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Bluette


Il doit vraiment en avoir besoin de couleurs cet Antoine. Il est revenu. Il a tourné en rond. J'ai essayé de le relancer. Mais non, il n'a rien osé. Il est même devenu un peu bourru, du genre "à moi, on ne la fait pas". Il s'est drapé dans sa morgue de matador impavide. Non mais, vous ne le croyez pas... Rien n'a bougé. Rien n'est simple. Certains estiment que ça fait le charme des premiers contacts. Moi, ça me casse plutôt les pieds. Chez les mantes religieuses, les femelles bouffent leur conjoint pour se donner des forces après l'amour --belle preuve de passion! Chez les hominidés, ça tergiverse, ça contourne. Enfin, ça occupe.
J'en veux un qui me plaise vraiment. J'ai rêvé d'Antoine. Incroyable! Mais, bon sang, il faut qu'il se décoince. Pourquoi je me mets accro comme ça ? Faut que je fasse une petite annonce ? "JF brune yx noirs sens rech hidalgo aim coul (écrire au journal qui transmettra)". Il est fichu de pas lire ou de pas se reconnaître.
Martine a déboulé chez Pascaline. Cousine de Cherbourg. C'est pas pensable. Plus de dents, totalement tuméfiée. Ca fait trois ans que son mec la prostitue, la bat, la pique, la brûle. Elle a parlé. Elle a la trouille qu'il la retrouve. Elle a largué ses gosses. 32 ans.
Trop dur. T'y crois pas... J'ai aperçu par hasard l'arrivée du Tour de France. Là c'est rigolo, la caravane, quand ils jettent des lunettes, des préservatifs ou n'importe quoi aux spectateurs. Et les touristes. Plus il fait chaud, plus ils se déshabillent. Pas des Touaregs, ça non! Des tenues fluorescentes pour qu'on les oublie pas, des shorts moulants sur des mémés obèses, bardées de cellulite, bouffant des glaces en bavant, des tee-shirts ridicules, se voulant drôles-surtout pas drôles, couvrant des bedaines masculines vomitives, gluantes de graisse et de poils. La minceur m'emmerde. Mais là... Tout devient répugnant par avilissement, suffocation générale, pantalonnade éructante nommée "décontraction".
Que se passe-t-il dans le monde ? Je me suis un peu déconnectée, pas de télé, pas de radio, pas de journaux. Pas grand-chose. Je perds un truc essentiel ? Au kiosque : des faits divers. Quel drame lorsqu'il n'y aura plus de meurtre de belle-mère, de torrent de boue, d'éducateur vicieux, de maladie incurable, et d'accidents de voitures...
Moi, et puis vous arrêterez ce monologue intérieur (une fâcheuse tendance quand on vit seule), d'ailleurs coupez, coupez bien-sûr, mais vous couperez, moi donc j'aimerais vraiment que cette godiche d'Antoine se pousse un peu. J'ai envie de lui. Je lui donne l'été. Pas plus.

7
Sérénade new-yorkaise


tourne-toi - toi - elle se tourne - il va l'enculer - elle s'en fout - elle est coincée là - dans ce cagibi de cour - depuis que sa fille est partie - que l'italien l'a laissée tomber - elle a plus rien - elle s'est fait vider de son appart - faut dire qu'elle payait plus - elle avait commencé à tâter du crack - elle a mal - elle s'en fout - elle a besoin de ce fric -
salope - mais il se barre - ce con - sans payer - c'est dégueulasse - elle hurle comme un porc égorgé - deux-trois têtes sortent des fenêtres - ferme-là - on appelle les flics - elle peut pas le rattraper - elle est à quatre pattes - elle a mal - il faut qu'elle se reloque - merde -
elle se rhabille - putain - les sirènes - ils ont appelé les flics - il faut décaniller - elle sort du bloc - elle veut courir - elle peut pas - elle peut plus - la voiture la chope au coin - ils la cernent - pistolet au poing - ils l'embarquent - un enfant latino regarde en lançant son ballon de basket dans un rond accroché à un poteau signalétique -
la tôle - la tôle collective - on n'aime pas les droguées - elle se fait violer - battre - elle ne sait même plus si c'est violer - elle a mal - elle tremble - elle a besoin - elle dégueule et reste inerte au sol - elle aurait pu rester là - ils lui ont fait une piqûre et la relâchent au petit matin - ils en ont trop de ces épaves - elle a pas volé - elle a pas tué - elle va crever - qu'elle crève dehors -
où est-elle - elle est plus dans la zone portoricaine mais au bord d'harlem vers central park nord - il faut marcher - elle y arrive - la piqûre lui a fait du bien - rémission passagère - elle le hait son corps - elle les hait - ces mecs - bites butées - ils ont rien - pensent qu'à ça - elle marche lentement. - elle en a plus rien à foutre - libre - elle va crever - elle s'asseoit sur un banc -
ça gueule de façon sporadique - sirènes - fous divers - il reste des vieilles publicités sur les briques - escaliers à incendie - souffleries - colonnes - personne fait attention à elle - des blacks endimanchés vont manger des oeufs au coffee-corner avec un café qui bout toute la journée dans son pot - un mioche ébouriffé lui propose des cigarettes - chien passe, lépreux - ça hurle dans l'immeuble - rassurante querelle de ménage - oiseaux piaillent - tap-tap - un ballon résonne -
elle pourrait tout foutre en l'air - mais l'énergie - elle pourrait se venger - crever un mec - elle pourrait - elle pourrait dormir - elle dort un peu - elle n'a jamais été plus mal -
elle est prête - qu'ils la butent - et après - ça la tiraille - il faut repartir - faut rejoindre son quartier - les latinos baisent chez les latinos - pas chez les blacks - faut qu'elle se lave aussi - elle reprend sa marche - elle a pas pété ses talons dans la galère - un miracle - elle voit dieu dans un talon -
elle avance - elle se traîne - elle souffre - elle trouve une bouche d'eau - là elle s'asperge partout - elle a du mal à remuer les membres - à se pencher - l'eau froide l'engourdit - l'anesthésie - personne ne prête attention à cette toilette publique - créole qui rigole -
alors venus - c'est l'heure du bain - elle répond rien - trop de mal à éviter de tomber - et lui à écarter les mouches - elle reprend sa marche - trempée - les hommes la regardent parce que ses vêtements ne masquent plus rien de formes - qui ne sont plus jeunes - qui ne sont pas maigres - mais qui donnent ce tour de violoncelle caractéristique - en gamme seins sur cul - elle se sent redevenir désirable -
eh - poupée - t'es libre après la douche - salut beauté - t'as pris la pluie - elle répond pas - elle parle plus aux hommes - sauf de pèze - elle attend de sécher - elle veut être sèche - ça va un peu mieux depuis cette douche improvisée - elle en profite - elle fumerait bien un peu - un type passe en hurlant - une tête indescriptible - un accro en manque - armé - elle veut pas le voir - des haïtiens jouent aux cartes dehors -
ça commence à sécher - ça la tire - ça la tire de plus en plus - la fait souffrir - elle recommence à trembler - elle a plus rien - elle essaie de s'arranger devant une épicerie -
elle se poste - tapine - et attend peu - personne ne fait attention à personne - mais tout se repère très vite - une bagnole crème - assez propre - s'arrête - tu montes -
elle monte - elle a pas le choix - l'homme lui revient pas - mais bon - petit - maigre - il arbore un long visage avec des lunettes cerclées de métal - costume clair - propre - il ne dit rien - ils s'arrêtent à l'ombre - cachés - près d'une décharge - méticuleusement - il retire sa veste et son pantalon qu'il range - liquette pliée de vieux garçon - il baisse les sièges et étale dessus une sorte de tissu imperméable -
montre-moi tout çà - il dégraffe sa robe en la faisant basculer - elle veut annoncer le tarif - il la coupe - je sais - elle est nue - il promène sa main lentement - songeur - sur la grande touffe noire - il attend - bande pas - elle veut le sucer - l'en empêche - pour qui tu travailles - personne - alors il sort un rasoir et l'horreur commence - il la baillonne - elle se débat - sec - anguleux - la coince tandis qu'elle beugle comme un phoque - la lacère - méticuleusement - se coupe un peu - il bande - accélère - jouit dans son sang - gicle le sperme blanc qu'il caresse - dessine -
balance tout à la décharge - dans le tissu imperméable - elle a perdu connaissance - il rechausse ses lunettes - enfile sa veste - fait claquer les manches - repart -
c'est un chiffonnier qui va la trouver - il pense à un cadavre - elle vit pourtant - il prévient la police - elle entre aux urgences - les analyses révèlent qu'elle a contracté le sida - une longue attente entre la vie et la mort commence -


10
Les Livres saints


Les chats prédisposent aux livres. Cela semble devenu une sorte d'évidence, un pléonasme, à observer nos contemporains occupés d'une double bousculade assortie de recueillement. Il avait pourtant d'abord porté aux gémonies ces (poilus) personnages hautains qui prétendaient régimenter les intérieurs en y semant leur pelage et leurs odeurs de pisse. Mais il avait cédé. Comme il avait souscrit à l'effeuillage compulsif des volumes. Après force tempêtes, récriminations : "De quel droit un quelconque énergumène volerait-il pendant un temps déterminé --trop long-- votre existence et votre imaginaire ? Pourquoi donc un tel rapt consenti ?"
Il avait vécu tout cela sous la contrainte. Certains s'aimantaient aux foyers visuels, à leur intimité rayonnante et complice, vers ces écrans à qui l'on parle. Lui s'écorchait les yeux devant des pâtes sèches maculées de signes. Son attention bifurquait. Cependant l'usage, les souvenirs, transformèrent son approche : il comprend désormais les longues promenades de la science et de l'instinct dans une nature renouvelée. Herboriser les idées, classifier les sensations.
Indéniablement le Talmud l'avait aidé à pareilles ramifications de la pensée. Les lectures enfantines aussi. Elles se chargent de mystère. Elles excèdent l'écriture fadasse, le dialogue niais, la description sommaire, les conventions de narration. Le consommateur les prolonge. Ce faisant, il se les approprie par ingestion. Il les réécrit au gré de ses envies. Un petit mot sans intérêt, abandonné d'une plume rémunératrice, devient prétexte à rêveries. Voilà qui explique le succès des romans sentimentaux ou la fascination pour les super héros.
Une telle assertion l'avait réconcilié avec l'humiliante condition de lecteur. Foin de servilité, ouverture des échanges de services. Si d'aucuns demandaient à des lectrices une description précise de leurs sensations et qu'elles les livraient avec complétude, les auteurs en seraient épastrouillés : dure leçon de modestie... Comme dans les romans borgésiens, diverses existences se rattachent en effet à un seul livre. Il ne s'agit plus alors du même objet : les interprétations recomposent, avec des pratiques amples, hypnotiques ou fugaces, sautillantes, boulimiques, de dépecage.
Sa vision à lui s'avère piranésienne. Elle correspond à la structure des bibliothèques arachnoïdes, gangrénant l'ensemble des recoins d'une demeure. Véritable tissu de vaisseaux.
Il va rarement acheter un opuscule dans une de ces boutiques spécialisées, persistant (encouragées par les "addicts"), contre vents et marées, à dealer des drogues dures pour sociétés secrètes. Qui n'a pas sombré après avoir avalé un pavé déconcertant, ne se relevant plus, les jambes flageollantes, l'esprit broyé ? Il reçoit des catalogues, comme des images pornographiques. Il commande à distance. Il paie : l'argent est une langue étrangère.
Il vit le bonheur des paquets, l'heure de l'arrivée du cadeau, les préfère avec de la ficelle et l'a d'ailleurs indiqué à un libraire par lettre : "Monsieur, auriez-vous la bonté de persister à mettre de la ficelle pour clore vos envois d'ouvrages. J'ai conscience que désormais des colis tout faits ou une sorte de "chatterton" soient plus pratiques pour vos commissionnaires. Cependant, je souhaiterais voir prendre en compte le fait que cet intrusion d'une pratique moderniste ôte une partie de mon plaisir à les recevoir". Le monde du livre étant devenu fondamentalement --hormis la grande distribution-- un monde de l'antiquariat, il avait été compris et reçoit donc à nouveau des paquets noués.
Il défait avec langueur un ruban qu'il préserve. Toujours au même endroit, sous la lampe-plafonnier de marine, sur la table de salle-à-manger débarrassée, nettoyée --il est obsédé par les tâches huileuses, translucides, les déteste, les absorbe grâce à de la terre sèche, rousse du Mexique, appliquée avec le gras du doigt. Il tourne et retourne le colis, bobine la ficelle. Elle rejoint alors la pièce des boites et ficelles. Il retire le papier.
Le ou les livres apparaissent. Là, il s'asseoit. Il les prend, les caresse, les sent d'abord. Tous exhalent --qui n'a pas été giflé par une bouffée odoriférante ?-- des parfums singuliers, papier et colle mêlés, encre épaisse. Personne, personne ne peut le déranger en ces instants. Puis, il feuillette, commençant souvent par la fin, prenant à rebrousse-poil. Une visite. Ces premiers contacts demeurent décisifs, rarement démentis. Ils se modifient seulement lorsqu'une longue histoire s'installe.
Parfois le rejet est clair, net, prétention faussement poétique, bêtise du propos. Un désastre. Ecoeurement. Il bazarde, détruit alors, évacue, pour ne pas polluer ses rayonnages. Tant d'ego-histoires, de ressassements monomaniaques du passé, de complaisances avides... Tant aussi de propos abscons masquant une pensée indigente ou de hâbleurs omnubilés du paradoxe, bloqués sur la boussole inverse du sens commun. Tant de produits...
Il aime les écarts. Complicités, connivences de junkies égarés. Il lui arrive de refermer l'opuscule juste après quelques phrases égrenées : il sait. Plus besoin de s'aventurer. Sentiment intense, profond. Il voit. Il frémit. Il reprendra, plus tard, au hasard, les trilles d'un camarade d'évasion. Jadis, il avait eu peur que ces mots en bandes accumulées ne remplaçassent la vie : ils en sont des adjuvants. Il craignait qu'ils ne constituassent des carcans pour la pensée : ils en sont les interlocuteurs. Et des présences rassurantes l'accompagnent, lui parlent au détour de la maison, comme certains objets, ou son chat déplumé. Il vaque dans un joyeux babil, un incessant babil, une cacophonie parfois. Il adore aussi, d'une main nonchalante, rasant le sol, coller des crottes de nez sous son fauteuil tandis que son doigt bascule avec vigueur une feuille digérée.
Rouvrir la boutique pour prendre un peu l'air. Tâter l'humeur estivale des Hambourgeois : "Ca sent le renfermé ici!" Cet après-midi, il irait voir les baigneurs sur les dunes et se taperait un schnaps dans le bar du retour avec une pipe à long fourneau.


2
Arabesques picaresques

ou traité du paysage
Elle danse. Elle dans toute seule. Elle danse sans musique comme une abeille excitée. Elle s'excite sous le soleil. Elle se trémousse. Elle gigote. Elle épilogue.
Il lui prend un petit coup de folie. Pouf, elle se met le cul par terre.
Awou

Abeille griboo

Awou

Petite abeille tout fou

Awou

Baigne dans l'hibiscus

Abeille toucan

Prend tout

Sirop

Awou

Zigzag

Awou

Et tu piques et tu meurs

Le paysage. Regarder le paysage c'est voir ce qu'on ne voit pas. Comprendre que le champ visuel s'arrête, que l'esprit se focalise sur un aspect circonscrit, très limité. Regarder le paysage, c'est explorer et prendre en compte ce qui est près, ce qui est loin. Regarder le paysage, c'est rester immobile, se baigner dans la vue, jusqu'à l'hallucination. Elle s'est tue. Elle s'est assise, puis tourne lentement comme un derviche. Elle scrute.
Elle se lève, rompue, chancelante. Elle repart au village. Les enfants, nuées d'enfants dont elle faisait partie, crient, courent par grappes. L'assaillent. Les repousse. Ses amies, ses ennemies, ses compagnes de jeu, histoires, aventures. Un torrent indistinct lasse.
Ce soir, fête. Elle marche le long de la sente aride. Elle va aider sa mère pour les préparatifs. Et se parer. Radio dans la case. Musique de Bamako. Le père, là-bas. Plusieurs ont réussi à monter un groupe électrogène. Ils reçoivent, à grand peine, disjonctant, avec des sautes d'intensité, éclats, stries, neige, déformations, le football.
"-- Maman

-- Oui, ma fille.

-- Qu'est-ce que je vais faire ici ?

-- Je sais..."
Des oncles rapportent de l'argent. De loin. C'est la fête. Ils sont de retour. Beaux. Sapeurs. Comment vivre ? Les enfants sautent sur le taxi-brousse. Il y en a partout. Il courent, se collent aux vitres au risque d'être écrasés. Ils montent sur le capot. Ils se pendent au hayon. Ils passent les bras par la vitre. Ils crient comme un nuage d'oiseaux.
Préparatifs. Un chef, un peu falot. Dépassé par les événements. Sûrement pas l'autorité de l'aïeul. Tout change. Choisi par défaut. Déplaisait pas, plaisait pas non plus. Les conflits s'enveniment. Il ne crache pas sur le bakchich. Faible. A côté, il y a le petit gros malin, l'homme des combines. Un grand sec avec des dents en moins et une barbichette au vent, sage un peu sorcier. C'est lui qui donne des préservatifs. Un graisseux à moustache, opposé au chef, dont le cousin est à Lyon. Un simplet ramasseur de lézards. Un unijambiste cultivant de petits sillons près du puits.
Le père a un peu bu. Ils sont tous là, comme des imbéciles, devant la panne, attendant que l'image crépite à nouveau pour saluer les exploits des Lions indomptables. Dans trois jours, ça va crapahuter, quand passera la course. Gare aux enfants.
Avec les caricatures, la morphopsychologie, chacun s'interroge sur le fait de savoir si l'organe crée la fonction, ou la fonction l'organe. Des corps et des visages se contorsonnent tant, comme de vieux sarments, en épousant les traits supposés du caractère... Elle reste fascinée à regarder cette bande de joyeux drilles. Et combien de fois n'a-t-elle pas été terrorisée par les querelles autour de la source, les arrachages de cheveux ou les morsures des femmes jalouses ? Trop nombreux, trop d'enfants. Jamais elle ne le pensait jadis, parce qu'elle courait, faisait la folle, échafaudait des complots en groupe. Mais là : le va et vient. Les départs. La tristesse. Les médicaments donnent la vie, la vie donne la mort.
Les mets s'élaborent. On sent d'abord les odeurs. Et les bruits. Sons du bambou et de l'eau qui clapote. Grillades. Chacun soigne son allure. Même les plus vieilles sortent bijoux et anneaux, tissus, peintures. Les hommes aussi construisent leur montée au ciel. Des pieds à la cime, de grands arbres déplacent leur majesté. Ils racontent. Sans fête, plus de village. Les rythmes entrechoqués gonflent. Les danses frémissent. Nuit entière. Libations. Frénésies. Elle soupire, un peu à l'écart.
Demain, elle doit partir chez sa tante dans la banlieue de Dakar. Wolof. La chose est scellée. Elle pleurera. C'est acquis.
Des chiens-loups, des chacals hurlent au loin. Une myriade de petits sacs plastiques bleus s'accrochent aux fourrés d'épineux. Elle a un étourdissement de couleurs, violent. Elle se pose, cul par terre. Elle s'arrête. Elle tourne lentement. Elle ne voit pas le paysage.

5
Prophéties berbères

La grand-mère est repartie dans la montagne sèche, seule. Elle a marché, comme autrefois dans les chemins de pierraille, avec son panier. Ils n'ont pas pu l'en empêcher. Ils ont cru qu'elle voulait y mourir. Elle s'est retrouvée dans l'étendue désertique. Elle s'est assise, sans bouger. Elle y a passé la nuit. Elle est repartie avec le premier soleil, avant qu'il ne soit trop haut. Elle est rentrée.
Arborant fièrement ses tatouages, elle parle maintenant à sa fille, revenue pour un temps à la maison. Extraits :
"Ecoute ma fille, tu me fais de la peine. Tu es si pâle, si triste, tellement amaigrie... Il y a quelque chose en toi qui ne va pas. Je comprends beaucoup de choses. Et je vois que tu es mal. Tu es partie dans la capitale. C'est ton choix. Tu t'habilles et tu vis à l'américaine, c'est ton choix. (...)
N'oublie rien, ma fille. Tu vas voir les médecins de la tête. Les médecins n'ont pas tout trouvé. Ils ne trouveront jamais tout. Tu connais les herbes et les propriétés de la nourriture. Rappelle-toi des choses simples. L'homme et la femme ne sont pas identiques. La femme est réceptacle, nid. L'homme, c'est un dard. Il perce. Il te perce. Cueille, recueille et laisse-le chasser, s'arc-bouter, faire l'éperon. Maintenant, tout change, l'homme fait la femme et la femme fait l'homme. Pourquoi pas ? N'oublie jamais que c'est un jeu. (...)
Tu as la maladie des bureaux. Avant les gens avaient la maladie du corps, les douleurs du corps en travaillant. Ils souffraient de porter, tirer, creuser, cogner. Maintenant, c'est comme quand nos hommes ont arrêté la guerre et la chasse. Malades. Inutiles, ils ont bu. Ton corps ne souffre plus, ta tête le remplace. Garde-toi. Ne fais pas l'enfant gâté. Ne regarde rien comme normal. Profite. Plus n'est pas mieux, plus est différent. (...)
Tu es ici et tu es ailleurs. Vis à l'occidentale et à l'orientale. Stabilité, mouvement. Si ton foyer est stable, tu peux bouger dans ton travail. Si ton travail est stable, tu peux bouger dans tes amours. Ma fille, n'oublie jamais qu'on ne bouge pas dans tout, parce qu'alors on est perdue. Sois très berbère et très américaine. (...)
Profite, profite de chaque petit instant. C'est toi qui en fais des grands. Je ne veux pas que tu sois malheureuse. Je veux t'aider. Je ne veux pas que tu sois malheureuse..."
La fille s'étonne. Elle s'aperçoit que sa mère a beaucoup observé, qu'elle ne s'est pas enfermée sur son modèle de vie ancestral. Elle la respecte infiniment. Elle lui caresse la main : signe géométrique violet. Elle l'embrasse.


L'aiguille verte

Sous le signe de la chandelle verte. Une chandelle aux couleurs d'absinthe. Un petit lit et deux corps. Ils avaient bu. Surtout Antoine, de l'anis. Sandrine l'avait convaincu de lui montrer ses travaux infographiques. Elle était venue, très ponctuelle. Ils avaient bavardé. Ils glosaient sur le fait de n'être ni Picasso, ni Rimbaud, ni Janis Joplin, ni Maïakovski. Ils se sentaient une génération de l'après, du réchauffé, du "second-hand".
Ils avaient grignoté. Elle lui avait caressé la joue. Ils s'étaient embrassés. Elle lui avait dit "Deshabille-toi". Et voilà, deux corps l'un sur l'autre pour un appontage.
Antoine éprouve un immense plaisir à sentir cette corolle humide. Son corps bouge avec de petits cris comme celui d'un jeune chiot. Il est désordonné. Une goutte, une goutte tombe de son torse sur son sein gauche. Elle se replie comme une grenouille. Elle se replie sur son plaisir. Elle halète profondément et pousse des murmures d'écureuil. Il vient trop vite, ce jeune chien fou, avant qu'elle ait pu monter à l'éblouissement.
Deux corps se côtoient. S'embrassent.

Chapitre 2
La maison rouge

La maison rouge est le lieu pour bâtir et s'affirmer. Elle est le temps de la vie sociale.


Paris, le 18 août. Ils détestent tous deux les géraniums. En face, là où le rideau de dentelle se soulève parfois, sont posés deux bacs de géraniums rouges. Ces fleurs malodorantes s'avèrent persistantes. Elles survivent longtemps sur leurs feuilles épaisses. De la famille des géraniales, ce sont des plantes dicotylédones. Le géranium exhibe des fruits à déhiscence élastique. Il pue. Il encombre les balcons des mémés. Il obture l'oeil. On ne voit que lui. Il est sinistre et en plus il dure tellement longtemps qu'il est peut-être en plastique.
Quant à Platon, il a ceci de commun avec le géranium qu'il est persistant. Il cherche à fonder des principes moraux, des modes de conduite, non pas sur le choix individuels mais sur la science, avec des valeurs indépendantes des opinions humaines (l'Idée). Sandrine et Antoine débattent avec une fréquence redoublée d'une telle intangibilité de la vertu. Ils ne prétendent pas au savoir, ni tout comprendre à la culture du géranium, ni de Platon. Pourtant, lorsqu'ils prennent des décisions, ils --et n'importe qui-- se placent résolument sur un pied d'égalité. Alors, il ne leur semble pas que la vertu soit une, ni qu'elle s'impose, sinon les comportements humains n'apparaîtraient pas aussi terriblement disparates.
Ils --et la concommittance de leurs raisonnements s'avère touchante-- voient plutôt dans chaque individu un être pragmatique, mû par le contexte (personnel et social) et résolvant au plus simple ses situations. Ils veulent rechercher le plaisir, un plaisir maximum, polymorphe, éphémère, fragile, à renouveler. Attitude profondément égoïste, mais --ils y tiennent-- un égoïsme intelligent, c'est-à-dire un égoïsme qui prend en compte le fait que sa propre jouissance est décuplée par la jouissance des autres. Le retrait de la vie sociale ou l'excitation à faire souffrir autrui leur semblent de toute façon des pis-allers. Ils ne récusent pas pour autant l'isolement momentané. Ils ont acheté une banquette.
Ils habitent désormais ensemble. Un an a passé. A partir de deux, la vie en société commence. Ils ne regrettent en rien leur ancienne expérience solitaire. Antoine rappelle souvent le caractère destructurant que fut pour lui l'isolement. Attentes, ennuis noirs à tourner en rond, à ne rien pouvoir faire, désespoir, temps cancérigène, appels hallucinés du corps à toucher un autre corps, baver, rugir, se dire qu'on est anormal, violence. Sandrine l'avait vécu avec seulement de puissants coups de blues, à se racrapoter, à se léguminiser.
Pour l'heure, ils se gorgent l'un de l'autre. Cela fait plaisir à voir. Antoine s'est installé chez Sandrine. Il a apporté sa thèse, son balluchon et son ordinateur. Il tente de finir ses études et a pris un petit boulot d'aide maquettiste infographe. Sandrine continue à vendre des couleurs. Elle fut présentée aux parents Chevassus, qui lui ont trouvé des défauts, doigts trop gros, trop petite et surtout qui n'ont pas apprécié que ses parents soient quincaillers dans la province française. Lui a été présenté aux parents Murgio, à Moulins, dont le père est descendant d'immigrés italiens et la mère de famille paysanne. Ils l'ont trouvé un peu "intello". Bref, tout s'est passé normalement.
La normalité n'existe pas, comme la moyenne statistique. Creusons la bêtise, nous atteignons à l'insondable. Foutre des claques, des soufflets, des gifles, des beignes, à ceux qui ont des idées sur tout sans avoir jamais travaillé sur rien. Kikeriki. La barbarie guichetière. Bientôt la barbarie automatisée. Allons, au-delà. Dentelle de Calais. Vagues éclatées sur les rochers du casino de Granville, perches au beurre blanc. Souvenir d'anguilles en croûte avec cette odeur âcre des marais. Et lolo. Orange. Un ange. Lolo au miel. Hymen aux 3 g : gingembre / ginseng / gelée royale. Et grever. Fenêtres à meneaux. Mercerie. Orangina. Gloup...
La tante morte. premier contact avec la raideur. Un cadavre verdâtre, rongé. Cette irréalité diaphane, ivoire, dont chacun, les yeux rouges à force de l'observer, attend l'improbable dessillement. Une Ophélie léthargique. Les hauts montants de bois sombre cirés encadrent des draps blancs à l'odeur de sureau, pliés au cordeau. Des fleurs séchées dardent leurs épines le long du marbre gris d'une cheminée éteinte. Tout inspire le silence, la paix, s'il n'y avait ce visage rogue aux joues creusées, sculpture lisse de bougie éteinte. La mort ne prend véritablement son sens que dans la décomposition. Fraîche, récente, entre deux univers, elle reste insoutenable, parce que pas totalement crédible. Il ne faudrait voir les cadavres que dans l'après, dans l'horreur radicale, sans retour, dans le triomphe de l'organique. Là, le sommeil translucide, à fleur de peau, brouille la vue et déchire la pensée. Il crie sans cesse l'idée d'un retour. Il glace dans des bandelettes, imprégnées de fleur d'oranger et de gouttes de violette, une révolte sans débouché.
Retour de l'immersion. Comme d'autres jeunes, ils jettent leur géhenne et éprouvent leurs capacités d'insolence joyeuse. Ainsi, ils adorent se planter --indifféremment dans un quartier populaire ou dans un quartier chic-- à la terrasse d'un café pour regarder les passants. Ils commentent alors avec perfidie. A cette occasion, ils critiquent souvent l'admiration portée à certains créateurs : "Ecoute, vraiment, là, si tu photographies ou tu filmes, c'est pas le mec qui aurait du talent, c'est le sujet! Il arrive que le sujet ait un tel génie qu'il faudrait vraiment avoir de la purée dans les yeux pour ne pas en faire quelque chose..." Leur avis se modère en : "Il n'existe rien de plus débectant que le pittoresque".
gniac - coups - ugly - morsures - cheveux tirés - griffes - rape - battre - foutre - cul - casser l'os - tordre - junk - haleter - rugir - stridence - cingler - flash - couper - champi - vit - lâcher - tomber - lapper - garbage - zone - désordre
Ils se sont réveillés vers trois heures du matin. Ils ont parlé, parlé dans la chaleur. La lune est ronde. Sa lumière se fait aigre et crue. L'été, tous les bruits ressortent dans la cour, s'amplifient, parce que les fenêtres restent ouvertes. Il existe toujours un robinet qui goutte. Et ce couple à minuit dont la femme est égorgée. Elle est proprement égorgée. A peine rentre-t-il en elle qu'elle hurle à la mort. C'est une grosse femme proprette très sage dans des tailleurs canaris avec une petite voix polie. A minuit, elle défaille et se fait cochon truicidé. Cela crée une forme de malaise, d'autant qu'il n'existe aucune progression dans sa mélopée. Dès le premier coup de boutoir, elle se trouve au paroxysme jusqu'à ce que l'impétrant ait craché son jus de chaussettes. Là elle se calme, tandis qu'il pousse un grognement. Tout le monde peut dormir.
Ils ont l'habitude de tirer une gaze devant la fenêtre car ils ne tiennent pas à faire une exposition d'excavations et de sphyncters. Et puis cela les isole un peu lorsqu'ils chuchotent. Ils pensaient que le désir décroîtrait. Ils pensaient vivre une apothéose, puis, petit à petit, une lassitude inévitable. Le désir se modifie.
Le temps tue beaucoup de couples, car le petit matin n'est plus le petit matin, le lobe de l'oreille n'est plus le lobe de l'oreille. Chacun commence à regarder l'autre et à voir surtout ce qui ne va pas, puisque c'est précisément ce qui n'a pas été pris en compte jusque là. Chez eux, la passion s'est toujours assortie d'humour, de sens critique. Ils n'ont pas à brûler les idoles. Ils détestent la notion de bonheur. Ils aiment les contrastes.
Au petit matin, ils s'enlacent. Leurs corps trouvent une sorte d'automatisme. Ils changent leur souffle automatiquement. Ils sont excités par réflexe pavlovien. Ce sont des chiens de Pavlov. Ils s'encastrent doucement. Ils se sentent. Ils se hument. Ils se lèchent. Ils se pénètrent. Sandrine a un tatouage de tête de mort sur l'épaule gauche. Antoine s'est laissé pousser la barbiche. Il la frotte et la brûle. Elle est venue. Elle est ronde. C'est un tel contraste entre leurs deux corps. On entend les flocs de leur transpiration, de leur excitation. Ils sont collés. Elle lui masse la verge. Elle s'irradie. Il décharge maladivement. Ils se sont donnés, sans espoir.
Ils ne bougent plus. Ils s'endorment.

Paris, le 19 août. Du thé Earl Grey à la bergamotte. Du thé fort infusé avec beaucoup d'eau. Une sorte de décoction de thé. Sandrine préfère la baguette beurre, Antoine une pomme "pour se laver des péchés de la nuit", puis deux bananes "pour asseoir le thé" et accumuler l'énergie du jour. Ne pas penser. Ecouter les pigeons. Oublier les géraniums. Sentir le thé qui monte en soi, qui redonne un esprit comme une vapeur en expansion, qui clarifie les sens. Se poser, se débarbouiller, aller aux toilettes "pour évacuer les mauvais souvenirs" dans un corps étale. Penser, lire. Se toucher.
Et refaire l'amour.

Paris, le 20 août. Fin de XXe siècle (datation chrétienne), sur une planète auto-proclamée Terre. Chacun ordonnance le temps pour le contrôler. Chacun nomme pour s'approprier. Je te situe et je te désigne : tu m'appartiens.
Antoine et Sandrine, Sandrine et Antoine (elle préfère) se sont habillés. Ils vont au vernissage d'un client de Sandrine. Elle "trouve son boulot pas mal". Antoine est dubitatif. Il est tenaillé, sans surtout se l'avouer --lui dire, le plongerait dans des colères folles-- par un fond de jalousie. Il est agacé. Indéniablement agacé.
Ils marchent vers la rue Guénégaud, grande seringue et petite boulotte. Antoine a mis un pantalon jaune vif et une casquette. Grâce à des incursions chez les fripiers, il essaie de varier les genres, les assemblages vestimentaires, les codes en fonction des humeurs. Elle, elle a choisi une robe à pois blancs sur bleu, courte, avec des chaussures blanches à liseré noir plates. Un jeune a été enterré vivant, sans raison apparente, par un de ses copains dans la banlieue de Marseille. A Gif-sur-Yvette, un inconnu coupe à 1,50 m du sol tous les pommiers de la ville avec une scie égoïne. A Paris, un vernissage se prépare.
Il y a bizarrement du monde. Les invitations ont été adroitement lancées. La galerie possède un stock d'oeuvres historiques qui lui permet des courtages gratifiants. Elle s'insère dans un réseau de relations solide. Comme d'habitude, il s'agit avant tout de se parler, de saluer la directrice, de baguenauder avec untel ou untel, et notamment avec l'artiste.
Luc Journel présente des palissades taguées et certains rajouts d'objets du quotidien : "rapport de la rue à la vie individuelle", lit-on sur le carton. Sandrine aime bien, sans pouvoir expliquer davantage. Elle emploie le mot "poétique". Quand Antoine s'en moque, lui demande ce que cela veut dire, elle sort sa célèbre formule : "La poésie, c'est ce qui ne s'explique pas!".
Antoine, lui, estime tout convenu, fait et refait, moitié figuration libre, moitié art brut. Il trouve surtout que cela sent l'insincérité, la "fabrique" : "Ce Luc peut encore en réaliser des tonnes sur le même mode, à la demande. Il ne prend aucun risque. Il a dégotté son petit créneau, comme dans le business. Ca aurait pu être les robinets (il aurait été l'artiste des robinets), ou la motte de beurre, il s'agit des palissades... Il a opté après sondage d'opinion chez les critiques ?..."
La collision se produit, l'aigre-doux vire à l'acidité. Sandrine charge la première : "C'est quoi ton art sincère ? C'est quand la nana ou le mec giclent de la barbouille en étant alcoolique ou drogué ? --Non, mais il faut se mettre en danger. Je crois à la prise de risque. Ton mec, il risque juste de se prendre des échardes! --Et toi d'entrer dans le dictionnaire de la bêtise..." Sur ces propos acerbes, Sandrine part papoter avec Luc. Elle rit. Elle est ravie. Elle plonge ses yeux admirables dans ceux de son interlocuteur. Tout son corps semble accroché à ce regard, suspendu par lui. Elle a oublié la friction.
Antoine n'en peut plus de faire le pied de grue. Il ne connait personne. Il exècre cette atmosphère de volière "oua-oua" où il importe de faire du bruit, de se pavaner, de tenter de mépriser le voisin, sans en avoir l'air, par glissades, avec un humour nonchâlant. Il bout de plus en plus. Il a remarqué la vedette. Dès qu'il est entré, l'air n'était plus le même. Celui qui parle à la télévision. Un homme admirable, jamais en retard d'un indignation. A vômir.
Antoine en a marre. Marre. Il s'en va. Il rentre chez lui. Il est dans une rage gigantesque. Il se sent tellement en dehors, tellement rien.
Sandrine arrive finalement vers 2 heures du matin, un peu pompette. Elle est allée au dîner qui a suivi. Elle lui demande ce qui lui a pris. S'ensuit leur première engueulade, mémorable, durant une nuit entière.
Pendant ce temps, le fameux homme médiatique, parvenu, après un ultime verre au club, dans son appartement du VIIe arrondissement (au premier étage d'un hôtel particulier), a foutu à la porte sa dernière maîtresse et vient de donner une claque au chien. Sa prochaine émission est refusée; les dettes s'accumulent. Il est à bout de nerfs.

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