L’eau et l’art urbain en centre ville de saint Quentin en Yvelines







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date de publication22.02.2017
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L’EAU ET L’ART URBAIN EN CENTRE VILLE DE Saint Quentin en Yvelines :

I le centre ville de Saint Quentin en Yvelines et le thème de l’eau :


  1. mission cœur de ville.


Saint-Quentin-en-Yvelines est l’une des cinq villes nouvelles construites en région parisienne à partir des années 1970 dans le cadre de la politique globale d’aménagement du territoire voulue par les pouvoirs publics pour faire face aux exigences démographiques et urbanistiques de l’époque. Le parti-pris retenu consiste à articuler la ville autour de « bourgades » autonomes de 20/30.000 habitants reliées par des espaces verts, pourvues d’équipements de proximité indispensables aux activités sociales usuelles et fédérées par un centre proposant un éventail supérieur d’équipements publics. Ce centre, localisé d’emblée à l’emplacement de l’actuel Quartier Saint-Quentin, connaît, dès 1975, une amorce de concrétisation avec la gare, la grande surface Euromarché, démolie depuis, et l’Immeuble International. Mais, pour divers motifs, le projet est interrompu1.
En 1979, l’Etablissement public d’aménagement2 (EPA) de Saint-Quentin-en-Yvelines reprend le dossier. Il crée la « Mission Cœur de Ville » et lance, entre janvier et mai 1980, un appel d’idées auquel participent neuf équipes d’architectes (Institut d’Aménagement et d’Urbanisme de la Région Ile de France, Arc Architecture, Gamma Architecture, Pouillon, Vasconi-Pencrea’ch, A.B.P.-D.L.M, A.C.T Architecture, Cornet-Vernet Nunez-Yanowski, Deslandes). Il s’agit d’axer la réflexion autour de plusieurs impératifs : articulation du "Cœur de ville" avec les quartiers périphériques et la Base de loisirs ; intégration et mise en valeurs des équipements collectifs ; rôle assigné aux commerces. Sur ce dernier point, une pré-consultation commerciale (novembre 1979) auprès de sociétés spécialisées a révélé l’importance de la question de l’hypermarché : doit-il être maintenu à son emplacement initial (Pas-du-Lac) ou transféré en un autre lieu ? A cet Effet, l’EPA demande à cinq des neuf cabinets participant à l’appel d’idées de réfléchir à la première hypothèse3, les cinq autres s’attachant à étudier la seconde.
A priori, le thème de l’eau n’apparaît parmi les contraintes imposées au départ par l’EPA dans les études relatives à la mission "Cœur de ville". Il semble néanmoins affleurer à travers la nécessité d’articuler le futur quartier à la Base de loisirs. Il figure, par ailleurs, parmi les préconisations de l’EPA en vue d’une prise en compte dans les projets des caractéristiques du site : proximité de l’étang de Saint-Quentin, des Sources de la Bièvre et de l’étang des Roussières ; déclivité naturelle permettant la réalisation de jeux de cascades et de chutes d’eau ; sol et sous-sol se prêtant à la mise en place d’équipements hydrauliques. A ces éléments d’ordre à la fois historiques, géographiques, géologiques, techniques, on peut adjoindre un critère esthétique, éviter l’effet "boite à chaussures" de l’hypermarché, et ludique, offrir aux habitants un cadre de flânerie et de promenades contribuant à l’amélioration de la qualité de vie au centre-ville. Aussi, l’EPA suggère-t-il, entre autres hypothèses la réalisation d’installations liées à l’eau : zoo aquatique, aquarium, citée lacustre.4


  1. l’eau comme axe du centre-ville


Les neuf équipes imaginent toutes, un cœur de ville où l’eau serait plus ou moins présente :



  • Projet de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région Ile-de-France (IAURIF) : le thème des aménagements liés aux loisirs et à l’eau, de ce cabinet, est privilégié dans la création du centre-ville pour tenir compte de la proximité de la base de loisirs et de la qualité du centre naturel environnant : « Son léger relief sera accentué aussi bien par des mouvements de terrain que par la disposition des espaces en creux et des volumes de bâtis, ainsi que par une composition de jeux et de plans d’eaux […] les volumes s’y répartissent en conque autour d’une légère dépression de terrain, libérant ainsi une large face centrale cernée de bâti en gradins et agrémentée de plans d’eau ». De plus, il préconise un marquage du centre-ville par des portes.5




  • Projet Arc Architecture/ Jean-Claude Bernard : cet architecte propose un centre-ville fortifié. L’eau sera présente dans les douves où baignent les remparts-immeubles.




  • Projet Gamma architecture/Celnik-Chardon-Gautier : ce plan de centre-ville a une caractéristique qui fait de lui « une ville d’eau ». Un aménagement de plan d’eau en rizière partant de l’étang de Saint Quentin sera effectué. Les architectes ont voulu que l’eau soit l’élément vivant et naturel de ce centre-ville en créant une liaison visuelle et fonctionnelle entre l’étang de Saint Quentin et le centre ville, assurée par une succession de bassins et de canaux qui irriguent le centre et rejoignent les étangs parcs des Roussières, suivant le thalweg naturel. Les plans d’eau sont bordés de quais et d’une allée (des Saules) aboutissant à son extrémité sud-ouest à une place à la française agrémentée d’un bassin « dont l’architecture doit affirmer le centre du quartier et le caractère résidentiel de la ville ».




  • Projet Pouillon : ce projet se résume à un nom, « Saint-Quentin-sur-Bièvre ». C’est la création du cœur de ville autour d’une rivière qui relie l’étang aux sources de la Bièvre. « Les transports individuels et en communs peuvent être emprunté par voies d’eau sur deux km ». Un système hydraulique permet la régulation des eaux aux différentes époques de l’année.




  • Projet Vasconi-Pencreac’h : l’eau n'en est pas totalement absente puisque représentée par une petite rivière. Mais elle ne va pas jusqu’à l’étang de Saint-Quentin et s’arrête à la RN 10 ou plus exactement au quartier des Prés. Le thème de l’au n’est pas grandement exploité, ici.


  • Projet A.B.P-D.L.M : la volonté des urbanistes est de recréer le cours de la Bièvre et son vallon. « le cours de la Bièvre est recréé tel qu’il aurait pu être depuis toujours c'est à dire dans un environnement constitué par des alignements de peupliers et des berges évoquant la présence de l’eau. L’eau dormante remplit un chapelet de petits bassins et une rivière strictement canalisée dans la traversée du centre ville. »




  • Projet ACT architecture : ici, le thème de l’eau n’est développé qu’à travers l’implantation d’équipements (piscine, aquarium, maison du corps et de l’eau).




  • Projet Cornet-Vernet/Nuñez-Yanowski : le thème de l’eau est traité au niveau de la place principale avec un "bassin du miroir". La "place de la source" est agrémentée par un jeu de cascades qui permet l’écoulement des eaux de la Bièvre vers le parc central. De même que le projet de l’IAURIF, celui-ci préconise un marquage du centre ville par des portes.6




  • Projet Deslandes : la mise en valeur de l’étang se fait à travers la création de nouveaux bassins.


Après confrontation des idées, l’EPA demande à l’équipe composée d’Alain Cornet-Vernet et Manolo Nuñez de concevoir un projet définitif. Dans ce projet, le canal constitue le support des circulations piétonnes. Tracé sur le talweg de la Bièvre il doit permettre de franchir, à niveau inférieur, les grandes infrastructures routières et ferrées, évitant ainsi les nuisances sonores et visuelles. En outre, grâce au traitement des berges et des quais, l’eau, en tant que fil conducteur du quartier, doit structurer le programme culturel et de loisirs urbains du centre ville.7
Adopté par l’EPA, ce projet est rejeté, en octobre 1981, par les élus de la ville nouvelle8 autant pour son contenu (jugé trop axé sur la fonction commerciale) que pour la façon, inadmissible à leurs yeux, dont il a été conçu et retenu (sans concertation avec eux). Après moult péripéties9, un accord interviendra qui ne remettra pas en cause l’idée initialement retenue du canal comme axe structurant du centre-ville. En effet, le thème de l’eau a toujours été un dénominateur commun au territoire de Saint-Quentin-en-Yvelines. Du fait des contradictions inhérentes à une histoire urbaine chaotique (antagonismes entre élus locaux et aménageurs, entre communes, entre conseils municipaux et syndicat intercommunal, etc.), il n’a jamais été possible de promouvoir une image unifiée de Saint-Quentin-en-Yvelines (qui n’est pas une ville mais un regroupement de communes jalouses de leur identité et de leur autonomie intégrées dans un processus forcé à l’origine). Seuls ont pu faire consensus des thèmes ne heurtant pas les susceptibilités tels que "ville à la campagne", "ville verte et bleue", qualité de la vie, préservation de l’environnement, aménagement de la nature, etc.

II l’art public dans le centre :


  1. l’art public.


Dans le même temps, se développe à Saint Quentin en Yvelines, une politique d’implantation d’œuvres d’art dans la ville, sous l’égide de l’EPA. Comme l’eau, l’art public revêt une fonction culturelle et ludique de nature à améliorer le cadre de vie des habitants. C’est pourquoi ils tiendront une place essentielle dans le projet de centre ville de Saint Quentin en Yvelines.
Assimilant son action à un mécénat d’Etat, l’organisme aménageur réserve un pourcentage des travaux, voisin de 0,50% pour l’achat de sculptures. En 1974, le directeur de l’EPA, Serge Goldberg (1967/1979) demande à Denys Chevalier (critique d’art et président du salon de la jeune sculpture) de le conseiller sur l’implantation d’œuvres d’art dans la ville nouvelle. Pour l’EPA il s’agit de passer commande à des sculpteurs et de créer un "musée en plein air" dans les lieux les plus fréquentés de la ville : parcs, centres de quartiers, liaisons piétonnières etc.10
En 1985, l’EPA entame une réflexion pour définir un programme d’art urbain dans le quartier de la Gare11. L’objectif retenu, consiste à mettre en valeur l’opposition et la complémentarité ville-nature, déjà fortement inscrite dans le plan urbanistique du quartier. En somme, il s’agit de développer les « parcours de l’eau » entre l’étang de Saint Quentin en Yvelines et la vallée de la Bièvre à travers des œuvres d’art public.12

Ces œuvres sont financées par les fonds de la Commande Publique. Créée en 1983, la commande s’adresse aux régions et associe les collectivités locales aux choix des artistes et à l’élaboration de leur projet dans les espaces publiques. A Saint Quentin en Yvelines, la commande est déterminée par une cellule d’art plastique qui réunit des représentants du ministère de la culture et du secrétariat général de villes nouvelles.13

Dans le centre ville de Saint Quentin en Yvelines, on note 9 œuvres d’art public :
Aménagement canal :

  • Meta, Nissim Merkado (1985/92)

  • La Perspective, Marta Pan (1989/1992/1998)

  • Le canal, le mur des fontaines, le bassin des loisirs (1989)

Parc centre ville :

  • Sculpture laiton, Guerard Patrick. 

  • Fontaine Marbre gris, Schwartz Ladislas

  • Oiseau Bronze, Roman Victor

  • Acier, Dupertuis

  • Ascendant oblique, Berard

Parc des sources de la Bièvre :

  • le carré urbain, Dani Karavan(1990/91…

Entrée du centre-ville :

  • La Porte de Paris, Piotr Kowalski (1989)



Selon Loïc Vadelorge, enseignant en histoire contemporaine à l’Université Versailles/Saint-Quentin-en-Yvelines, une œuvre d’art urbain doit « dialoguer avec son environnement, le mettre en scène au profit du projet artistique. […] le recours des artistes est une manière de requalifier esthétiquement les quartiers. […] on demande aux artistes de contribuer directement à la lisibilité de l’urbanisme dans lequel ils interviennent. […] analyser une œuvre c’est donc comprendre sa fonction urbaine ».14

C’est dans cet objectif qu’Alain Flambeau, directeur général de l’EPA (1983/1988), sollicite l’intervention d’artistes spécialisés dans l’art urbain. En 1985, le sculpteur Marta Pan se voit ainsi confier une mission d’études et de propositions d’artistes dans le cadre de la réalisation de l’aménagement du canal.


  1. l’eau et l’art.


Dans ce contexte, Marta Pan met en place son analyse du quartier de la Gare. Le thème de l’eau demeure au centre des préoccupations et doit intégrer les œuvres proposées.

Les artistes sont recrutés soit par demande directe (Dani Karavan), soit par concours (Piotr Kowalski), soit par appel d’idée urbanistique (Nissim Merkado).
Marta Pan précise que « les interventions ne doivent pas se limiter à l’apport d’un objet à un lieu créé par une architecte ou un urbaniste, mais que ce lieu serait créé par l’artiste l’ayant en charge »15 Ainsi naissent, "La Source" (ou "Méta") de Nissim Merkado, "La Porte de Paris" de Piotr Kowalski, "Le Mur d’Eau", "Le Pôle des Loisirs", le canal de Michel Euvé, le "Carré Urbain" de Dani Karavan et "La Perspective" de Marta Pan.
En outre, l’eau tient une place de choix dans la réflexion créatrice de l’artiste : « l’eau est quelque chose que tout le monde ressent comme appartenant à la nature, et que l’on introduit en architecture[…] la présence de trois grands bassins offre une différence de point de vue crée une continuité entre le centre ville et le parc de la Bièvre ; entre des espaces avec emmarchements, d’autres pour la circulation, l’introduction de l’eau et d’un pont, assurent la transition »16
Il en découle deux aménagements principaux, l’aménagement du parcours du canal et celui du parc du centre-ville.

L’aménagement du canal se fait grâce à une collaboration entre artistes, architectes et urbanistes.

Le cheminement du canal se dessine au départ de l’oeuvre « Meta » et arrive à « La Perspective » Marta Pan. Il passe à travers le pôle des loisirs, la bassin au pied de l’église Saint Quentin des Sources et les « engouffrements ».

Ce projet est réalisé par le cabinet d’architecte d’Euvé, l’urbaniste Yves Draussin et l’artiste Marta Pan.

De 1985 à 1992 le chemin de l’eau et de l’art dans le centre-ville de Saint Quentin en Yvelines se trace, à travers l’axe central que représente le canal.
Le parc du centre ville est le produit de plusieurs concepteurs :

-Des maîtres d’œuvres comme Lemoine (architecte) ou Soun (paysagistes)

-Des ingénieurs hydrauliques qui ont majoritairement façonné le parc des sources de la Bièvre

-Des artistes plasticiens, Dani Karavan et Marta Pan

-Des forestiers (puisque le bois des Roussières est géré par l’ONF)

La première intervention (1976/1980)17 est le projet de Soun et Lemoine. Il s’est trouvé guidé par la forme en quinconces des immeubles, délimitant la section du canal dans les jardins du centre. Il exploite le dénivelé naturel du coteau, dans l’idée de faire « une coulée verte ».

La seconde (1995/1998) est celle de Marta Pan. Dans le cadre de la réflexion analytique du centre, elle crée le bassin en bas des « emmarchements » et le pont.

La troisième et dernière est celle de Dani Karavan (1997/ ?). Il lui avait été demandé de réaliser une étude d’aménagement préalable à l’appel d’idée, en 1989. il auraît du réaménager l’ensemble du parc, mais en raison d’un trop gros coût son projet est réduit au « carré urbain ».18
Découvrons plus en détail le œuvres d’art et d’eau du centre ville de Saint Quentin en Yvelines
III Des œuvres d’art et d’eau dans le centre-ville de Saint Quentin en Yvelines :


  1. Marta Pan (1985/1992-1989/1998) :


La Perspective de Marta Pan permet à travers ces arcs de rentrer dans le parc des sources de la Bièvre. Elle « exalte le point de vue que l’on a de la ville vers le parc ».

Cette artiste suggère « de créer un réseau sensible à un degré autre que celui crée par l’architecture, mais jamais en opposition avec le plan urbain, en affirmant le rapport ville/nature. »

« A Saint Quentin en Yvelines, Marta Pan a inventé un espace d’accueil et de communication entre le paysage et la ville : une sorte de no man’s land de l’esprit, qui aménage une transition entre deux mondes. Comme si elle cherchait à stopper l’invasion urbaine, faire en tout cas le signe que l’on doit cesser d’occuper le sol au nom de la seule utilité, du seul pragmatisme économique. Il s’agit cette fois encore, d’une opération qui consiste à se libérer de l’architecture, ou plutôt de faire en sorte que l’architecture, au sens de construction d’espaces symboliques, ne soit plus l’esclave du pouvoir de l’argent, du pouvoir tout court. […] les arcs (du bassin) ne définissent pas en eux-mêmes, le but à contempler, mais sont, comme dans le dispositif japonais du « shakkei » (introduction du paysage dans l’art), destinées à « emprunter » le paysage du parc. […] comme si toute l’œuvre de Marta Pan n’avait d’autre sens que celui d’une invitation à redécouvrir, sous la seule suggestion de la perspective, la réalité même de notre environnement.

Marta Pan a changé sa sculpture en l’invention de paysages-mitoits, destinés à souligner l’importance vitale, des paysages naturels […] ce ne sont pas autour de ses sculptures qu’il faut se tourner, c’est elles qui nous incitent à tourner notre regard vers le monde. […] volonté de libérer l’art de sa fonction muséale et de l’intégrer totalement dans à l’espace quotidien des hommes, de manière qu’ils acquièrent pour eux la signification éthique d’un accord, jamais définitif, jamais parfaitement vécu, avec toutes les énergies de la nature. »19


  1. Nissim Merkado (1985/1992):


Meta, commencée en 1985 est achevée en 1992, symbolise la source d’eau du canal par l’arrivée d’une météorite, traversant une cage de verre (un trait de lumière bleu marque sa trajectoire).

Avec son disque incliné, elle refait la jonction entre la base de loisirs et le secteur des Prés. L’eau de l’étang semble à nouveau parcourir le secteur.20

Cette œuvre, un peu excentrée du centre piétonnier, a été réalisée dans l’idée de redynamiser ce secteur un peu délaissé.

La source du canal s’écoule par le centre évidé d’un vaste disque en granit noir incliné. Elle forme, en tombant, un faisceau d’eau dont l’effet sonore se propage en dessous du disque, dans une grande salle. De là le lit du canal s’étire vers l’ouest.

« Merkado associe subtilement, dans une logique que je dirais du transfini, l’organisation de la ville à l’ouverture et à la mise en évidence ponctuelle d’un certain nombre d’éléments, plus ou moins étrangers, que cette organisation eut d’abord pour charge de réduire et de maîtriser : […] à Saint Quentin en Yvelines l’eau et la lumière. […] la source de Saint Quentin en Yvelines génère Meta, superbe cadran hydraulique où se mesure la succession, le changement, et finalement la participation, point d’émergence d’un imaginaire, d’un espace architectural qui réalise la terre, la lumière et l’eau dans la transparence, le cerveau d’une construction esthétique. »21
Propos de Merkado sur Meta : « une pensée, celle dont la notion pour l’indéchiffrable évoque la nécessité d’une identité, celle qui provoque également la démesure pour déclarer l’environnement existant par rapport à un autre, au-delà du perceptible. Ainsi, la perception abstraite via les matériaux rejoint le temps.

La nature qui comble l’espace et le cerveau qui crée les dimensions cachées sont à l’origine de mes préoccupations à propos de l’œuvre Meta …

Désaxer l’essentiel de l’apparence tout en intégrant la topographie de l’image aléatoire qui trame la ville : la voie ferrée et le passage du TGV, la nappe d’eau souterraine, etc.

En dehors de toute idéologie Meta est le condensateur et le reflet de deux concepts opposés : l’infiniment complexe et l’infiniment simple. Un disque de granit noir « poli-miroir » de 25,15m de diamètres définit au sol comme la chute d’une météorite. En position inclinée, il suit le mouvement du terrain et devient la tête du canal qui traverse la ville. Il est soutenu par 12colonnes de hauteur variant de 7.80m à1.80m, ces colonnes sont à l’origine de la formation du « lieu », situé au-dessous du disque-membrane sonore qui réagit au pas de l’homme, visitable.

La « chambre » en verre transparent, de forme arrondie, placée sur une partie de la circonférence du disque, est inaccessible aux visiteurs. Haute de 5m, large de 9.80m et profonde de 2.45m, elle est le support à l’intérieur duquel est élaboré l’infiniment complexe –énergie réelle, énergie éphémère

Processus : à l’intérieure de la chambre : explorer le sol à 60m de profondeur, tirer une dose d’eau « Echantillon », qui effectue un tracé linéaire précis du rayon du disque pour en rejoindre le centre.

La lumière « Dépôt », tâche lumineuse de 101 cm de diamètre, est en relation tensionnelle avec la lumière véhiculée par le TGV-Aspect transitoire-… »22


  1. Michel Euvé (1985/1992).


Le pôle de loisir et le canal de Michel Euvé permet au centre ville de Saint Quentin en Yvelines, d’être un lieu de vie, d’échange social, et de loisir.

Le canal de 600m de longueur totale est l’axe central du centre ville. Il traverse la ville à la manière des villes anciennes.

Sa largeur est de 10m avec 1m de tirant d’eau. Son fond noir donne l’illusion de profondeur qui en réalité n’est que de 50cm pour une raison de sécurité. Il a été construit sur un talweg déjà existant. Le puits face à la rue du commerce à une profondeur de 45m et débite 60m cubes/heure. 11 ponts et passerelles enjambent le canal. Quatre fontaines ont été placées dans les encochements du canal en amont pour créer des points d’attraction pour le passant, rythmer la promenade et rappeler ka présence de l’eau en mouvement. Sous le pont de l’avenue Nicolas About, le canal a été traité sous forme d’un « coursier » bouillonnant et rapide. Son traitement, habillages et bancs le long du canal, reprend les matériaux des pavages mitoyens en pierre gris bleue du Hainaut. Cette pierre, choisie comme élément principal pour les structures de sol et habillages des murs de soutènement dans tout le centre ville, est utilisée sous tous ses aspects […] permettant d’obtenir des dessins de détails et des variations de couleur dans une grande unité de matière.23

Le Mur d’eau est un mur de fontaines alimentant le bassin par 59 bouches. Le bassin s’écoule dans le canal par 59 déversoirs. Le bassin du pôle des loisirs est alimenté par une seule pompe qui amène l’eau à un niveau plus élevé que l’eau du canal. Les effets d’eau varient entre les 59 bouches jaillissantes du mur-fontaines, la chute dans le canal, d’une eau ruisselante par 120 déversoirs et le calme de la nappe d’eau qui règne avec le niveau des berges, pour donner à l’espace de cet aspect de grande place plane et mouvante.24


  1. Dani Karavan (1989/1998).


Ce carré se trouve dans le parc des sources de la Bièvre, qui s’étend d’est en ouest sur l’ancien lit de la petite Bièvre. Son but est d’établir une transition du plus urbain au plus naturel à travers le parcours de l’eau architecturé, qui caractérise le centre-ville.

Une étude d’aménagement confiée à Karavan a permis d’élaborer en 1990-1991, un schéma directeur spatial pour l’ensemble du parc avec comme thème principal le parcours de l’eau, élément fédérateur reliant le canal aux étangs de la minière. Il aurait dû réaménager l'ensemble du parc jusqu’à l’avenue des Garennes. Mais, en raison du coût du projet, le directeur général de l’EPA, a réduit sa mission au carré urbain où devait être implantée l’université.25
Le projet initial de l’artiste adoptait une forme extrêmement géométrique avec des allées régulières compensant le dénivelé de la partie où se situe l’œuvre de Marta Pan se prolongeant du côté du boulevard d’Alembert, et une diagonale en direction des Sources. Dans ce projet le minéral primait sur le végétal, le naturel semblait absent, ce qui a pu choquer. Il prévoyait également une tour sonore destinée à amplifier la musicalité du vent, finalement remplacée par un bassin.26
Le parc urbain intègre un canal. Ce dernier se fond avec la déclivité du terrain du fait de l’aménagement des cascades illuminées au droit de chaque chute d’eau. La circulation est permanente et assure dans l’esprit la continuité de la Bièvre. Le parc urbain est composé de trois projets :

Dans la partie la plus rurbaine :le bassin rectangulaire de Marta Pan, en continuité du bassin circulaire, et le carré urbain de Karavan. Dans la partie la plus naturelle : les aménagements hydrauliques de l’étang des Roussières.

Le carré urbain amorce la vallée par étapes successives, de l’élément bâti et structuré jusqu’à l’élément nature.

Ces trois projets répondent à deux objectifs principaux : la dynamique de l’eau, symbole de vie et de mouvement, élément moteur et ludique d’animation du parc. L’amélioration de la qualité de l’eau dans l’étang des Roussières par recyclage de l’eau de l’étang pour l’alimentation des aménagements hydrauliques situés en amont.27
Dani Karavan a intégré l’eau dans la conception de la Place Georges Pompidou ou place ovale. Elle utilise des fontaines et jeux d’eau. Deux fontaines géantes habillent l’entrée des parkings. Deux rangées de petites fontaines jaillissantes fonctionnent avec des automates dans les ajutages. Les effets d’eau font référence à l’histoire, les fontaines jaillissantes sortent de terres et se reflètent en même temps que l’architecture sur les parois métallisées. L’eau ruisselante rappelle cascades et torrents du parc du château de Versailles.28


  1. Piotr Kowalski (1989)


La porte de Paris, est le reste d’un des projets pour l’appel d’idée de cœur de ville, Cornet-Vernet et Nuñez-Yanowski, qui prévoyait d’entourer le centre ville de plusieurs portes, et le reste aussi, du projet final de l’EPA, de construire une porte pour marquer l’entrée de la ville.
Propos de Kowalski :

« les urbanistes projetaient de faire une nouvelle entrée de la ville. D’une porte à partir du réseau routier, on devait créer un rond point et l’intérieur de ce rond point était l’objet du concours. Il n’y avait pas de programme, on nous donnait 90m de diamètre d’un cercle autoroutier, on nous demandait deux choses : premièrement que feriez vous là comme signal, en nous précisant que l’autoroute passe à une certaine distance, à une certaine hauteur, donc ce rond point est visible de loin et puis qu’une fois créé, cela serait l’une des trois entrées principales de la ville. Donc il faudrait trouver un symbole, soit un signal. D’autre part ça ne faisait pas vraiment partie d’un concours mais on nous demandait l’avis sur l’éclairage de ce rond point et on donnait une idée en plus et enfin on devait démontrer qu’on ne dépasserait pas le budget qui était à l’époque d’1million.[…] le fait que j’introduise de l’eau, de la lumière, et beaucoup plus d’élément, ont rendu ce projet gagnant. […] le projet lui-même c’était de noyer le rond point d’eau. Et je me suis dit de faire un rond point autoroutier avec de la verdure alors que ça n’est pas un lieu de promenade, autant faire un lac qui en entretient coûteraient certainement moins cher que de la pelouse. »29

En définitive, porte visuelle orientée d’ouest en est, cette grande arche métallique en demi-cercle, de 40m de diamètre est posée dans un bassin. Complétée ainsi par son reflet dans l’eau, elle est recouverte d’un jeu de plaques en verre, de couleur bleue, agencées avec des variations d’angles. L’effet attendu est celui d’une peau de serpent miroitant dans la lumière du jour et les illuminations nocturnes.

Elle symbolise l’arrivée sur la ville nouvelle puisque c’est le premier édifice que l’ont voit depuis l’autoroute.

Bibliographie :



  • « le canal un art de ville » Le petit Quentin, n°10, octobre 1987 




  • Le petit Quentin, n°35, juil/aout, 1990




  • Le petit Quentin, n°26 d septembre 1989.




  • « dossier de candidature au label national 2004 », communauté d’agglomération de

Saint Quentin en Yvelines, ville nouvelle d’art et d’histoire.


  • « Cœur de ville de Saint Quentin en Yvelines », cahiers de l’institut d’aménagement et de l’urbanisme de la région de l’île de France, vol.64, 3ème trimestre 1981.




  • « La Lettre de l’EPA, n°8, oct. , 1997. »




  • « Architecture 2000 Magazine », EPA, Saint Quentin en Yvelines, 4ème trimestre, 1989.




  • « Un centre pour la ville nouvelle », écomusée de SQY, 1997-98.




  • « La mise en œuvre de l’eau à SQY : perception par les habitants », Eon Elisabeth, Mémoire, Ecole d’architecture de Versailles, Reine Vogel (sd), 2002-2003.




  • « SQY, histoire en marche et verts parages », autrement, série France, n°10, sept 1992.




  • « Si SQY m’était conté : la trame verte », Cahier de l’EPA.




  • « Pratique rurbaine et relation de pouvoirs à SQY, crise sémantique d’une ville », Lucie Faure, mémoire de maîtrise Ethnologie, Paris V, JP Warnier (sd), 2002-2003.




  • « Note prise dans le dossier polycopié : l’eau »




  • Dossier thématique :  « eau, l’art urbain »




  • Dossier thématique Art Public : docs artistes, du centre de documentation du musée de la ville de SQY




  • « Les artistes et la création urbaine : les villes Nouvelles françaises », in l’art et la ville-art dans la vie, Service de la création artistique du ministre de la culture et de la communication et le secrétariat général du groupe central des villes nouvelles, la documentation française, 1978.




  • « L’art urbain dans les VN », Loïc Vadelorge.




  • « Analyse du quartier de la Gare par Marta Pan », Documents sur l’aménagement urbain, Musée de la ville, SAN.




  • Documents sur l’aménagement urbain, Musée de la ville, SAN.




  • « Culture et art public à Saint Quentin en Yvelines et à Milton Keynes », Florence Olivier, DESU études européennes option Politiques et Pratiques culturelles en Europe, M Zuppinger (sd), Université Paris 8, 94-95.




  • « L’art et la ville : urbanisme et art contemporain » colloque, 30-31janvier 1986 




  • « L’art et la ville : urbanisme et art contemporain », secrétariat des villes nouvelles, 1990.




  • « Saint Quentin en Yvelines, Quartier de la Gare, le canal », Présentation du projet, mars 89.




  • Livret « visite du canal, eau, histoire locale, art urbain, urbanisme, architecture », musée de la ville SQY




  • « Exposition parcs et jardins : comparaison de deux parcs à SQY, le parc des coudrays et le parc central », Rapport de stage Tania Delaitre, DESS Assistance à la maîtrise d’ouvrage, François Botté (sd), 2004.




  • « La mémoire des villes nouvelles », Ethnologie française, janv-mars 2003




  • « l’art urbain et les arts plastiques à SQY », SAN, direction du développement, division universitaire et culturelle, sept 94




  • « 8 places publiques : des artistes dans l’aménagement urbain », Sabine Fachard, les dossiers des villes nouvelles, Secrétariat du Groupe Central des Villes Nouvelles, 1978.


« L’âme urbaine : hommage à Monique Faux. » , Secrétariat du Groupe Central des Villes Nouvelles, Daval Editeur, Genève, 1998.

1


- « Lire le centre ville aujourd’hui », Pascale d’Anfray-Legendre (pp. 28/43), « La ville n’est pas un long fleuve tranquille », Jean-Dominique Gladieu (pp. 62/79) in « Un centre pour la Ville Nouvelle ? », 1999 (catalogue de l’exposition de l’Ecomusée de Saint-Quentin-en-Yvelines :  « Le centre, vous y êtes ! » 31 octobre 1997/25 juillet 1998).

- « Saint-Quentin-en-Yvelines : le dur apprentissage de l’intercommunalité », Jean-Dominique Gladieu in « Ethnologie française » N° 2003-1, janvier-mars 2003 (pp. 59/67), Presses Universitaires de France.

2 Chaque ville nouvelle a été doté par l’Etat d’un organisme spécifique chargé de son aménagement. L’EPA de St-Quentin-en-Yvelines a été créée le 21 octobre 1970 et dissous le 31 décembre 2002.

3 Institut d’Aménagement et d’Urbanisme de la Région Ile de France, Arc Architecture, Gamma Architecture, Pouillon, Vasconi-Pencrea’ch

4 « Cœur de ville de Saint Quentin en Yvelines », N° 64, 3e trimestre 1981.

5 Il est important de préciser ce système de porte, car plus tard il sera repris, dans l’idée de la « Porte de Paris »

6 idem note 5.

7 « Cœur de ville de Saint Quentin en Yvelines », opus cité.

8 Lors de l’institution de la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines, les communes concernées ont décidé de se regrouper, conformément à la loi, en syndicat communautaire d’aménagement composé de délégués désignés par les conseils municipaux et chargé d’administrer les parties du territoire destinées à être urbanisées dans le cadre de la ville nouvelle.

9 Voir note 1.

10 « Les artistes et la création urbaine : les villes Nouvelles françaises », in l’art et la ville-art dans la vie, Service de la création artistique du ministre de la culture et de la communication et le secrétariat général du groupe central des villes nouvelles, la documentation française, 1978.

11 Nom donné par les élus au "Cœur de ville" en 1981.

12 « La Lettre de l’EPA », N°8, oct, 1997. 

13 Livret « visite du canal…, op. cit.

14 « l’art urbain dans les villes nouvelles », Loïc Vadelorge, juillet 2006.

15 « L’art et la ville : urbanisme et art contemporain », colloque, 30-31janvier 1986

16 Dossier thématique Art Publique : docs artistes, du centre de documentation du musée de la ville de SQY

17 Les dates correspondent au début et fin de travaux

18 « Exposition parcs et jardins : comparaison de deux parcs à SQY, le parc des coudrays et le parc central », Rapport de stage Tania Delaitre, DESS Assistance à la maîtrise d’ouvrage, François Botté (sd), 2004.

19 Alain Jouffroy, Marta Pan, « l’art et la ville : urbanisme et art contemporain », secrétariat des villes nouvelles, 1990.

20 Livret « visite du canal…, op. cit.

21 « Merkado », Marcellin Pleynet, « l’art et la ville : urbanisme et art contemporain », secrétariat des villes nouvelles, 1990

22 « L’art et la ville … op cit.

23« Saint Quentin en Yvelines, Quartier de la Gare, le canal », Présentation du projet, mars 89.

24 Ibid.

25 « Exposition parcs et jardins : comparaison de deux parcs à SQY, le parc des coudrays et le parc central », Rapport de stage Tania Delaitre, op. cit.

26Ibid.

27 Livret « visite du canal…, op. cit.

28 Livret « visite du canal…, op. cit.

29 Kowalski, « l’art et la ville : urbanisme et art contemporain », colloque, op. cit.


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