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1)- L’interprétation afrocentrique
Il s’agit simplement d’un exemple de chrétiens vivant dans des cultures particulières et posant des questions, elles aussi, bien particulières. Je donne cet exemple parce que c’est l’un de ceux que je connais le mieux.
À l’instar des interprétations traditionnelles eurocentriques, il existe aussi plusieurs formes extrêmes d’interprétation afrocentrique qui altèrent le récit biblique ; par exemple, nous avons ceux qui déclarent que tous les personnages vétéro-testamentaires étaient noirs (comme certains Européens ont affirmé qu’ils étaient blancs). Mais si par « afrocentrique » nous renvoyons simplement au fait de poser des questions se rapportant à l’histoire africaine, alors nous sommes prêts à explorer des questions que certains érudits eurocentriques ont ignorées. Dans ces sections, nous tirons nos informations du livre de Glenn Usry et Craig Keener, Black Man’s Religion, (Downers Grove, Il, États-Unis : InterVarsity Press, 1996), et de celui de Craig Keener et Glenn Usry, Defending Black Faith, (Downers Grove : Intervarsity Press, 1997). Là encore, nous ne nous identifions pas avec des personnages de la Bible sur une base raciale uniquement ; sinon seuls les Juifs pourraient s’identifier à certains personnages bibliques ! Mais il convient de noter la présence d’un certain nombre d’Africains dans ces passages.
Avant de nous mettre à la recherche de tous les Africains mentionnés dans la Bible, nous devons d’abord établir ce à quoi nous nous référons lorsque nous utilisons le terme « Africain ». Techniquement parlant, le terme Africain renvoie à une personne ou à une chose située entre l’Afrique du Nord et l’Afrique du Sud. Mais ces limites sont quelque peu arbitraires sur le plan historique, ayant été traditionnellement tracées par les Européens. Israël n’est pas trop loin au nord de l’Égypte, donc un léger réagencement des cartes pourrait faire entrer Israël en Afrique ! Quoi qu’il en soit, Israël ne peut être en Europe car les limites traditionnelles le placent en Asie, à la frontière de l’Afrique. Différents critères pourraient s’appliquer à différentes limites, certains d’entre eux n’étant pas du tout utiles sur le plan historique. Par exemple, en se basant sur certains traits génétiques, on pourrait affirmer que les Norvégiens et les Foulani appartiennent à un seul et même groupe et que la plupart des Africains et des Japonais appartiennent à un autre groupe !
Mais en ce qui concerne la question des Africains modernes, il serait bon d’inclure toute personne entre l’Afrique du Nord et l’Afrique du Sud. Un érudit eurocentrique a protesté lorsque des auteurs africains ont déclaré que l’ancienne Égypte faisait partie de leur héritage, mais curieusement ce même homme déclarait avoir des liens historiques avec la Grèce antique alors qu’il vit dans une région de l’Europe du Nord que les Grecs connaissent à peine et qu’ils considèrent comme étant primitive et arriérée.
Nous pouvons d’abord étudier la Nubie ancienne, un empire dont les origines remontaient à 3000 ans avant Jésus-Christ, et qui, selon la majorité des érudits, était un empire africain dont le peuple avait une peau entièrement noire. Ce royaume est typiquement appelé « Cusch » dans l’Ancien Testament hébreu ; parfois il est traduit par « Éthiopie ». Le terme ne renvoie pas seulement à l’Éthiopie moderne, mais à toute l’Afrique au sud de l’Égypte. À certains moments de l’histoire de l’Égypte, les Nubiens ont conquis l’Égypte et les pharaons nubiens ont régné sur son trône. L’un d’entre eux était Tirhaka, un allié du roi Ezéchias, un roi juste (2 Rois 19:9). Moïse a épousé une cuschite, ou une femme nubienne. Lorsque sa sœur s’est plainte à ce sujet, Dieu l’a frappée d’une lèpre temporaire pour lui enseigner une leçon (Nombres 12:1-10). Le roi David avait un messager qui était nubien (2 Samuel 18:21). Un des alliés les plus proches de Jérémie (et Jérémie en avait peu) n’était pas originaire de Judée mais un immigrant africain qui travaillait à la cour royale (Jérémie 38-39). Il est également possible que Sophonie le prophète et certains autres personnages de l’Ancien Testament aient été des immigrants africains adoptés par Israël (Sophonie 1:1, si « Cuschi » ici veut dire « un Cuschite », une lecture possible du texte hébreu). Avec l’Égypte, la Nubie était appelée un jour à reconnaître le seul vrai Dieu (Psaume 68:31 ; cf. Ésaïe 19:24-25).
L’Égypte joue un des rôles les plus importants dans la Bible ; elle y apparaît beaucoup plus souvent que Rome. Certains ethnographes européens du dix-neuvième siècle, connaissant les grandes œuvres accomplies par l’Égypte mais aveuglés par leurs préjugés raciaux, remettaient en cause le fait que les Égyptiens avaient un teint noir. Mais un examen des œuvres d’art égyptiennes anciennes montre que, au moins à cette époque, les Égyptiens avaient un teint brun rougeâtre et certains étaient entièrement noirs (surtout ceux qui habitaient dans le sud, vers la Nubie). Sourdes aux préjugés modernes, les personnes de couleurs de peau différentes se mélangeaient librement en Égypte, produisant ce qui est souvent appelé une population « afroasiatique », c’est-à-dire des mariages mixtes entre Asiatiques et Africains.
De tels mélanges ont effectivement eu lieu dans l’ancien Israël. La femme de Joseph, Asnath, la mère des tribus d’Éphraïm et de Manassé, était égyptienne (Genèse 41:45, 50 ; 46:20). La « multitude des gens de toute espèce » qui quitta l’Égypte avec Israël (Exode 12:38) comprenait des personnes d’origine égyptienne. Mais étant donné le comportement de la multitude dans le désert, ils ne constituent peut-être pas nos modèles préférés ! D’un autre côté, on peut dire que plusieurs Israélites avaient probablement un peu de sang égyptien. Plusieurs des serviteurs d’Abraham étaient des dons de la part de Pharaon (Genèse 12:16), des esclaves donnés à Isaac (Genèse 25:5) et à Jacob (Genèse 27:36). Bien que seuls 70 descendants directs de Jacob se soient rendus en Égypte (Genèse 46:27), il est possible que le nombre de serviteurs ait été encore plus important. Lorsque Pharaon a asservi les enfants d’Israël (Exode 1:11), il n’a probablement pas libéré leurs serviteurs ; au contraire, les serviteurs ont été absorbés dans le peuple d’Israël.
Dans le Nouveau Testament, le premier païen converti au christianisme était originaire d’Afrique ; il s’agissait d’un officier de la cour de Kandake (« Candace », dans la plupart des traductions, était un titre pour la reine mère). Il était venu d’un célèbre royaume nubien connu sous le nom de Méroë qui existait depuis 750 avant Jésus-Christ et était connu des Romains et d’autres peuples (Actes 8:26-40). Cette conversion était un exemple méridional des « extrémités de la terre » (Actes 1:8), symbolisant une moisson future plus importante dans l’histoire de l’Église. La Nubie s’est plus tard convertie au christianisme par le biais des missionnaires égyptiens au 5ème et au 6ème siècle de notre ère. Elle a maintenu son indépendance en tant qu’empire chrétien jusqu’en 1270 ; ensuite elle l’a regagnée du 14ème au 16ème siècle jusqu’à ce que des faiblesses internes permettent sa conquête par des invasions arabes venant du nord. Au début de la période arabe en Égypte, lorsque les Arabes pensaient aux chrétiens, ils ne pensaient pas aux Européens avec lesquels ils avaient peu de contact, mais aux Africains.
Les traductions françaises qualifient l’officier royal d’« Éthiopien », mais « Éthiopie » était un terme grec qui était appliqué à toute l’Afrique située au sud de l’Égypte (ce que l’hébreu appelle « Cusch »). Ici, il s’applique à la Nubie où les Kandake régnaient, et non à l’Éthiopie moderne. Cette dernière s’est convertie au christianisme bien avant la Nubie. Les missionnaires syriens Frumence et Édésius y ont prêché l’Évangile, et l’empereur axoumite Ezanas a fini par se convertir et par conduire son empire au christianisme vers 333 de notre ère, à peu près à la même époque où les Romains se sont, eux aussi, convertis au christianisme. Certains chrétiens éthiopiens étaient déjà présents comme observateurs au Concile de Nicée en l’an 325 (avec 6 évêques arabes). Plus tard l’Éthiopie a dû défendre les chrétiens égyptiens contre l’oppression arabe durant certaines périodes d’extrémisme.
Les leaders de l’église d’Antioche, la première église importante à envoyer des missionnaires, étaient multiculturels (Actes 13:1). En plus de Paul (un juif né en Turquie mais élevé à Jérusalem), Barnabas (un juif originaire de Chypre) et Manahen qui avait été « élevé » avec Hérode (peut-être en tant qu’esclave [ce qui constituait un statut social élevé], et plus tard libéré), les deux autres leaders sont probablement originaires d’Afrique du Nord. L’un est Siméon, appelé « Niger », un terme traduit par « noir ». « Niger » était un nom latin courant utilisé comme surnom, comme c’est le cas ici ; il pouvait donc faire allusion à son teint noir. L’autre leader était appelé Lucius de Cyrène. Nous ne savons pas quel était son arrière-plan ethnique puisque la population de Cyrène était constituée d’un mélange de Juifs, de Grecs et d’autochtones cyrénéens. Mais la ville de Cyrène était certainement située en Afrique du Nord.
L’Afrique du Nord a continué à jouer un rôle important au début du christianisme. L’Empire romain n’était pas un empire européen dans le sens moderne du terme, mais plutôt un empire « méditerranéen » qui comprenait l’Europe du Sud, l’Afrique du Nord et l’Asie de l’Ouest. Plus de la moitié des pères de l’église les plus proéminents (Cyprien, Augustin, etc.) étaient originaires d’Afrique du Nord, comme l’a dit un érudit allemand du 19ème siècle : « C’est à travers l’Afrique que le christianisme est devenu la religion de l’Empire romain ». Tertullien, un théologien d’Afrique du Nord, a inventé le terme « Trinité » pour décrire la doctrine biblique ; il est connu comme le « père du christianisme latin ». Le principal défenseur de la Trinité était Athanase d’Égypte ; ses ennemis l’appelaient le « nain noir », suggérant qu’il était de petite taille et d’un teint exceptionnellement noir. Après les invasions européennes en Afrique du Nord, un évêque nord-africain s’est échappé en bateau pour l’Italie ; un portait de lui y a été retrouvé indiquant clairement qu’il était noir.
En fin de compte, l’Église a fini par décliner en Afrique du Nord. Elle était déchirée par des luttes internes entre chrétiens professants (par exemple, la controverse donatiste, les querelles avec les Byzantins), et plus tard elle a été écrasée par les hérésies chrétiennes (par exemple, les envahisseurs ariens, les barbares venant de l’Europe du Nord, qui étaient convertis à une forme très défectueuse du christianisme, ont opprimé les chrétiens orthodoxes d’Afrique). De même, en Nubie, une perte graduelle du clergé, due à un manque de centres de formation biblique adéquats, a conduit à l’affaiblissement de la Nubie et à son déclin. Dans les deux cas, les Arabes ont conquis les terres sur lesquelles les églises s’étaient déjà affaiblies elles-mêmes. Mais la Bible et l’histoire de l’Église primitive nous rappellent ce qu’une grande partie du monde a oublié jusqu’aux réveils modernes de l’Évangile en Afrique, à savoir que le christianisme est une foi ancienne de l’Afrique, même avant d’avoir été accepté par l’Europe du Nord.

2)- L’esclavage et l’interprétation biblique
Les gens ont pris divers textes religieux hors de leurs contextes historiques originaux pour justifier leurs propres comportements. Cette pratique n’a jamais été aussi flagrante que lorsque les textes religieux ont été utilisés pour justifier l’esclavage. Parfois ces textes (comme Éphésiens 6 traité ci-dessus) étaient réellement destinés à limiter les horreurs de l’esclavage dans les cultures qui pratiquaient l’esclavage. Mais ces textes ont été plus tard mal utilisés pour justifier l’esclavage lui-même. C’est pour cela qu’il est si important de comprendre ce qu’un texte voulait dire à l’origine au lieu de se baser sur une traduction de l’interprétation du texte. Comme nous le verrons brièvement, certains esclaves ont fait entendre leur voix concernant la signification de l’Écriture, mais les propriétaires d’esclaves n’en ont tenu aucun compte parce que le péché avait aveuglé leurs esprits.
Les gens cherchaient à expliquer l’esclavage en s’appuyant sur des bases religieuses tant dans le monde arabe que dans le monde occidental. La tradition arabe déclare que Mahomet possédait des esclaves, mais rien ne laisse penser que l’esclavage ait empiré à cause de lui. En fait, il l’a peut-être limité. Après que les Arabes aient conquis l’Empire sassanien en 642, ils ont pris à leur charge le trafic d’esclaves en Afrique de l’Est. Vers le 9ème siècle, plusieurs textes arabes (cités par Bernard Lewis dans Race and Slavery in the Middle East [Oxford, 1990]) révèlent un préjugé racial contre les Africains, disant que les Africains ont une odeur fétide, qu’ils sont paresseux et donc parfaits pour l’esclavage. Le puissant Empire de Songhay a fini par être renversé en partie par la pression des Arabes du Nord et des Berbères qui voulaient s’approprier davantage d’esclaves. Vers le 19ème siècle, la terrible marche à travers le Sahara, la dépopulation quasi-totale de la région forestière du Congo de Tippu Tib et d’autres horreurs ont atteint leur paroxysme, mais elles ont continué pendant plus de mille ans. Ce n’est qu’en 1962 que la péninsule arabique a fait de l’esclavage une pratique illégale, mais les observateurs déclaraient qu’il y restait encore un quart de million d’esclaves. Aujourd’hui, l’esclavage continue dans des pays comme le Soudan, la Mauritanie et ailleurs.
Ceux qui pratiquaient l’esclavage cherchaient tout naturellement à justifier leur pratique. En se basant sur une vieille tradition juive qui n’est pas mentionnée dans la Bible, les marchands d’esclaves arabes ont soutenu que tous les descendants de Ham (et pas seulement Canaan, comme dans Genèse 9:25), et par conséquent tous les Africains en général, étaient destinés à l’esclavage. Au 19ème siècle, l’esclavage était déjà implanté dans la culture arabe. Le sultan du Maroc résista aux forces extérieures qui voulaient abolir l’esclavage, disant que cela faisait partie de leur religion et de leur culture. En 1855, lorsque, sous la pression britannique, les Turcs ont essayé de proscrire le commerce des esclaves dans leur empire, Shaykh Jamal a lancé une fatwa de la Mecque, affirmant que dès lors les Turcs étaient des apostats du véritable Islam. Il déclara donc qu’il était acceptable de les tuer et d’asservir leurs enfants.
Les trafiquants d’esclaves occidentaux, à commencer par les Espagnols, les Portugais et ensuite les Anglais et les Américains, ont invoqué la « malédiction de Ham » et divers stéréotypes racistes des marchands d’esclaves arabes. Bien que les Arabes fussent engagés dans cette pratique pendant plusieurs siècles, les Européens ont pratiqué l’esclavage dans les plantations de façon plus brutale, en entassant dans des cales à marchandises des masses d’Africains capturés de leurs villages pour un voyage de trois mois à travers l’Atlantique. Les premiers propriétaires d’esclaves aux États-Unis ont refusé de permettre à leurs esclaves d’entendre parler du christianisme, protestant que les esclaves pourraient y puiser l’idée selon laquelle ils sont les égaux de leurs maîtres. (Leurs craintes étaient justifiées car la plupart des révoltes d’esclaves aux États-Unis étaient imprégnées de l’enseignement chrétien.) Mais ils ont pu éventuellement trouver des prédicateurs qui venaient leur enseigner la Bible de façon sélective, évitant les thèmes de la délivrance, de la justice ou d’autres questions susceptibles de poser des problèmes. À cette époque, le sud était la partie la moins évangélisée des 13 colonies, avec 7 % de participation à l’église, dans un pays qui était sur le point d’expérimenter le Deuxième Grand Réveil Spirituel.
Mais si les propriétaires d’esclaves avaient trouvé un moyen de lire les textes bibliques de façon sélective, le mouvement abolitionniste croissant, lui, était à la recherche de principes bibliques plus généraux. Dévoués à la cause de la justice, les évangéliques britanniques des années 1790 (surtout la branche méthodiste croissante de Wesley, dérivée de l’anglicanisme) soutenaient deux causes principales : les missions et l’opposition au commerce d’esclaves. Le réveil wesleyen a secoué la Grande-Bretagne de plusieurs façons dont l’une était de créer un nouvel intérêt pour l’évangélisation, la justice et l’obéissance à Dieu. William Wilberforce et la secte de Clapham se sont engagés en faveur de l’abolition de l’esclavage dans l’empire britannique jusqu’à ce qu’enfin, alors que Wilberforce était sur son lit de mort, ils réussissent à rallier suffisamment de monde autour de leurs points de vue chrétiens.
Le réveil méthodiste a, lui aussi, eu un impact sur les Américains. La conférence générale méthodiste de 1784 a déclaré que l’esclavage était contraire à la loi de Dieu. La conférence de 1812 a interdit aux propriétaires d’esclaves de devenir anciens dans l’église. En 1826, la conférence de Maryland a dénoncé à l’unanimité la détention des esclaves. En 1825, l’évêque de Géorgie, au cœur du territoire esclavagiste, a considéré l’éventualité d’obliger tous les méthodistes à affranchir leurs esclaves. Les églises AME, ainsi que d’autres dénominations noires américaines, s’opposaient aussi à l’esclavage. En 1789, les baptistes de Virginie ont résolu que l’esclavage devait être aboli. Les Quakers, comme John Woolman, se sont toujours opposés à l’esclavage. Dès 1710, l’évêque anglican William Fleetwood avait condamné l’esclavage. Vers le milieu des années 1800, le débat américain était devenu plus acharné ; certaines églises se sont retirées du débat mais plusieurs ont continué à se battre.
Les leaders abolitionnistes chrétiens, comme Charles Finney, Lewis Tappan et Théodore Weld, ont consolidé leur position contre l’esclavage à partir des principes bibliques. Le manuel anti-esclavage de LaRoy Sunderland a tiré ses principes de justice de la Bible pour combattre l’esclavage. Par exemple, il faisait remarquer que la sentence contre le kidnapping était la mort (Exode 21:16 ; Deutéronome 24:7 ; cf. 1 Timothée 1:10). L’auteur avait bien compris que le terme « kidnapper », dans le contexte de la Méditerranée ancienne, renvoyait au commerce d’esclaves (par exemple, Genèse 40:15). Il déclarait donc que tous les marchands d’esclaves devaient être mis à mort et que les propriétaires d’esclaves, qui soutenaient délibérément le commerce d’esclaves, devaient, eux aussi, être exécutés.
Entre-temps, les esclaves interprétaient la Bible comme ils l’entendaient. Ceux qui prêchaient aux esclaves ne leur permettaient d’entendre qu’une petite partie des textes bibliques, mais ils ne pouvaient pas ne pas mentionner les textes qui disaient que tous les êtres humains descendent d’Adam et que tous les hommes ont un accès égal à la grâce de Dieu par la foi en Christ. Les esclaves chantaient des chants qui parlaient de Dieu délivrant le peuple d’Israël de l’esclavage en Égypte. Les propriétaires d’esclaves, qui étaient trop dépravés sur le plan moral pour voir le rapport, n’avaient pas compris que les esclaves priaient pour leur propre délivrance. Un esclave, qui avait appris à lire, raconte plus tard qu’il lisait la Bible et qu’il y avait trouvé la confirmation de ce que la plupart croyait déjà : Dieu était contre l’esclavage. Il y avait trouvé le principe selon lequel Dieu a créé toute l’humanité à partir d’une seule personne ; tous les hommes avaient donc une valeur égale aux yeux de Dieu.
Nous ne pouvons pas attribuer à la Bible des choses qui n’y sont pas mentionnées. Parce que les esclaves ont eu accès à l’enseignement biblique alors qu’ils étaient dans le besoin, ils ont pu percevoir des thèmes qui y étaient déjà, une chose à laquelle les propriétaires d’esclaves ne s’attendaient pas. Notre attachement aux traditions peut nous empêcher de prêter une oreille attentive à tout ce qu’il y a de nouveau. Tout ce qui est nouveau n’est pas forcément juste, mais tout n’est pas faux non plus. Pour appliquer la Bible de façon plus complète, nous devons être prêts à poser de nouvelles questions du moment où nous étudions la Bible dans ses propres termes (dans son contexte et son arrière-plan d’origine) pour obtenir des réponses.

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