Manuel traduit et mis gratuitement à disposition du public par l’auteur sur le site







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13- Le caractère de Moïse (Exode 6:10-30)
Pour la plupart d’entre nous, nous ne prêchons pas à partir de généalogies. Ce n’est pas à cela qu’elles servent de toute façon. Mais on peut se demander pourquoi, dans Exode 6:14-25, Dieu a soudainement interrompu l’histoire de Moïse par une généalogie. Dieu ordonne à Moïse d’aller dire à Pharaon de laisser partir son peuple, mais Moïse proteste que son propre peuple ne l’a pas soutenu, alors comment Pharaon l’écouterait-il (Exode 6:10-13) ? Après la généalogie, le récit réitère le même message : Dieu ordonne à Moïse de faire face à Pharaon, et Moïse proteste que Pharaon ne l’écoutera pas.
Pourquoi le récit est-il interrompu par une généalogie ? La généalogie elle-même cite les trois tribus les plus anciennes que les sages, qui se rappelaient l’histoire, devaient avoir cité avant d’en arriver à la tribu de Moïse. Mais le fait que la généalogie apparaisse à ce stade du récit peut indiquer bien plus que cela. La liste nous rappelle que Moïse descendait de Lévi et qu’il était apparenté à Ruben et à Siméon. Ruben est celui qui avait couché avec la concubine de son père ; Siméon et Lévi avaient massacré tous les hommes à Sichem. En plaçant la généalogie à cet endroit, Exode veut commenter sur la raison pour laquelle Moïse était si mal à l’aise à l’idée de faire face à Pharaon. S’il était le descendant d’individus tels que Lévi, Ruben et Siméon, est-il étonnant que Moïse agisse de la sorte ?
À l’exception de Jésus, toutes les personnes que Dieu a choisies dans la Bible étaient des personnes « faibles », des personnes qui ne pensaient pas « mériter » d’être appelées. Dieu a choisi des individus brisés afin que leurs triomphes soient une occasion de gloire pour lui et non pour eux-mêmes.
14- La tromperie de Rébecca (Genèse 27:5-10)
Pour certains lecteurs, Isaac et Rébecca ont chacun de leur côté préféré un de leurs fils (respectivement Ésaü et Jacob, Genèse 27:1-10), et sont donc tous deux en faute. Mais dans le contexte du livre de la Genèse, les motivations des deux parents sont tout à fait différentes. Isaac favorise le fils aîné (Genèse 25:25 ; 27:4), mais l’ensemble de la lignée patriarcale suggère que Dieu ne choisit pas toujours le fils aîné (Genèse 21:21 ; 49:3-4), et le favoritisme paternel engendre des problèmes (Genèse 37:4). Jacob finit par s’en rendre compte dans son vieil âge (Genèse 48:14-20).
Quelles sont les motivations de Rébecca ? L’indice le plus clair que le texte fournit se trouve dans Genèse 25:22-23 ; elle a recherché la présence de Dieu et Dieu lui a dit que le plus jeune fils dominerait sur l’aîné. Contrairement à Isaac, Rébecca agit sur la base d’une parole divine. En outre, Ésaü avait épousé des femmes païennes, et il avait vendu son droit d’aînesse, n’ayant apparemment aucun sens des responsabilités associées à l’appel que Dieu avait lancé à sa famille, à savoir qu’elle serait une bénédiction pour la terre entière (Genèse 25:31-34 ; 26:34-35). Dans une culture où la volonté du mari passait avant toute autre considération, voyant que son mari Isaac était aveugle au choix de Dieu, Rébecca a suivi la voie qui lui semblait bonne afin de garantir l’accomplissement de la promesse de Dieu.
Le livre de la Genèse est rempli de récits qui soulignent le miracle de la bénédiction et de l’existence d’Israël : trois matriarches stériles (Genèse 18:11 ; 25:21 ; 30:22), enlèvement royal ou menace des matriarches (Genèse 12:13 ; 20:2 ; Isaac répète l’exemple de son père, 26:7), et ainsi de suite. Ailleurs dans Genèse quelqu’un d’autre qu’un patriarche fait un choix, laissant néanmoins la bonne terre au patriarche (Genèse 13:9-13 ; 36:6-8). Dans le contexte des thèmes au cœur du livre, il est logique de croire que Dieu a agi à travers la tromperie de Rébecca, comme il l’a fait à travers d’autres moyens pour protéger la lignée qu’il s’était choisie.
Ceci n’est pas pour dire que la tromperie était le moyen préféré pour accomplir la volonté de Dieu, bien que parfois Dieu bénisse la tromperie lorsqu’elle sert à sauver une vie humaine des oppresseurs injustes (Exode 1:18-21 ; Josué 2:5-6 ; 1 Samuel 16:1-3 ; 2 Samuel 17:19-20 ; 2 Rois 8:10 ; Jérémie 38:24-27). De même que Jacob a obtenu le droit d’aînesse qui appartenait à son frère par la ruse, il est, lui aussi, trompé dans l’affaire des deux sœurs. Lorsque Isaac demande à Jacob quel est son nom, il ment pour obtenir la bénédiction (Genèse 27:18-19). En conséquence, il s’expose à la colère meurtrière de son frère (Genèse 27:41). Sa mère le fait fuir, promettant de le faire revenir lorsqu’il serait hors de danger (Genèse 27:45), mais elle meurt entre temps et ne peut donc pas le faire revenir. Alors, lorsque Jacob revient dans sa terre natale, il s’attend à ce qu’Ésaü en veuille toujours à sa vie (Genèse 32:11). Lorsqu’il lutte toute la nuit avec le Seigneur (ou son agent), il est confronté à son passé. Cette fois-ci, avant d’être béni, on lui demande son nom et il doit dire la vérité (Genèse 32:26-27 ; il reçoit alors un nouveau nom, Genèse 32:28) ; ceci contraste avec la fois où il avait cherché la bénédiction de son père (Genèse 27:18-19). Mais Dieu était avec Jacob malgré lui. Il rencontre un ange alors qui fait route vers sa terre natale (Genèse 28:12), et il en rencontre un autre alors qu’il en revient (Genèse 32:2).
Dans cette histoire, bien qu’Isaac ait survécu à Rébecca, c’est bien elle qui a su voir les objectifs de Dieu pour leurs descendants.

15- Tirer au sort (Actes 1:26)
Certains interprètes suggèrent aujourd’hui que les apôtres ont fait une erreur en tirant au sort pour choisir un douzième apôtre. Cependant le contexte immédiat suggère quelque chose de positif ; les croyants étaient unis dans la prière (Actes 1:12-13 ; 2:1) et, à présent, Pierre les exhortait à remplacer l’apôtre perdu (Actes 1:15-26). L’auteur du livre des Actes, Luc, pouvait-il passer tant de temps à décrire une pratique avec laquelle il était en désaccord et ensuite ne pas apporter un mot de correction ?
Le contexte du livre des Actes nous invite à lire l’évangile de Luc et le livre des Actes ensemble car ils constituent deux volumes d’une même œuvre (Actes 1:1-2 ; cf. Luc 1:1-4). Lorsque nous les lisons ensemble, nous voyons que l’évangile de Luc commence également par un tirage au sort : dans ce cas, il s’agissait de choisir le sacrificateur qui devait servir dans le temple (Luc 1:9). Ici, Dieu guide le tirage puisque c’est Zacharie qui est choisi ; par conséquent, il reçoit une promesse divine destinée particulièrement à lui et à sa femme, Élizabeth, la promesse d’un fils : Jean-Baptiste (Luc 1:13). Si Dieu a conduit le tirage au début de l’histoire du volume un, pourquoi ne le ferait-il pas au début de l’histoire du volume deux (après avoir répété l’ascension) ? Le contexte est là pour nous aider : si Dieu a guidé le tirage à travers l’Ancien Testament, y compris lors du choix des ministères lévitiques, pourquoi douterions-nous qu’il ait utilisé cette méthode dans Actes, en avant-première de la direction spéciale de l’Esprit inaugurée lors de la Pentecôte (Actes 2:17) ?
16- Quelques observations finales sur la « théologie biblique »
De nos jours, nous commençons parfois par des hypothèses doctrinales spécifiques et nous les appliquons à la Bible. Le danger avec cette méthode est qu’elle nous empêche d’apprendre quelque chose de nouveau. Si nous ne lisons la Bible que comme un manuel de ce que nous croyons déjà, nous avons toutes les chances de manquer ce qu’elle veut nous enseigner et comment elle veut nous corriger. Il est donc important de connaître les perspectives de la Bible telles qu’elles ont été écrites.
Si nous affirmons que la Bible est juste et qu’elle ne se contredit pas, nous reconnaissons alors que certains livres de la Bible insistent plus que d’autres sur certains thèmes. Par exemple, le livre de l’Apocalypse insiste plus sur la seconde venue de Jésus-Christ que l’évangile de Jean. Dans l’évangile de Jean, l’auteur insiste davantage sur le fait que la vie éternelle est disponible dans le présent. De même, lorsque Paul écrit aux Corinthiens au sujet du parler en langues, il dit qu’il doit être utilisé dans la prière. Mais lorsque Luc décrit les langues dans Actes, elles fonctionnent comme une démonstration que Dieu est au-dessus de toutes les barrières linguistiques ; ceci s’inscrit dans le thème de Luc selon lequel l’Esprit confère au peuple de Dieu la puissance d’aller au delà des barrières culturelles. Différents auteurs et livres accentuent souvent différentes choses ; ces différences ne se contredisent pas, mais nous devons les étudier respectivement en fonction de leurs propres termes avant d’essayer de les mettre ensemble.
Ce principe est important lorsque l’on parle du contexte d’un livre (ou parfois dans le contexte de l’ensemble de l’œuvre d’un auteur). Lorsqu’un passage spécifique nous semble obscur et que nous ne savons pas ce que l’auteur voulait dire, il est utile de regarder le reste du livre pour voir ce sur quoi l’auteur insiste. Par exemple, parce que l’évangile de Jean insiste si souvent sur le fait que les espoirs futurs comme « la vie éternelle » sont des réalités présentes (Jean 3:16, 36 ; 5:24-25 ; 11:24-26), cela nous montre comment aborder Jean 14:2-3. En même temps, nous ne devons jamais oublier que chaque livre du Nouveau Testament fait aussi partie d’un contexte plus large des enseignements du christianisme apostolique qui possèdent certaines caractéristiques communes. Ainsi, quoique l’évangile de Jean accentue la présence du futur, il ne minimise en aucun cas le retour futur de Jésus (Jean 5:28-29 ; 6:39-40).

Les principes de l’interprétation d’un livre tout entier
Avant de clore ce chapitre, résumons certains principes de l’interprétation d’un livre tout entier. La plus grande partie du chapitre a illustré ces principes.

  • Nous ne devons pas trop insister sur les détails du début au point de rater le message global que le livre de la Bible cherche à nous communiquer. (On peut toujours travailler plus tard sur les détails.)

  • Nous devons rechercher les thèmes développés tout au long d’un livre particulier de la Bible.

  • Nous devons tenir compte du flux d’arguments de chaque livre de la Bible, lorsque cela est pertinent.

  • Il est souvent utile de retracer divers thèmes là où ils apparaissent dans un livre de la Bible, prenant des notes ou soulignant le flux d’arguments.

CHAPITRE 4 : D’AUTRES PRINCIPES DE CONTEXTE
Nous allons examiner brièvement d’autres principes de contexte : le contexte de l’auteur, les méthodes anti-contexte à éviter et l’importance de faire un plan sommaire de l’Écriture pour pouvoir saisir le flux de pensée.
Le contexte de l’auteur
Dans certains cas, nous disposons d’une aide supplémentaire dans la compréhension d’un passage ou d’une déclaration de la Bible parce que nous pouvons regarder au style de l’auteur. Paul dit que Dieu a inspiré les saintes Écritures par des hommes (Romains 1:2), ce qui suggère que la pensée de l’auteur correspond à celle de Dieu. Il est donc important de comprendre la pensée de l’auteur. Comprendre l’inspiration c’est reconnaître que Dieu a inspiré des auteurs différents dans leurs styles fondamentaux. Jérémie, Ésaïe et Ézéchiel ont tous entendu le message de Dieu, mais chacun avait un style d’écriture très différent. Dieu a même donné à Ézéchiel un surnom particulier, « fils de l’homme ».
Il arrive parfois que le style de l’auteur soit pertinent à l’intérieur du livre. Par exemple, lorsqu’aujourd’hui certaines personnes déclarent que la « vie abondante » dont il est question dans Jean 10:10 fait référence à la prospérité matérielle, nous devons remarquer que ce n’est pas ce que veut dire Jean par « vie » dans d’autres textes (Jean 1:4 ; 3:15-16, 36 ; 4:14, 35 ; 5:24, 26, 29, 39-40 ; 6:27 ; etc.). Si ces références ne suffisent pas, on peut aussi étudier la façon dont le mot « vie » est utilisé, par le même auteur, dans 1 Jean (1:1-2 ; 2:25 ; 3:14-15 ; 5:11-13, 16, 20). Certains disent que Jésus guérissait tout le monde en s’appuyant sur Matthieu 4:23. Mais est-ce que « tout » renvoie à chaque habitant de la région ? Matthieu dit aussi qu’ils lui ont apporté tous les malades qui se trouvaient dans la province de Syrie (qui comprenait la Galilée et la Judée). Si l’on prend ce texte au sens littéral, alors cela veut dire que plus personne n’était malade dans la région (ce qui est contraire aux propos du livre des Actes et du reste de l’évangile de Matthieu). Jésus n’a pas guéri tous les malades qui se trouvaient près de lui (Matthieu 13:58), bien que cela ait pu être le cas et que le texte indique que Jésus avait l’habitude de guérir les gens.
Lorsque nous lisons Ésaïe et les Psaumes, « le salut » a un sens plus large que celui dont il est question dans le Nouveau Testament, et nous devons respecter le contexte d’Ésaïe et l’utilisation du psalmiste, et ne pas mêler ces textes à d’autres.
Je voudrais utiliser deux exemples à partir des écrits de Paul. Quoi qu’il en soit, nous ne voulons pas traiter d’une doctrine particulière, car souvent une doctrine peut être fondée sur d’autres textes. Mais il est utile de prendre des exemples qui vont souligner ce point. Par exemple, certains disent que l’Église ne passera pas par la grande tribulation à la fin des temps parce que Paul déclare que nous n’expérimenterons pas la « colère » de Dieu (1 Thessaloniciens 1:10 ; 5:9). Cependant, il s’agit là d’un argument contestable. Il arrive que Paul parle de la « colère » de Dieu dans la génération présente (Romains 1:18) mais, d’habitude, lorsqu’il utilise le terme, il parle d’une colère à venir au jour du jugement de Dieu (Romains 2:5, 8 ; 5:9 ; 9:22). Certains interprètes renvoient à l’utilisation de la « colère » dans l’Apocalypse, mais le livre de l’Apocalypse n’avait pas encore été écrit, donc Paul ne pouvait simplement pas demander aux Thessaloniciens de se tourner vers l’Apocalypse pour se faire une idée de ce qu’il voulait dire par le terme « colère ». (Toutefois, dans l’Apocalypse, le mot grec pour « colère » se réfère toujours au jugement qui vient à la fin de la tribulation. Le mot qui parfois, pas toujours, se réfère à la tribulation pour parler de la colère est différent !)
Mon deuxième exemple à partir des écrits de Paul est celui de la trompette mentionnée dans 1 Thessaloniciens 4:16 et 1 Corinthiens 15:52. Le deuxième texte l’appelle la « dernière trompette », alors certains interprètes veulent l’associer à la septième trompette du livre de l’Apocalypse. Là encore, les premiers auditeurs de Paul n’avaient pas accès à un livre qui n’avait pas encore été écrit. Ils ne pouvaient pas se référer à l’Apocalypse pour comprendre ce que Paul voulait dire par trompette. Ils ne pouvaient même pas passer de 1 Thessaloniciens à 1 Corinthiens puisque la plupart des premiers auditeurs de Thessalonique n’avaient pas de copie de la première épître aux Corinthiens. Paul avait probablement fait part des enseignements de Jésus aux premiers chrétiens, et ces derniers avaient peut-être entendu parler de la trompette mentionnée plus tard dans Matthieu 24:31. Dans ce sens, nous pouvons utiliser les enseignements de Jésus comme « arrière-plan » pour le message de Paul. Mais passer d’un auteur à l’autre sans tenir compte du contexte, par exemple de Paul à l’Apocalypse, peut souvent aboutir à des résultats inexacts.
La plupart des lettres pauliniennes sont relativement courtes. Par contraste, plusieurs de ses congrégations le connaissaient et étaient familiers avec certains points qu’il avançait. Il est donc utile pour nous d’apprendre à mieux le connaître en nous familiarisant avec ses écrits. Ceci nous aidera à chaque fois que nous aborderons un écrit particulier de Paul.
Les méthodes anti-contexte à éviter
On doit faire attention aux études de mot, et les prédications lexicologiques sont à éviter absolument. Vous ne devez pas prêcher à partir d’un dictionnaire biblique mais plutôt à partir de la Bible ! Ainsi, certains serviteurs de Dieu prêchent sur les différentes « sortes » d’amour dans différents passages : l’amour agapè vs l’amour philéo. Mais la distinction entre ces deux « types » d’amour avait virtuellement disparu durant la période du Nouveau Testament ; ils sont donc souvent utilisés de façon interchangeable !
Il est utile de retracer toutes les utilisations d’un mot particulier dans la Bible pour voir comment celui-ci peut être utilisé. Une telle étude ne doit en aucun cas servir de base à une prédication (à l’exception de certains passages du livre des Proverbes) étant donné que cela reviendrait à prêcher à partir d’une concordance et non à partir d’un texte étudié dans son contexte.
On doit aussi éviter de déterminer la signification des mots en fonction de leur étymologie. C’est-à-dire que l’on ne peut pas diviser un mot par ses parties constituantes et toujours arriver à la même signification et, généralement parlant, on ne peut déterminer la signification d’un mot par la façon dont il était utilisé des siècles auparavant ou par la façon dont il a été créé. Prenons un exemple contemporain : si l’un de mes élèves me qualifie de « professeur sympa », son intention est de me faire un compliment. Mais si j’étudie les mots en fonction de leurs origines, alors il est possible que je me vexe. En français, le mot « sympa » (sympathique, gentil) est un terme amical, mais sa source latine signifie « ignorant » ou « imbécile ». Je peux donc mal interpréter l’intention d’une personne qui m’appelle « sympathique » et penser qu’elle me traite d’« ignorant » ! Nous savons que le français ne fonctionne pas de cette façon-là, et nous ne devons pas nous attendre à ce que les langues anciennes le fassent, elles non plus.
Par exemple, certains prennent le mot grec pour « repentir », matanoieo, et le divisent en deux parties, dont la deuxième partie noieo est associée à la pensée. Par conséquent, ils disent que se « repentir » fait simplement référence à un changement de pensée (ou d’avis). Le problème avec cette interprétation est que la signification des mots est déterminée par leur usage et non par leur origine ! Le Nouveau Testament utilise souvent le terme « repentir » non dans le sens grec de « changement de pensée » mais dans le sens de « se tourner » comme cela est exprimé par les prophètes de l’Ancien Testament : le fait de détourner nos vies du péché pour les tourner vers la justice de Dieu.
Un autre exemple de ce problème apparaît lorsque les interprètes parlent de l’Église en se référant aux « appelés » ; pour cela, ils se basent sur le mot grec traduit par église, ekklesia. Nous sommes bien sûr « appelés », mais nous savons cela pour d’autres raisons, et non parce que nous pouvons le déterminer à partir du mot ekklesia. Certains divisent ekklesia en deux mots : ek, qui veut dire « hors de », et kaleon, qui signifie « appeler ». Mais ekklesia avait déjà été utilisé par les Grecs pendant des siècles pour parler d’une « assemblée » ou d’un « rassemblement ». Les Juifs qui connaissaient le grec considéraient la congrégation d’Israël dans le désert comme l’ekklesia de Dieu. Le Nouveau Testament ne crée donc pas un mot nouveau en qualifiant les chrétiens d’« appelés ». Il utilise plutôt un terme courant pour parler d’une assemblée. Les premiers chrétiens pensaient surtout à l’assemblée de Dieu dans l’Ancien Testament, son peuple.
Les gens peuvent déformer le grec comme ils peuvent déformer la langue française, le haussa ou toute autre langue. Lorsque les témoins de Jéhovah déclarent que Jean 1:1 appelle Jésus « un Dieu » en raison de l’absence de l’article défini « le » devant « Dieu », ils négligent plusieurs facteurs ; je vais en résumer deux brièvement. D’abord, le terme « Dieu » n’est pas toujours précédé d’un article défini dans l’évangile de Jean. Par exemple, aucun article défini n’est utilisé lorsqu’il est parlé du Dieu qui a envoyé Jean-Baptiste (Jean 1:6), mais les témoins de Jéhovah ne disent jamais qu’il était simplement « un Dieu ». Ensuite, grammaticalement, « Dieu » est un attribut nominatif dans l’expression « Parole de Dieu », et, la plupart du temps, les attributs nominatifs omettent les articles définis. Même sans aller plus loin, on peut voir que l’interprétation des témoins de Jéhovah est basée sur un manque de connaissance du grec.
Certaines personnes traduisent le mot grec zoé par « genre de vie de Dieu », mais zoé se réfère tout autant à la vie humaine. Il y a des personnes qui interprètent mal la grammaire grecque, déclarant que « la foi de Dieu » renvoie au « genre de foi de Dieu ». Pourquoi pas ? Mais, dans notre contexte, elle fait probablement allusion à la « foi en Dieu ».
Un jour, quelqu’un m’a dit que les chrétiens allaient tous devenir Christ parce que, dans Jude 14, il est dit qu’il viendra avec « ses saintes myriades ». L’erreur de cette personne était simple : « ses saintes myriades » est la façon appropriée de dire, en grec, « des milliers lui appartenant ». Mais cela a suscité une grave erreur doctrinale. Plus souvent qu’on ne le pense (bien qu’il puisse y avoir des exceptions), lorsque quelqu’un donne une interprétation fondée sur le grec ou l’hébreu qui contredit ce qu’on aurait pensé en lisant le reste de la Bible, il peut lire dans le grec ou l’hébreu quelque chose qui n’y est pas. Il est utile d’apprendre l’hébreu ou le grec pour soi, mais si on ne peut pas, il vaut mieux s’en tenir à de bonnes traductions de la Bible.
La méthode anti-contexte la plus courante est pratiquée par des sectes comme les témoins de Jéhovah, mais elle est aussi répandue dans les églises de différentes dénominations. Nous lisons dans le texte biblique ce que nous nous attendons déjà à y trouver à cause de notre doctrine ou à cause de la façon dont une histoire nous a été racontée ! Combien de fois avons-nous lu une histoire biblique et nous sommes-nous rendus compte que l’épisode de l’histoire qui nous avait été conté ne faisait pas partie du passage en question ? Combien de fois avons-nous lu notre doctrine (peut-être même une doctrine correcte soutenue par d’autres textes bibliques) dans un texte ou des textes qui ne traitaient pas vraiment du problème ? Dans de tels cas, les chrétiens de différents groupes ne peuvent plus utiliser la Bible comme une base commune pour rechercher la vérité toute simplement parce que nous sommes tous « sûrs » de nos propres interprétations que nous ne pouvons pas parfois défendre à partir du contexte ! Il est vraiment important de respecter la Bible au point de la laisser parler pour elle-même. Si notre doctrine est absente d’un passage, nous ne devons pas l’y forcer ; elle se trouve probablement dans un autre passage. Si ce n’est pas le cas, nous devons respecter l’autorité biblique et rectifier notre doctrine, si besoin est.
De cette façon, nous cherchons à en savoir plus sur la Bible à chaque fois que nous l’étudions. En même temps, cela ne veut pas dire que nous devrons rejeter tout ce que nous avons déjà appris et commencer à zéro. Nous ajoutons à ce que nous avons déjà appris, et nous modifions certaines interprétations lorsque notre étude du texte nous oriente dans une nouvelle direction. De cette façon, nous pouvons aussi analyser les saintes Écritures avec d’autres chrétiens partageant notre désir d’en savoir plus.

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