions d'expérimenter directement et de vérifier des...

I. table des matières iconTable des matières
«l’apparence» à la «conception», a marqué le début de l’art «moderne» et celui de l’art «conceptuel». Tout art (après Duchamp) est...







Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
a.21-bal.com