Histoire des missions en Chine des Auxiliatrices







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première messe à l'école, par le Révérend Père Roberfroid. Petite chapelle très joliment ornée. 200 personnes environ, dont une centaine de chrétiens de Zi-ka-wei et
Mao-ka-dang... Environ 80 communions. Au premier rang, Monsieur Seng et Monsieur Wang de Zi-ka-wei, visiteurs de la prison avec Monsieur Zeng (païen) fils du bienfaiteur qui a donné le terrain. Une centaine de païens, la directrice de la bonzerie avec plusieurs bonzesses, venues pour "remercier la Sainte Vierge" de la guérison de la Tong-ka (ministre) Se-on-gni, quelques semaines auparavant très malade. Après vaines prières au pousah, elle avait demandé aux Mères de prier la Sainte Vierge, et la guérison fut obtenue.
Sermon du Père sur Notre Dame de Lourdes, on écoute en grand silence. Déjeuner après la messe. Un chrétien aveugle de Zi-ka-wei, qu'on disait possédé, ayant promis le jour de la première messe de Zao-ou-kieng de donner un chemin de croix pour la petite chapelle, étant complètement guéri, l'envoie comme ex-voto à Notre Dame de Lourdes.
En Juin 1933, on commence une petite bâtisse pour avoir un vrai dispensaire et une classe de plus, mais un industriel de Shanghai ayant acheté un vaste terrain limitrophe de notre école, les travaux sont arrêtés et ne reprennent qu'en Février 1934, car la fabrique de biscuits construite par cet industriel est suffisamment séparée de l'école pour le permettre.
En Février 1935, un bienfaiteur très gravement malade demande le baptême, le reçoit avec beaucoup de foi, et, durant ses derniers jours, est entouré des Messieurs de l'Action Catholique et visité par le Révérend Père de Prunelé. De même, après sa mort très paisible, les chrétiens récitent les prières ; absoute solennelle.
En Février 1936, une autre cérémonie funèbre fait du bien à Zao-ou-kieng ; Monsieur Tsiang, habitant non loin de la prison, élève de Saint John University, gravement malade à l'hôpital du Sacré Coeur, y a été baptisé et a reçu tous les sacrements. Revenu chez lui, il reçoit la visite du Révérend Père de Prunelé et des membres de l'Action Catholique. Il meurt pieusement, absoute solennelle, catafalque, etc... La famille semble bien disposée.
Grand événement en Octobre 1936... Un autobus fait le service entre Tong-ka-dou et
Zao-ou-kieng. Le terminus est au bout du pont tout près de l'école. Après diverses démarches près des Membres du Bureau d'Education, on apprend enfin que l'école est enregistrée, le
9 Juillet 1937.
La guerre est déclarée... ou plutôt le "conflit" éclate entre la Chine et le Japon, et le 17 Août des soldats arrivent vers 4 heures du matin et s'installent dans l'école. Les œuvres ne pourront reprendre que peu à peu, dans plusieurs mois.
CHAPITRE 12

ECOLE ET DISPENSAIE DE ZING-EU-ZE

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Vers l'année 1919, faisant réparer la route qui passe devant le Collège Saint Ignace, le catéchiste du Révérend Père Decoux, Recteur, entra en relation avec le directeur des travaux, habitant de Zing-eu-ze, païen très intelligent et droit. Celui-ci confia un jour son grand chagrin : il n'avait qu'un fils qui était possédé, et rien n'avait réussi jusqu'à présent, pour délivrer le petit malheureux des démons qui le jetaient dans des crises terribles.
Le Révérend Père Recteur, instruit de cette circonstance, envoya de jeunes séminaristes prier près de l'enfant qui vint ensuite passer quelques jours dans la famille de l'un d'eux, à Zi-ka-wei. C'est là qu'après une crise terrible, le Révérend Père Recteur, après consultation se décida à le baptiser, puis à lui faire faire sa première communion... l'instruction le calmait, et sa première communion fut un jour de pleine joie.
L'enfant guérit, et toute la famille se fit chrétienne. De là continuèrent de fréquents rapports entre les Pères et les Auxiliatrices de Zi-ka-wei, et l'on finit par penser qu'une école et un dispensaire (dans le genre de Zao-ou-kieng) pourraient être un moyen d'apostolat dans le quartier.
Zing-eu-ze (pagode du paisible silence) est un quartier de Shanghai situé à quelques kilomètres au nord-est de Zi-ka-wei, il est remarquable par sa grande pagode d'où il tire son nom et par une source d'eau ferrugineuse que jamais sans doute, les chinois n'ont songé à étudier jusqu'ici, et qui est entourée d'une maçonnerie sculptée.
La concession internationale étend ses limites jusqu'à Zao-ou-kieng, et donne à cet endroit le nom de "Bubbling Well". De larges avenues plantées d'arbres ont divisé le village et il est curieux de voir à côté de riches et jolies villas, des groupes de maisons chinoises avec leur toit recourbé et leurs murs recouverts de lattes de bambous quand ils ne sont pas en terre.
Le Révérend Père Maumus, curé de Saint Joseph, dont dépendait alors Bubling Well... ou
Zing-eu-ze...ayant approuvé la fondation d'une école, les Auxiliatrices se mirent en quête d'une maison. Après bien des recherches, elles en trouvèrent une petite sur le terrain même de la pagode, ce qui ne leur déplut pas, car c'était la lutte loyale entre les deux Etendards. Ah ! La demeure de Notre Seigneur, était bien humble ! Une pièce en bas et une cuisine, là serait le dispensaire ; une pièce en haut avec une petite chambre, là seraient la classe et la place de la gardienne et des maîtresses. Le Révérend Père Maumus se chargea du loyer et les Mères prirent les frais à leur compte.
Les élèves augmentant et ayant atteint la centaine, on obtint de louer une autre salle à l'étage de l'école, et même, les voisins du rez-de-chaussée étant obligés de déménager, on s'empressa de louer ces pièces, ce qui donnait deux maisons. Le Révérend Père Curé fit faire les travaux nécessaires, on put alors avoir une classe séparée pour les petits garçons.
En Juin le Révérend Père vint bénir la maison et faire l'intronisation du Sacré Coeur et les rares chrétiens du quartier étaient fiers et heureux. Les païens et païennes forment la majorité de la population, pourtant, chaque semestre amène de nouveaux petits chrétiens très ignorants à l'école, bien que leurs parents, perdus au milieu de la foule païenne le deviennent aussi, hélas.
Le dispensaire fait faire connaissance avec ces pauvres gens, alors s'ensuivent : retours au
Bon Dieu, mariages rétablis, toutes nos œuvres d'Europe, auxquelles s'ajoutent celles propres à la mission, surtout les baptêmes de petits enfants et d'adultes in articulo mortis.
Ainsi, une des élèves vint chercher les Mères pour baptiser sa tante, instruite des principales vérités par son petit garçon également élève. Une des plus petites fillettes : 7 ans, sachant qu'elle allait mourir, fit appeler un soir une maîtresse pour la baptiser et mourut la nuit suivante.
Aussitôt qu'on put avoir un petit oratoire à Zing-eu-ze, le Révérend Père Maumus fut invité à venir faire l'intronisation du Sacré Coeur, ne devait-il pas régner d'une manière spéciale en cette école située près de la pagode ?...

Le jeune possédé de 1919 a grandi, en 1930 sa fiancée est devenue chrétienne, un bébé a apporté la joie. L'exemple de la jeune femme a entraîné sa sœur, puis une cousine, et ainsi, peu à peu germe la semence.
Les troubles de 1924 n'arrêtant pas l'apostolat de Zing-eu-ze, au contraire, car il y eut une occasion d'étendre l'influence chrétienne. La guerre avait amené des réfugiés d'un peu partout, alors de charitables entrepreneurs construisirent dans un immense terrain vague, non loin de l'école, une vingtaine de hangars, et les Mères s'offrirent à venir tous les jours faire un dispensaire et visiter les malades et les pauvres. Les membres du comité furent fort aimables et parurent même reconnaissants, laissant toute liberté.
Des réfugiés de Zao-ka-dou, Ka-ding et environs de Shanghai arrivent en grand nombre, et au bout de quelques jours, Mère Louise suggère au directeur du refuge de consacrer un hangar à une école, car les enfants sont en grand nombre. L'administration accepte et laisse les Mère libres de tout organiser et de choisir des maîtresses, ce qui est providentiel, car plusieurs Présentandines on dû quitter les postes en danger et, revenues au Sen-mou-yeu, seront heureuses de se dévouer. Quatre d'entre elles viennent au camp des réfugiés tous les jours. Monsieur Yoh, un bienfaiteur, envoie son auto les chercher à 8 heures et les reconduire à 4 heures 1/2. Elles prennent leur repas de midi à l'école de Zing-eu-ze.
Un hangar est arrangé avec des planches faisant l'office de tables et de bancs, les Présentandines inscrivent les leçons sur quatre tableaux noirs et expliquent. Après quatre jours, les élèves ont en grande partie, des livres, car les écoles Zi-ka-wei en procurent, ou vieux ou neufs. Il y a aussi des leçons de politesse, de morale, d'arithmétique.
Les garçons sont d'un côté et étudient toute la journée ; ils sont 140. Les filles étudient le matin et travaillent dans l'après-midi à confectionner des bonnets et autres petits vêtements pour les bébés. Les élèves de Zing-eu-ze travaillent aussi pour les enfants réfugiés et font le sacrifice des sous de leur goûter pour acheter des gâteaux pour les petits. Ils viennent eux-mêmes faire la distribution.
Les élèves de l'Etoile, du Collège de Zi-ka-wei, viennent visiter le camp et donner aussi quelques bonnes choses. Quelques élèves du collège viennent le jeudi faire faire de la gymnastique aux garçons. Les protestants essayèrent de distribuer des tracts, des images, mais sans grand succès, et laissèrent peu à peu le champ libre aux catholiques.
Ces occupations durèrent deux mois et demi. En Novembre, Wang-dan et Ka-ding étant libérés des soldats, les administrateurs du camp décidèrent le départ du plus grand nombre des réfugiés, après leur avoir distribué des vêtements, du riz et deux dollars à chacun. Des barques surveillées les conduisent dans leur pays. Mais avant ce grand départ, on décide la photographie générale du camp, et on insiste pour que les Auxiliatrices et les Présentandines y figurent ; le Révérend Père Recteur le désire également. Alors une adresse et un petit chant sont préparés, et tous ces messieurs, surpris, sont très touchés.
Les départs se succèdent pendant une quinzaine, et tous les jours les visites continuent. Lorsque le camp est vide, le Directeur envoie une lettre à la Mère Supérieure et une autre au Révérend Père Recteur pour les remercier de leur concours. Il envoie 40 sacs de riz pour les pauvres.
Pendant l'occupation du camp, outre les visites quotidiennes, les catéchismes discrets, on put compter 3 607 consultations et remèdes, 81 baptêmes d'enfants, 208 vêtements distribués ;
150 confectionnés par les élèves de Zing-eu-ze pour les petits réfugiés, et ajoutons les promesses de catéchumènes. En Mars 1927, congé de quelques jour à cause des troubles, en Mai, bonne nouvelle apportée par le Révérend Père Maunus lui-même : Il est en train de préparer un immeuble Avenue Foch pour l'école. Le déménagement se fait en Juin, et le 24, le Révérend Père vient bénir la maison. Les classes marchent très bien ; un bulletin est donné à chaque élève à la fin de l'année scolaire, et fait plaisir aux familles.

Le Révérend Père Maunus, content, adjoint à l'école plusieurs maisons voisines ce qui permet de former une nouvelle classe pour les plus petites élèves. Il y a sept maîtresses bien dévouées, et le Révérend Père Alliaume venant faire un catéchisme hebdomadaire pour les chrétiens de la paroisse, les grandes élèves y assistent.
En 1930, on doit refuser beaucoup de garçons. Dispensaire, école, démarches, sont bénies de Dieu... Les élèves appellent souvent les Mères pour une maman ou une parente malade, et l'on constate que l'instruction suffisante pour le baptême a été donnée jour par jour par les élèves.
En Mars 1932, l'école est prêtée par le Révérend Père Maunus à la Croix Rouge pour en faire une ambulance. On peut arranger la maison pour 80 lits. Les médecins, infirmiers, etc. reçoivent fort bien les Mères qui, deux ou trois fois par semaine visitent les blessés peu gravement atteints en général. Au mois de Mai, ils sont transférés dans une autre ambulance, 224 blessés environ se sont succédés.
Les classes reprennent sérieusement. Après un semestre uniquement consacré à l'étude du chinois, pour suppléer aux interruptions de la guerre, on reprend les études d'anglais, solfège, dessin etc. Un membre du Bureau d'Education vient visiter.
Le Révérend Père Salvini remplace le Révérend Père Maunus, il amène Monseigneur Haouisée qui visite à fond, interroge, et semble satisfait.
Au mois d'Août, l'école de Zing-eu-ze ne dépend plus de Yang-king-pan (Saint Joseph), mais de Zao-ka-dou. Le Révérend de Prunelé s'en occupe et vient tous le vendredis faire un catéchisme.
Août 1937. Tout est interrompu, pour quelques mois à cause du conflit Sino-japonais.
CHAPITRE 13

ECOLE ET DISPENSAIRE DE N-KA-ZAH – 1916

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Deux séminaristes, dans leurs promenades à Long-ho, non loin de Zi-ka-wei, avaient plusieurs fois rencontré un vieillard de 70 ans avec qui l'on causait et l'on devint bons amis. Cependant deux semaines plus tard, les séminaristes ne voyant plus le vieillard, s'informent et apprennent qu'il est malade et habite le village de N-ka-zah. On va faire une visite, toute la famille est païenne, mais pleine de bonne volonté...on veut bien devenir catholique mais il n'y a personne pour instruire, pas d'école... Tout le monde travaille aux champs ; les enfants courent ça et là. La Providence semble vouloir se révéler à ce coin de Chine.
C'est bien l'avis du zélé Père Recteur qui décide d'envoyer régulièrement ses séminaristes pour faire la "dao-li" (catéchisme). Cinq chambres sont louées et transformées en école avec un maître chrétien. Pour le sexe fort, tout est en bonne voie, l'on vient nombreux pour écouter les instructions, mais les femmes réclament, et les fillettes veulent une école. Bientôt, le Révérend Père Recteur vient parler à la Mère Supérieure du Sen-mou-yeu, et la semaine suivante, deux vierges catéchistes se rendent à N-ka-zah. L'une d'elles, aveugle est Ho-tsu-seng, au cœur tout apostolique, et qui gagne facilement les âmes. Elles se partagent la besogne ave les séminaristes, et cela marche ainsi pendant quelque temps.
Deux Auxiliatrices se rendent au village pour tâter le terrain, visiter les familles, et au milieu de tous ces païens, elles découvrent cinq chrétiennes qui n'en ont guère que le nom, mais dont la foi se réveille à la vue des Mères, et qui vont faciliter les voies.


80 femmes sont là, toutes disposées à se déclarer catéchumènes, elles demandent une école pour leurs enfants. En attendant l'école un peu difficile à installer, car c'est à 3/4 d'heures de voiture japonaise, en milieu tout païen... comment laisser deux maîtresses vivre et coucher là ?
On loue trois chambres où la bonne aveugle et sa compagne vont deux fois par semaine, et les Mère une fois, car ce sont les Auxiliatrices qui font les visites pour connaître les familles.
C'est dans une de ces visites que la famille X..., est entièrement gagnée, et bientôt elle met à la disposition des Mères un autre local pour ouvrir une école.
Il y a dès l'abord neuf catéchumènes. On commence donc par enseigner les prières, puis vient l'étude des livres... Beaucoup de monde est là, regardant, écoutant, devisant... Après l'étude, Mère Saint Firmin annonce qu'on va expliquer le catéchisme, qu'elle ne s'adresse nullement aux païens, mais qu'ils peuvent rester s'ils veulent, à la condition de se taire. Ils restent pour la plupart, et la Mère d'expliquer la création du monde, la faute d'Adam et d'Eve, etc...
Une païenne d'une quarantaine d'années écoutait attentivement, elle questionna et alla parler à des jeunes filles qui avaient la foi, et même à tout le village... une vraie samaritaine.... Après la leçon, des échantillons d'étoffe font merveille... surtout l'on sait que le mouchoir cousu pourra être emporté à la maison. Pour le moment, là se borne l'apostolat, mais l'œuvre est fondée et semble pleine d'espoir.
En 1920, le Révérend Père Ducaux venait encourager les deux écoles et le dispensaire, et les espérances semblaient justifiées, lorsque, peu à peu des industriels faisant faire de la dentelle, firent déserter l'école. On lutta pendant bien des mois, mais vers 1922, le Révérend Père Recteur crut qu'il était mieux de quitter cet endroit. Le court séjour des modestes apôtres n'avait pas été sans porter des fruits.
Outre beaucoup de petits enfants baptisés, deux familles chrétiennes avaient repris des habitudes de piété. Du reste le voisinage de Zao-ou-kieng permettait de continuer des relations. En 1925, de nombreux réfugiés des environs de Long-ho vinrent se réfugier à N-ka-zah, et pour continuer l'œuvre d'évangélisation si bien commencée, le Révérend Père Recteur décida que dispensaire et école seraient rouvertes.
On loua provisoirement une petite maison pour 8 piastres, elle servit quelques mois. On parla même d'acheter un terrain et de faire construire. En attendant, Monsieur Tseu, propriétaire d'un grand jardin près de Long-ho, mit à la disposition des Mères la maison des jardiniers qu'on isola du jardin par une haie et après quelques travaux, deux maîtresses vinrent s'installer.
Tous les mercredis, deux Mères vivaient pour le dispensaire et pour surveiller l'école. Mais
Mai 1927 arriva ! Invasion de soldats pour défendre l'arsenal. En un clin d'œil les affaires des deux maîtresses furent chargées sur une brouette et le poste, fermé alors, ne fut plus rouvert une seconde fois. Zao-ou-kieng pouvant être fréquenté par ces enfants et pas les gens du dispensaire.
CHAPITRE 14

ECOLE ET DISPENSAIRE DE ZAO-KA-DOU - 1922

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"Quand on ne vous recevra pas dans un pays, secouez la poussière de vos souliers et allez dans un autre." – Les Auxiliatrices pensaient à cette parole en quittant N-ka-zah en 1922, car déjà une autre œuvre apostolique était en vue, et empilant au grenier les quelques meubles emportés de
N-ka-zah, Mère Louise, au fond de son cœur, se disait : "Ce sera pour Zao-ka-dou".

Souvent, des malades de ce quartier venaient se faire soigner aux dispensaires de Zi-ka-wei ou de Zao-ou-kieng, et l'on comprenait que plusieurs chrétiens ne pratiquaient plus. Zao-ka-dou est un village dépendant du district de Son-kang pour les missionnaires, et celui qui en est chargé doit desservir 22 petites ou grandes paroisses.
Cette chrétienté existe depuis 80 ou 100 ans. Au moment de la persécution des Zang-mao
(longs cheveux), la grande salle qui servait de chapelle fut profanée. Sur la poutre principale était écrit en grands caractères le nom de Jésus, trois fois effacé, trois fois il reparut... Les persécuteurs pris de rage coupèrent le bois en morceaux et on voit encore cette poutre avec la coupure.
Depuis cette persécution, il y eut rarement des offices. De véritables apostasies il n'y en eut point ou peu, mais les missionnaires devenant de moins en moins nombreux, les chrétientés furent plus ou moins abandonnées. Des mariages se firent entre chrétiens et païens, les enfants ne furent pas baptisés, le nombre des familles chrétiennes diminua, et le village était menacé de devenir entièrement païen.
L'ouverture d'une filature de soie attira à Zao-ka-dou plusieurs pauvres chrétiens des environs, et vers 1880, les Pères firent bâtir 3 chambres sur un petit terrain appartenant à la mission. Il y avait chapelle, école, et un petit réduit servant de chambre au gardien. Le Révérend Père venait deux fois par an et administrait les sacrements.
Peu à peu d'autres filatures de soie, de coton, des fabriques diverses, s'établirent, et tous les malheureux en quête de travail accoururent. De longues routes furent tracées, et la petite chapelle entourée de masures d'ouvriers, cachée derrière les bambous, disparut bientôt, enfouie dans les bâtiments des usines, tandis que de nouvelles files de maisons de boue se construisaient, où s'entassaient des multitudes d'ouvriers et d'ouvrières travaillant jour et nuit.
Quel champ d'apostolat... Mais quel désert ! Et comment y pénétrer ?... Le missionnaire chinois, le Révérend Père Kiou, chargé en Septembre 1922 de ce district, fut désolé à sa première visite et ne savait que faire. Visitant quelques jours lus tard la vieille maîtresse de Zing-eu-ze, elle lui suggéra l'idée de demander aux Auxiliatrices de s'occuper de Zao-ka-dou comme de Zing-eu-ze.
Le Père, après quelques hésitations, vint trouver la Mère Supérieure du Sen-mou-yeu. Les Nôtres allèrent visiter le nouveau champ d'apostolat, et songèrent d'abord aux réparations les plus urgentes. La Providence y pourvut... Tout prit un aspect plus soigné, une maîtresse d'âge mûr et une autre furent trouvées, et l'on fit quelques démarches pour annoncer l'ouverture du dispensaire et de l'école. Païens et chrétiens vinrent voir la chapelle bien arrangée, l'école... et les chrétiens étaient touchés de reconnaissance de voir qu'on s'occupait d'eux.
Le 25 Septembre, l'école fut ouverte, ainsi que le dispensaire, et l'on prévint que le 8 Octobre le Père Curé viendrait dire la messe pour la fête patronale : la Maternité de la Sainte Vierge. La veille, trois Mères allèrent décorer la chapelle avec des "tés" (longues bandes brodées), prêtés ou donnés par la Mère Supérieure qui prépara aussi une belle bande pour cacher la poutre brisée.
Il y eut des pétards, réception du Père, dîner, etc. Nombreuse assistance : près de 200 personnes. Les chrétiens avaient l'air tout heureux. Les Mères assistèrent à la messe, causèrent ensuite, et découvrirent plusieurs jeunes filles n'ayant pas fait leur première communion. Le missionnaire ravi, demanda ensuite au Révérend Père Recteur s'il ne pouvait pas envoyer tous les mois un Père de Zi-ka-wei célébrer la messe et faire une instruction, et ce lui fut accordé. Un séminariste accompagnait le Père pour préparer les hommes à la confession, pendant que les Mères s'occupaient des femmes et des jeunes filles.

En 1923, le Révérend Père Durand, directeur du petit séminaire vient tous les 2èmes dimanches du mois, et en Février on profite du congé du nouvel an chinois pour essayer de prêcher une mission. Dès le premier jour, 120 personnes... Il y eut à la fin des trois jours 12 premières communions et plusieurs retours.
A partir de cette nouvelle année chinois, le dispensaire aura ouvert deux fois par semaine, de
1 heure ½ à 3 heures ½, pour permettre aux ouvrières des filatures qui travaillaient la nuit et dorment le jour, de pouvoir y venir. En Mai, préparation au sacrement de confirmation qui se donnera à Zi-ka-wei. Voyage très missionnaire pour la cérémonie... La veille, la voiture aux provisions et la voiture à âne du Sen-mou-yeu vont chercher les 10 jeunes filles confirmantes qui coucheront à Zi-ka-wei (Sen-zasé-yeu) les garçons viendront à pied et seront reçus pour la nuit dans un parloir du grand séminaire ; les femmes voyagent en brouette ou en pousse-pousse.
Les dispositions de ces chrétiens étaient si bonnes, et en même temps les moyens de les connaître si difficiles, en cette agglomération, que la pensée vint d'établir une sorte de congrégation de garçons, un peu dans le genre des petits "Pages de Saint François Xavier". On les mit sous la protection des Saints Anges. Leur mission consiste à découvrir les chrétiens, les catéchumènes, les enfants qui négligent l'école : ils préviennent les Mères quand il y a des malades, vont même les chercher à Zi-ka-wei et avertissent le Père quand il y a des mourants.
Cette congrégation a des status qu'un séminariste a expliqués et rappelle de temps en temps, au moins tous les mois. Ces enfants, de 10 à 12 ans, sont étonnants de zèle et de sérieux, vraiment guidés et protégés par leurs bons anges, dont ils portent la médaille bien ostensiblement sur la poitrine.
Les jeunes filles ne voulurent pas rester en arrière, et après quelques conférences préparatoires, on reçut des aspirantes de la congrégation de Saint Michel. Elles doivent ; comme les garçons, être les Auxiliaires des Mères auprès des jeunes filles chrétiennes et païennes, des femmes etc.
Peu à peu l'on put former des catéchumènes, grouper des retardataires, préparer chaque année un groupe pour la confirmation. Dispensaire et école marchaient donc très bien, et il fallait penser à fonder une école pour les garçons. Pour obtenir un terrain ou une maison, le Révérend Père Durand, très intéressé à l'œuvre, fit faire au séminaire une neuvaine de communions en l'honneur de Notre Dame de la Providence ; les toutes petites de l'orphelinat firent aussi la neuvaine, et l'on pria la Vénérée Mère Marie de la Providence d'intercéder.
Le jour de la Visitation 1924, le concierge de la maison en vue vint avertir les Mères que les locataires avaient déménagé, mais recommandait de se hâter, car cette maison était très désirée. On partit bien vite chez l'homme d'affaires, et le contrat fut immédiatement réglé... Actions de grâces à Notre Dame de la Providence et à la Vénérée Mère Fondatrice. On arrangea bien vite la maison, on trouva tables et bancs et le 18 août s'ouvrit l'école des garçons, ave deux professeurs sortis de l'école normale de Zi-ka-wei, les jeunes séminaristes venaient le jeudi pour faire un petit examen de la semaine.
Mais les troubles arrivèrent, et le 16 août, à leur arrivée à l'école les Mères trouvent la cour remplie de chrétiens de Ka-ding, sous préfecture non éloignée, qui fuient les soldats. On envoie les hommes coucher à l'école des garçons ; les femmes et les enfants à l'école des filles. Bientôt arrivent de nouveaux groupes, toutes les maisons sont encombrées.
Un autre refuge s'est formé à Tsu-ka-ghio, un peu plus loin, les Mères y vont et trouvent plus de 200 personnes entassées sur de la paille. Monsieur Zao qui les a recueillies demande qu'on vienne tous les jours pour les malades. Huit jours après, tous ces réfugiés sont transportés sous les grands hangars installés à Zing-eu-ze, et la sollicitude des missionnaires les suit.
Quant aux chrétiens de Zao-ka-dou et des environs, ils viennent se réfugier dans l'école et les maisons environnantes. Les élèves du collège Saint Ignace envoient au Sen-mou-yeu les restes abondants de leurs repas de midi et les Mères les portent ou les font porter à ces pauvres gens qui n'ont plus, grâce à ce secours, qu'à se fournir de riz.
Chacun fait la cuisine à son tour sur le fourneau des Mères. L'école marche quand même... Vers le 11 Octobre, les réfugiés retournent peu à peu chez eux. Il fallait absolument bâtir, car il y avait comme une résurrection à Zao-ka-dou, et le Père Kien, à la fin de Décembre, annonça aux chrétiens qu'on allait faire l'achat d'un terrain pour bâtir une vraie église. La Providence érigea les premières démarches et Monsieur Yao, bienfaiteur, offrit une forte somme.
En Mars 1926, on suggéra aux chrétiens d'ouvrir une souscription,mais en attendant église et école, il faut au plus tôt, réparer et même remplacer une petite maison qui rendait grand service, mais comment couvrir les frais ? Après une prière à la Révérende Mère Marie de la Providence, la pensée vint à Mère de la Bienheureuse Louise, de proposer une loterie au pensionnat chrétien et à l'Etoile du Sen-mou-yeu. La Mère Supérieure permet et les élèves s'y mettent avec entrain et générosité. Tous les frais furent ainsi couverts.
La petite maison fut achevée à la fin de Mai et l'on put ainsi agrandir les classes très bien suivies par les fillettes. Les examens faits par des Mères de Zi-ka-wei sont très satisfaisants, et les distributions de prix sont une occasion de développer les petits talents, la simplicité, les exercices de gymnastique. Mais l'année 1927 et les troubles arrêtèrent pendant quelque temps ce mouvement si catholique, et en Mars, il fallut donner congé aux écoles.
Les maîtresses revinrent au Sen-mou-yeu. Les Mères firent quelques apparitions pour encourager les enfants et les chrétiens. Enfin à la fin d'Avril, les classes reprirent. L'élan était donné et se soutint toutes les années suivantes, grâce aux missions annuelles de trois jours au Jour de l'An chinois et à l'enseignement du catéchisme.
En 1930, le Révérend Père Supérieur permet de prendre un nouvel immeuble plus vaste pour l'école des garçons et donne une petite somme chaque mois pour payer le loyer.
En Décembre, visite très intéressée de la Très Révérende Mère Générale des Auxiliatrices, amenée dans l'automobile de Monsieur Yao. Elle visite tout et gagne les coeurs par sa bonté et une distribution de médailles et de bonbons. Les élèves lui offrirent quelques broderies, en particulier un joli costume de petite fille.
Dieu bénit visiblement les œuvres de Zao-ka-dou, car les chrétiens croissent en nombre et en ferveur. Les élèves, garçons et filles, s'attachent à leur école qui fonctionne normalement jusqu'en Février 1932. La guerre sino-japonaise interrompt tout ce bon travail, ou plutôt elle le modifie, car ce sont les réfugiés qui occupent les Mères, les bienfaiteurs, etc...
A l'école des filles où l'on tâche de réunir les chrétiens, 340 personnes : davantage à l'école des garçons. La nourriture (riz et légumes) est procurée par une société païenne "Secours aux réfugiés", quelques aumônes aident pour le bois, la paille, etc.
Malgré le grand nombre, tout est calme : prières du matin et du soir, chapelet, étude de prières et catéchisme pour les enfants et quelques adultes : le bon père Roberfroid vient donner une petite retraite qui fait le plus grand bien.
A la fin de Mai, réouverture des écoles, et au mois d'Août, Monseigneur Haouisée vient bénir solennellement la nouvelle bâtisse de l'école des garçons. On installe une chapelle au rez-de-chaussée de l'école.
Le poste de Zao-ka-dou est rattaché à Zi-ka-wei, et le Révérend Père Prunelé en devient le curé : il s'occupe activement de tout ce qui peut donner la ferveur, organise l'Apostolat de la Prière, etc.

Développement aussi des études : on rétablit l'étude de l'anglais, du dessin, et il y a deux fois par semaine, un cours de solfège et de gymnastique.
Grande joie à la Pentecôte 1934 !... Monseigneur Haouisée vient pour la première fois donner la confirmation à Zao-ka-dou, et a la bonté de rester jusque vers 2 heures, afin de tout visiter t de recevoir les chrétiens... 82 confirmations de Zao-ka-dou et des envions.
En Juillet, ordre du Maire de Shanghai d'enseigner les 100 caractères les plus usuels aux adultes illettrés âgés d'au moins 40 ans. Les Révérends Pères consultés dirent qu'on ne pouvait refuser, à condition qu'il n'y aurait que des femmes, et que la classe, commencée à 5 heures, se terminerait à 7. Cet état de choses devait durer jusqu'au premier Septembre ; une prolongation fut demandée qu'on refusa, car les vraies classes devaient commencer. La Providence, encore une fois, y pourvut ; le professeur des adultes ayant des difficultés de payement se retira de lui-même.

En Octobre, le Révérend Père Prunelé s'installa à Zao-ka-dou qui devint centre ; excepté en cas d'une absence prolongée du Père, le Saint Sacrement est gardé. Les chrétiens, très honorés de cette présence du Curé, deviennent encore plus nombreux et plus attachés. Le Père a reçu une magnifique statue de Saint Michel qui a été mise à l'entrée du terrain en attendant l'église dédiée à son nom, si désirée et si nécessaire, car la petite chapelle provisoire est de plus en plus insuffisante.

Les petits pages de Saint François Xavier, devenus Petits Croisés, ont une courte conférence d'un membre de l'Action Catholique de Zi-ka-wei chaque dimanche, et conduisent ensuite leur conférencier dans le dédale des ruelles, visiter les chrétiens. Les cérémonies de la Semaine Sainte se faisant à Zao-ka-dou, les chrétiens sont très touchés, et viennent nombreux ; ils font les adorations de nuit le soir du Jeudi Saint... La paroisse s'organise complètement et avec élan.
Par tous ces postes où pénètre le règne de Dieu, Zi-ka-wei est toujours le centre après avoir été le point de départ, et les humbles apôtres du Sen-mou-yeu travaillant chaque jour dans l'ombre, sont les témoins heureux et touchés de cette action si vive, si continue... de ce travail divin dans les âmes. Comme on
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