Œuvre emblématique du Nouveau Roman. La critique, qui avait lu ds l’Express quelqu’uns des textes théoriques que A. R. G. avait publiés, y vit simplement un







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Envoyé par Hélène.

La jalousie

Alain ROBBE-GRILLET

1957


Œuvre emblématique du Nouveau Roman. La critique, qui avait lu ds l’Express quelqu’uns des textes théoriques que A. R.-G. avait publiés, y vit simplement un exercice de style désagréable.
D’une œuvre autobiographique d’abord, puisque l’auteur y décrit la maison où lui-même vécut en Martinique et sans doute, une aventure sentimentale où il jouait le rôle de Franck. Il y est longuement propriétaire d’une plantation de bananiers ; on sait que A. R.-G., ingénieur agronome, est spécialiste des maladies de cet arbre. Le contraire, dc, d’une littérature désincarnée, désséchée, mathématique.
Pourtant le roman déconcerte, par la minutie schizophrénique des descriptions de l’espace (les fenêtres, la terrasse, les quinconces de la plantation, la trace du mille-pattes écrasé sur la cloison), les reprises de chaque épisode, de chaque observation, le remplacement de toutes les notions temporelles par des notions spatiales, ou, mieux, le traitement des unes selon le mode des autres.

L’énigme tourne autour d’un instant « volé », comme la lettre d’Edgar Poe : la nuit de Franck et A.
Le livre donne lui-même sa clé : « Ces répétitions, ces infinies variantes, ces coupures, ces retours en arrière peuvent donner lieu à des modifications - bien qu’à peine sensibles - entraînant à la longue fort loin du point de départ ».
Autre facteur d’étrangeté : comme Godard, A. R.-G. se soucie fort peu de la « vraisemblance » du montage, et atteint, du coup, une étonnante efficacité ds le suspense, l’agressivité d’un drame toujours repoussé ds les marges.

Les faux-monnayeurs

André Gide

1926

Un romancier, Edouard, tient son journal et tente sans succès d’écrire un roman intitulé Les faux-monnayeurs, qui « n’a pas de sujet ». Bernard Profitendien, fils d’un haut magistrat, s’est toujours senti mal à l’aise ds son milieu familial où règne un puritanisme inflexible. Il se révolte. Son ami Olivier Molinier subit, autant que lui, l’attrait de l’aventure. Son frère aîné, Vincent , médecin de grd avenir songe à se débarasser de l’amour de Laura Védel-Azaïs. Olivier fait la connaissance du comte de Passevant, hommes de lettres vulgaire aux mœurs douteuses, qui est en train de fonder une revue et veut obtenir la contribution des jeunes gens. L’avenir portera chacun vers une existence décevante.


  • Gide se joue de la littérature. C’est le 1er livre qu’il qualifie de roman. Il y exploite la diversité des pts de vue soumis à la diversité des personnages qu’il met en scène. C’est par essence une œuvre décentrée.


On n’y trouve de fait ni descriptions, ni conclusions, ms un poème continu. Gide entende ne partir de rien, ni de l’univers réel, ni de l’univers imaginaire. Ce qui l’intéresse, c’est la « rivalité du monde réel et de l’idée que nous nous en faisons ». A l’inverse de Balzac, par ex. , on ne trouve pas ici de clés, d’intrigues, de héros, de décors.
C’est un roman qui réfléchit sur les pbs du roman.


  • Ds le Journal des faux-monnayeurs, Gide dit être attiré « par le genre épique » qui schématise le réel et réduit les personnages au stade d’ébauches.


Le propre du roman est que l’invention des événements doit prévaloir sur la simple représentation. Ainsi apparaît ds le roman un nouveau réalisme : celui du possible, de la rêverie et et du mysticisme.
Ce livre est capital pour comprendre comment le nouveau roman en est venu à rejeter les conceptions romanesques de Balzac, à renouveler la technique littéraire justifiée jusqu’alors par la nécessité d’un ordre, métaphysique, moral ou religieux.

Le récit se voit soumis à un traitement expérimental : les nombreuses mises en abîme annoncent les recherches contemporaines qui interrogent les statuts du narrateur et du personnage.

Fables

Jean de La Fontaine

(1668-1694)
1. Le projet de la diversité
Puisant largement dans le fonds ésopique (à l’instar de Phè­dre), puis, pour le second recueil, dans les contes animaliers indiens du Panchatantra, La Fontaine porte à son degré d’achè­vement un genre confiné jusqu’à lui à l’exercice de collège. C’est que, se conformant à l’idéal galant, ses Fables dédaignent toute pédanterie pour privilégier un style vif, gai et spirituel, parodiant tous les styles et les tons dans le but avoué de plaire à son public afin de l’instruire, conjuguant ainsi dans une forme alerte les deux impératifs majeurs de l’esthétique classique. C’est donc moins dans le sujet (qu’il s’ingénie cependant bien souvent à décaler par rapport à son modèle initial) que dans son traitement que le fabuliste conquiert un destinataire sensible à la diversité lexicale et prosodique d’un vers que l’époque qualifiera volontiers de «naïf», c’est-à-dire de naturel, relevant ainsi la grâce légère qui exhibe sa transparence formelle comme pour mieux voiler l’ambi­guité de la morale énoncée par le discours.
2. Analyse
La morale en question.
La critique de Rousseau, dans le deuxième livre de L ‘Emile, est bien connue: il s’inquiète de la valeur morale des Fables pour l’enfant qui sera toujours tenté de s’identifier au roué du récit, à qui est bien souvent dévolu le beau rôle. Or, cette lecture a l’avantage de relever la profonde ambiguïté de la morale des Fables, tout en indiquant le régime spécifique de lecture qu’elles impliquent. En effet, on constate que le fabuliste déplace le lieu de la moralité à l’intérieur de la fable, qu’il énonce parfois des morales contradictoires et va méme jusqu’à suspendre son juge­ment, laissant alors au lecteur le soin de l’établir lui-même. Loin de constituer, comme chez Esope, un discours stable et certain, la morale des Fables de La Fontaine semble nous faire pénétrer en un espace labile dans lequel la morale est foncièrement plurielle, néces­sitant un travail de décryptage qui transforme l’oeuvre en un cons­tant dialogue entre le narrateur et son lecteur.
Pratique de la satire.
Ce travail se trouve de fait immédiatement institué par le genre même, qui appelle une lecture de l’allégorie animalière sus­ceptible de saisir, sous le masque, des attaques parfois très direc­tes à l’égard de la politique menée par Louis XIV et de la société contemporaine. Cependant, il ne faudrait pas pour autant éluder le discours plus général que promeut la fiction du fabuliste qui, de même qu’il oscille entre un public enfantin et un public de let­trés, s’affuble tout à la fois de la toge du moraliste et du bonnet du fou du roi, autorisant de la sorte une double référence à son discours. Le ton satirique, omniprésent dans ces textes à visée politique (au sens du politique, c’est-à-dire de tout ce qui a trait à la Cité), évite néanmoins toute brutalité, moins dans le but de se prémunir, que parce que La Fontaine est persuadé que le charme de l’insinuation est plus efficace que la ligne droite d’une dénoncia­tion frontale. Puisque l’homme demeure un enfant, il va s’agir de le charmer par la fable, afin de lui faire progressivement prendre conscience de ses propres erreurs pour lui enjoindre de s’amen­der. Mais, encore une fois, le fabuliste ne s’abuse pas sur le pou­voir de son art, et la lucidité qui le caractérise (mâtinée d’un jan­sénisme de plus en plus sensible au fil des recueils) l’empêche de rêver une humanité réformée par la lecture des Fables.
Figures du sage.
La morale évoquée se confond bien souvent avec un constat de l’ordre des choses et des rapports de force entre les hommes, invi­tant donc fréquemment à un comportement fondé sur la dupli­cité, la dissimulation ou la ruse, qui constituent en fait les seuls moyens pour survivre. Car c’est bien le naturel, c’est-à-dire l’ins­tinct de prédation et la logique de la violence, qui prédomine dans cette «Comédie à cent actes divers» que constituent les Fables. Dès lors, la sagesse du fabuliste ne peut que prendre acte de ces relations qui régissent la société. Cela colore ainsi les recueils d’un profond pessimisme, invitant le lecteur à faire sienne une sagesse de la mesure héritée d’Epicure : il se placera dans l’ho­rizon idéal d’un homme de bien, tempérant sa solitude par l’ami­tié, conservant une juste distance face au spectacle des choses, et ainsi susceptible de jouir de la contemplation amusée du monde comme il va. La figure du fabuliste se partage alors in fine entre celle d’un Orphée et celle d’un Socrate chrétien.
Le Lys dans la vallée

Honoré de Balzac

(1836)

1. Résumé
Dans une longue lettre autobiographique adressée à sa maî­tresse Natalie de Manerville, Fèlix de Vandenesse raconte son enfance malheureuse, privée de l’affection maternelle, puis évoquesa rencontre décisive avec Henriette de Mortsauf, lors d’un bal à Tours, pour laquelle il s’est immédiatement épris d’une violente passion. Inquiétés par l’état fébrile du jeune homme, ses parents l’envoient alors à la campagne où il retrouve, cependant, au château de Clochegourde, sa bien-aimée. Dans le paysage enchanteur de cette douce vallée où coule l’Indre. Félix fait la connaissance du comte de Mortsauf. vieillard acariâtre sclérosé dans son légitimisme ultra, qui règne en tyran sur sa divine épouse et leurs deux enfants. Félix et Henriette nouent progressivement des liens tout spirituels, partagent des goûts communs et communiquent par le langage des fleurs, mais la vertueuse Henriette refuse de prêter l’oreille aux épanchements amoureux du jeune homme. Après plusieurs mois de bonheur, dont l’apogée se situe lors des vendanges de 1814, Félix repart à Paris, muni d’une longue lettre de recommandations d’Henriette, où celle-ci lui prodigue les conseils nécessaires afin de se diriger dans la jungle sociale. Cela lui réussit, puisqu’il devient sous la Restauration maître des requêtes d’Etat. A son retour à Clochegourde en 1817, l’intimité des deux amants (platoniques) est encore resserrée par la maladie du comte qu’ils soignent à tour de rôle. Toutefois, lors de son retour à Paris, Félix succombe au charme sulfureux de la belle Lady Arabelle Dudlev : Henriette. dès lors, cesse de lui écrire et il apprend bientôt quelle est mourante. Accouru en toute hâte à son chevet, il assiste à un délire amoureux qu’elle parvient finalement à maitriser pour mourir saintement. Après cette longue confession, Natalie lui répond qu’elle ne saurait lutter contre le souvenir si vif de ces deux femmes dans la mémoire de son amant, et préfère rompre avec lui.

2. Analyse cette
passw

«La grande question du paysage »


A l’occasion de ce roman prenant place dans les Études de moeurs de La Comédie humaine, Balzac entendait s’affronter à ce qu’il nomme :
la grande question du paysage en littérature
c’est-à-dire à la description poétique d’une région qui lui est chère : la Touraine. sugge
Nourrissant son texte de ses propres souvenirs, le romancier s’attache à évoquer ici la topographie de ces paysages vallonnés dans des phrases harmonieuses, souvent longues. et témoignant d’un souci stylistique dont la critique a un peu rapide­ment passé sous silence la prégnance, opposant traditionnelle­ment un Balzac puissant mais brouillon à un Flaubert s’échinant des semaines entières sur une seule tournure syntaxique à cet égard, Le Lys manifeste que Balzac connaît également les affres et les réussites de l’orfèvre.

Éros et Agapé.
Le sujet du roman se fonde sur un cliché littéraire dont Balzac avait pu lire dans le Volupté de Sainte-Beuve (1834) une variation contemporaine : en affirmant qu’il avait tenté avec Le Lys de «refaire» le roman de Sainte-Beuve, Balzac manifestait sa volonté de récrire à son tour l’histoire de la femme mal mariée qui demeure cependant fidèle. La tension entre désir et vertu cons­titue donc l’assise principale du texte, et le récit déplace ainsi les relations des deux amants sur le plan spirituel, présentant le dia­logue élevé de deux sensibilités exacerbées qui communiquent, au-delà du langage traditionnel, par la modulation d’inflexions de voix ou dans le langage des fleurs. Le romancier, par la grâce d’un récit enregistrant avec la finesse d’un sismographe les infi­mes variations du sentiment qui unit Félix et Henriette, à l’insu des autres personnages, parvient à rendre attachant un person­nage pourtant vertueux, et un texte donc forcément réceptif. En ce sens, il confond alors progressivement le destin d’Henriette avec celui du Christ. Le roman se fonde en effet sur deux figures anti­thétiques de la femme : Henriette la céleste s’opposant à Arabelle la charnelle ; toutefois, dans son agonie, Henriette se prend un instant à regretter d’avoir imposé silence à son corps, et même si cette dernière tentation est sublimée par la mort qui achève sa passion (aux deux sens du terme), un pan a été levé, invitant le lecteur à saisir le travail obscur du désir dans l’ensemble de l’oeuvre. De sorte que le discours religieux doit aussi être compris connue une sublimation du désir, réprimant l’érotique dans un Amour divin qui ne le réduit pourtant pas entièrement au mutisme. L’ambiguïté symbolique du lys (pureté mais aussi symbole du sexe fèminin), de l’eau baignant la vallée ou encore des bouquets souvent fort suggestifs composés par Félix (et acceptés par Henriette...) trahit la présence en sous-main d’une voix du désir qui colore sans doute bien différemment le texte, jusque dans la scène trouble où Félix porte Henriette évanouie dans sa chambre. Sans doute peut-on lire ici la place problématique réservée au désir féminin dans la société : celle du prudent repli sur la maternité qui ne voile pas tout à fait sa parole désirante.
Une éducation manquée.
Comment apprécier dès lors cette éducation à l’amour et à la vie que constitue également Le Lys ? Aucun des ingrédients de la formation d’un jeune homme n’est omis, pas même les fameuses recommandations de la femme qui connaît le monde (ici sous la forme d’une lettre que ne désavouerait pas Vautrin). mais au bout du compte, le lecteur en saisit comme Natalie les limites. En remarquant d’abord que ce qui semble unir les deux amants, c’est avant tout un manque maternel qui leur donne un rôle : celui de l’enfant pour Félix de la mère a(i)mante pour Henriette. L’idéal est donc d’abord fonction d’une frustration. Plus nette encore est la mauvaise foi de Félix, qui ne veut pas comprendre le désir de son amante et préfère truquer a posteriori la situation, pour contenir Henriette dans le cadre d’une sainteté qui a surtout l’avantage de le dédouaner, d’éloigner de lui le spectre d’une culpabilité dont Nata­lie relève les traces chez cet homme, exactement, irresponsable.

Atala
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