Atouts des arts de la rue en territoire urbain







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MALETTE PEDAGOGIQUE



Atouts des arts de la rue en territoire urbain



www.federationartsdelarueidf.org

EDITO

Bienvenus à vous !

Et comme vous le savez :

Oui, notre développement a été fulgurant ces 15 dernières années

Oui, une reconnaissance certaine s’est opérée

Oui, nous avons du public, parfois trop

Oui, nous sommes une pratique contemporaine 

Oui, nous entrons dans tous les lieux, espaces, rues pour nous exprimer 

Oui, nous sommes une pratique culturelle populaire 

Oui, nous sommes très éclectiques 

Oui, nous sommes force de proposition…

Oui !

Les Arts de la rue, c’est du OUI à tout !

Mais qu’est-ce que l’on est fragile… !

Nous n’avons toujours pas de réseau de diffusion suffisant.

Nous produisons nos œuvres essentiellement sans aides.

Nos structures sont très fragiles.

En Ile-de-France, nous sommes comme des rockeurs sans piste de danse !

Après une première phase de rencontre, vient maintenant la lisibilité des possibles et leur structuration.

Sans vous, sans toi qui viens aujourd’hui, nous ne pouvons inventer demain.

Nous comptons sur vous !


Le Président de la Fédération des arts de la rue en Ile-de-France

Alexandre Ribeyrolles

SOMMAIRE

Avant-propos p. 4
Les arts de la rue, un secteur artistique

à part entière p. 5
Les arts de la rue et le territoire p. 8
Dans quelles conditions programmer des

oeuvres dans la ville ? p. 11
Les ressources p. 19
AVANT-PROPOS




Le champ artistique des arts de la rue est très développé en Île-de-France. La région compte parmi les plus dynamiques dans ce secteur. Pour preuve, elle abrite près d’un quart des compagnies, s’approchant du Grand Sud (Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, PACA) qui représente plus d’un tiers des compagnies. Si le climat francilien n’est probablement pas un facteur expliquant cette concentration, les espaces urbains variés, les modes de gestion et d’organisation sociale multiformes (Paris, banlieue urbaine, banlieue rurale) présents en Île-de-France peuvent sans nul doute expliciter ce regroupement.
Ce vivier créatif énorme et en plein essor souffre pourtant de manques réels. Le territoire francilien offre très peu de lieux de production permettant à la création de s’épanouir. Concernant la diffusion, des solutions restent également à imaginer afin de mieux faire circuler les œuvres et les spectacles sur les territoires tout au long de l’année. Enfin, d’un point de vue plus symbolique, les arts de la rue manquent encore de reconnaissance bien que cette discipline « indisciplinaire » contribue depuis plus de trente ans à renouveler les langages esthétiques en se positionnant dans l’espace public et en proposant ainsi une relation unique avec le « public-population ».
Active depuis l’année 2000, la Fédération des arts de la rue en Île-de-France s’est fixé pour objectifs d’œuvrer à la reconnaissance du secteur et au développement d’outils de travail correctement dotés en affinant sur le territoire francilien l’action territoriale initiée depuis 1997 par la Fédération nationale. Elle cherche plus particulièrement à créer des liens actifs et privilégiés entre les compagnies, les artistes, les professionnels des arts de la rue en Île-de-France et les élus, les responsables des services techniques et de la sécurité, les professionnels de la culture, de l’urbanisme, des parcs et jardins, de l’évènementiel travaillant sur le territoire francilien.

LES ARTS DE LA RUE, UN SECTEUR ARTISTIQUE À PART ENTIÈRE
Une diversité des genres artistiques réunie par des problématiques communes



Un dénominateur commun : l’espace public
Les arts de la rue émergent dans les années 1960-70 dans un contexte artistique global de renouvellement. Ils sont portés par des artistes désireux de renouveler les codes culturels, le langage artistique de l’époque et marqués par l’envie de réaffirmer la portée politique de l’acte artistique par son inscription dans la réalité sociale contemporaine. Très vite, la rue et l’espace public en général deviennent le dénominateur commun de ce nouveau champ artistique.
L’invention de nouvelles esthétiques
Au cours des années 1980, les arts de la rue sont ainsi en plein développement. Le champ artistique s’identifie et se structure, les pouvoirs publics commencent à le reconnaître, les municipalités s’y intéressent, les festivals fleurissent… Les artistes de rue affirment leur capacité à inventer des esthétiques nouvelles fondées sur une relation directe entre le texte et le contexte et confirment leur pouvoir d’interrogation des politiques culturelles grâce à un rapport original et dynamique avec le public.
Les arts de la rue posent donc l’engagement de l’artiste au sein de la cité. Ils donnent à vivre aux spectateurs des expériences théâtrales et esthétiques singulières qui modifient la perception de leur espace-temps quotidien. Ces expériences sont à la fois fédératrices (puisque s’adressant à l’ensemble « des gens » présents sur un territoire) et empreintes de transgression (l’acte artistique cherchant in fine le détournement urbain sous peine de devenir un spectacle en plein air).

Un champ pluriel
Ces problématiques communes à l’ensemble du champ des arts de la rue se trouvent déclinées en de multiples disciplines et formes artistiques.

On peut ainsi dénombrer au moins 9 disciplines artistiques faisant partie intégrante des arts de la rue :
► le théâtre de rue et ses déclinaisons : de texte, de tréteaux, forain, gestuel, musical, mime, conte.

► la musique de rue

► les arts de prouesse

► les arts plastiques urbains

► les parades urbaines

► les marionnettes et le théâtre d’objet

► la danse de rue

► la construction monumentale

► la pyrotechnie
Cette diversité peut d’ailleurs expliquer la difficulté du champ à se rendre lisible et visible auprès des partenaires politiques, institutionnels, médiatiques et du public. Une compréhension parfois malaisée du champ entrave sa reconnaissance.

Pourtant cette diversité est riche car porteuse d’expérimentations originales liées précisément au métissage artistique et à l’interdisciplinarité du champ. En décloisonnant les disciplines et en manipulant les genres, les arts de la rue s’affirment comme une expression de la création contemporaine.

Une offre diversifiée



Une vitalité artistique
On recense en France environ 800 compagnies des arts de la rue, dont 250 à 300 implantées sur le territoire francilien. Ces compagnies de rue ont des approches artistiques très variées allant du théâtre de rue monumental à la mystification urbaine. Cette diversité artistique engendre une diversification de l’offre. En effet l’offre artistique proposée par une compagnie varie en fonction de la forme artistique choisie. Elle est aussi fonction de ses ressources économiques et humaines.
Les spectacles en diffusion
Sur environ 2000 spectacles proposés en diffusion chaque année, quelques spectacles de grand format, à l’échelle d’une ville, côtoient une multitude de spectacles de petit format. Ainsi 55% des spectacles proposés requièrent des équipes de trois personnes au plus alors que d’autres mobilisent jusqu’à 40 personnes. La durée des spectacles est également très variable. Si plus d’un tiers des spectacles proposés dure moins d’une heure, d’autres peuvent s’étaler sur plusieurs jours. Les conditions de représentation diffèrent, plaçant le spectateur dans des postures variables. Ainsi des spectacles peuvent être joués en déambulatoire, en fixe, en fixe éclaté ou encore en éclaté mouvant. Les acteurs peuvent alors jouer frontalement au public, côte à côte avec lui (dans le cas des cortèges par exemple) ou encore de façon fusionnelle brouillant alors la frontière entre la réalité et la fiction.
Les créations spécifiques et les commandes publiques
Cette diversité des formules permet aux compagnies de s’adapter aux contextes de diffusion, aux exigences des acheteurs divers et de répondre à des commandes publiques. La commande publique désigne à la fois un objet – l’art qui, sortant de ses espaces réservés cherche à rencontrer la population dans ses lieux de vie – et une procédure, marquée par différentes étapes, de l’initiative du commanditaire jusqu’à la réalisation de l’œuvre et sa réception par le public. Ces commandes permettent de considérer la création artistique dans son contexte et peuvent être aussi larges que possibles: mobilier urbain, requalification d’un lieu ou d’un monument historique, fête de ville, écriture d’un événement pour l’inauguration d’un site.
LES ARTS DE LA RUE ET LE TERRITOIRE


Redonner du sens à l’espace public



La ville comme champ d’investigation et source d’imagination
Aujourd’hui, la ville contemporaine a tendance à fonctionnaliser, neutraliser, privatiser l’espace public. La rue est sans cesse occupée par les voitures, les commerçants, les publicités, les appropriations privées. Elle se ferme ainsi aux regards des passants. Cette rationalisation excessive engendre la disparition de l’espace public comme espace commun et la juxtaposition d’édifices solitaires n’entretient pas les relations mutuelles.
En considérant la ville comme champ d’investigation et source d’imagination, les arts de la rue agissent sur l’espace public et lui redonnent un contenu. En se nourrissant des problématiques des espaces urbains, mais aussi ruraux, les arts de la rue en font des lieux d’expression et de signification, posant par là même directement la question de la démocratie locale.
Les arts de la rue comme révélateurs d’un territoire
Les municipalités ont d’ailleurs très vite pris conscience de ce phénomène en organisant des festivals et diffusant des spectacles de rue dans leurs communes. Les arts de la rue agissent comme révélateur et identificateur d’un territoire. Ils permettent en ce sens au « public-population » de redécouvrir leur lieu de vie. Cette réappropriation de l’espace public par les habitants est lié à l’interdépendance qui lie les artistes et les spectateurs dans les arts de la rue.

Art, public et territoire



Créations éphémères, effets pérennes
En plaçant le public au cœur du processus de création et en adaptant leurs compositions au contexte de diffusion, les arts de la rue créent une relation unique entre l’art, le public et le territoire. Ils transforment ainsi le territoire travaillé en lieu collectif d’échanges et de débat. Le lieu devient le lien.
Ainsi, malgré le caractère souvent éphémère des arts de la rue, ces derniers parviennent à créer du lien entre la population et son territoire. Par exemple, en créant des évènements forts et inattendus vécus in situ par la population, les arts de la rue parviennent à laisser une trace dans la mémoire collective. Ces situations extraordinaires viennent déstabiliser le quotidien des habitants et marquent ainsi temporellement leur imaginaire.
Des expériences uniques pour le « public-population »
La place étroite et dialectique existant entre les artistes de rue et les spectateurs permet également de créer du collectif et de l’« être ensemble ». Le spectateur en rue est souvent actif dans sa réception du spectacle ou de l’œuvre. Dans le cas des créations déambulatoires, les acteurs et les spectateurs doivent marcher pour suivre le récit et interrogent ainsi la mobilité et les frontières de l’espace public. Dans beaucoup de spectacles, les acteurs s’adressent directement aux spectateurs, les regardent, les prennent à partie, dialoguent avec eux, les propulsant ainsi de l’autre côté du miroir et les impliquant ouvertement dans le processus artistique en œuvre. Le public peut également participer activement à l’acte d’écriture. Enfin, certaines compagnies vont jusqu’à infiltrer le réel en proposant des interventions construites autour d’une fiction cachée où le public ignore qu’il est en relation avec des acteurs. Les arts de la rue inventent ainsi de multiples relations au spectateur.


Valorisation du territoire



La construction d’un patrimoine immatériel
Par le biais des festivals, des créations spécifiques, des commandes publiques, les arts de la rue modifient positivement l’image d’un territoire car celui-ci est souvent associé à ce qui s’y passe et non exclusivement à la présence de constructions physiques. Les arts de la rue participent donc à la construction d’un patrimoine immatériel, imaginaire.

Les arts de la rue au service de la mémoire collective
Les arts de la rue peuvent permettre de valoriser le patrimoine historique d’un territoire en faisant revivre et redécouvrir au public des monuments, des formes, des lieux. Ils proposent ainsi une relecture de l’histoire d’un territoire grâce à des formes et des représentations qui permettent d’en conserver la mémoire.
La construction de nouveaux territoires de vie
Les artistes de rue participent à la valorisation territoriale en investissant des espaces délaissés par l’architecture classique. Ces espaces sont souvent des lieux de mémoire de la société à l’instar des friches industrielles. Ils créent ainsi un processus de resocialisation dans des lieux abandonnés et bâtissent ainsi de nouveaux territoires de vie, de nouvelles centralités.
DANS QUELLES CONDITIONS PROGRAMMER DES ŒUVRES DANS LA VILLE ?

Les contextes de production



Les lieux animés par des compagnies/organisateurs de festivals
Au cours des années 1990, beaucoup de compagnies d’arts de la rue ont créé des lieux de fabrication répondant à leurs propres besoins et exigences en terme de création et de production. Certains lieux sont également issus des festivals d’arts de la rue comme l’Atelier 231 à Sotteville-lès-Rouen, le Fourneau à Brest ou le Parapluie à Aurillac. Ces lieux offrent aux artistes de rue des locaux et des outils de travail appropriés, ils peuvent accueillir en résidence des équipes artistiques. Les compagnies y travaillent en relation étroite avec un territoire et une population (contrairement aux temps festivaliers).
Les collectivités territoriales restent les premiers interlocuteurs de ces lieux de fabrication en mettant à disposition des moyens financiers, des locaux et des équipements. Ces investissements ne sont d’ailleurs pas à fonds perdu pour les collectivités car ils permettent une interaction entre création, production et diffusion sur un territoire. De plus, ces lieux de fabrication sont souvent implantés dans des édifices ayant perdu leurs usages sociaux ou dans des quartiers en voie de mutation. Dans ce cas, ils permettent à la ville de revitaliser son tissu urbain.

Les Centres nationaux des arts de la rue (CNAR)
Malgré la richesse et la créativité de ces lieux, beaucoup d’entre eux n’ont pas une capacité financière assez grande pour se structurer, développer correctement leurs projets de création, mettre en place des partenariats, répondre à des commandes publiques, accueillir des équipes en résidence. Pour remédier à ces manques, le ministère de la Culture, dans le cadre du Temps des arts de la rue (voir plus loin), a mis en place les Centres nationaux des arts de la rue. Cette appellation est attribuée actuellement à neuf lieux de référence dans les arts de la rue qui bénéficient ainsi d’un soutien accru de la part du ministère. Leurs missions sont les suivantes : accueillir des artistes ou des compagnies en résidence, créer de nouvelles situations de rencontres entre les artistes et « le public-population » (en référence aux limites des festivals), impulser la reconnaissance des arts de la rue.
Les résidences
Les résidences d’artistes ou de compagnies sur un territoire donné sont l’occasion d’une rencontre approfondie entre les artistes et les habitants car la démarche artistique s’inscrit alors pleinement dans l’espace public. Lors des résidences, il s’instaure un rapport direct entre la population et le processus artistique. Elles sont ainsi l’occasion de discussions, d’échanges, de confrontations.

Il existe plusieurs types de résidence. La résidence d’écriture ou d’expérimentation a lieu en amont de la phase de production et permet à l’équipe artistique de mûrir son projet dans un lien dynamique avec le territoire et ses dimensions sociales, géographiques, historiques. La résidence de création permet à la compagnie d’entrer dans la phase de production d’un spectacle. La résidence d’implantation permet aux compagnies de faire un travail à long terme sur un territoire. Ces résidences sont de durées variables : de quelques semaines à quelques années. La mise à disposition de locaux et d’équipements techniques est ici essentielle. L’accueil en résidence reste la meilleure garantie pour combiner rigueur artistique et rapprochement inventif entre artistes, population et territoire.
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