Pourquoi écrire aujourd’hui ?







télécharger 1.85 Mb.
titrePourquoi écrire aujourd’hui ?
page8/28
date de publication14.12.2016
taille1.85 Mb.
typeDocumentos
a.21-bal.com > littérature > Documentos
1   ...   4   5   6   7   8   9   10   11   ...   28

7
dégoulinade de bulles - bave chaleureuse - elle en mettait autant à côté que dans le citron - ça moussait et ça giclait - la cannette - quatorzième - son opulente poitrine oscillait imperceptiblement à mesure - son nez se pinçait - blanc cru - la fille n'était pas encore rentrée - elle avait claqué une partie de sa paye pour acheter des cerises rouges - avant la saison- elle venait de cracher deux noyaux vers la poubelle - jamais arrivés - elle se plia dans un rot pour poser la canette- autre cerise jetée dans le gosier - comme une cacahuette - rien ne suffisait jamais - frustration perpétuelle - il ne fallait pas commencer - commencer voulait dire continuer - ce qui était bon demeurait le passage, le passage dans la bouche et dans le corps - une fois descendu - le manque revenait - il aurait fallu évacuer et rééditer perpétuellement l'opération - transformer les organes en lieu de va et vient - les irriguer indéfiniment -
une cerise échappa de ses gros doigts avides - roula - roula - comme de bien entendu - sous une chaise - elle râla - elle traîna ses mules jusqu'au pose-fesses - le fit basculer - merde - pffff - un bol de soupe éclata sur le sol en giclant - pffff - elle récupéra le fruit impertinent - à genoux - pliée - contre la paroi - sous le radiateur - pffff - merde - elle entreprit - en virevoltant dans l'air avec ses bras - de se relever - elle jouait - à son corps défendant - à l'avion - eeeeessoufflée - elle chuta pesamment dans le vieux fauteuil déglingué dont un ressort sortait -
bordel de merde - putain - sa fille n'était pas rentrée - la garce - elle avait toujours été difficile - même quand son père était encore là - quel caractère - elle avait peur pour elle - qu'ils lui bouzillent pas ces salauds - toutes ces bites baveuses - ces suants de la fornique - qu'ils lui cassent pas - elle pleurait - rien - rien que les ménages pour vivre - avait reçu un formulaire - la pension alimentaire - nada - trop vieille la fille - bordel -
et plus de bière - merde - saleté de temps - toujours pareil - qui supporterait ça - fallait descendre le bloc - en mules - voir le grocer - l'était sympa - il s'en foutait comment elle était - lui avait même filé du café et des tomates pour une passe - c'était avant les ménages - quand elle avait rien - elle prit des clopes - dehors - ça s'affairait au tric-trac ou à chais pas quoi - de l'embrouille à fric pour se faire ratisser à tout coup - l'essentiel c'était l'affluence - fallait créer attroupement - l'attroupement attirait l'attroupement - les gosses déconnaient avec un rond de basket sur un lampadaire -
elle remit la télé - bizarre de l'avoir arrêtée - désormais - elle faisait très attention à ne pas oublier sa clef - elle avait connu le froid un jour - assise sur les marches - comme une conne à attendre que sa fille se radine - elle - la ptiote - elle gagnait un peu maintenant - vendeuse - vendeuse de montres de pacotille ou de hi-fi en toc - faut dire qu'elle tenait de sa mère - roulée - vraiment roulée - fière elle était -
là - photo instamatic - toc - couchée sur son lit avec une couverture donald - elle avait chaud et elle avait froid - elle pétait sans y faire attention - pourquoi elle rentrait pas - pourquoi - une clope - les roses de plastique clignotaient - sirènes - des cris - ça criait toujours à new york - tu savais jamais si c'était de joie ou de terreur - fallait gueuler - pisser - ah - pisser - se traîner - ça brûle - un jeu coloré se déroulait derrière l'écran - c'était ça - si tu crie pas - tu vis pas - elle avait plutôt la nausée - saperlipopette - fallait pas déclencher les grandes eaux - non - une cerise - halte à la grande dégelée -
ça sentait le goudron brûlé par la fenêtre - elle ferma - jsaipasquilcrame - elle décida de se passer les ongles au vernis rouge - elle avait du mal à peindre -
fallait que ça sèche - toujours rien - la météo - purée de pois - malgré la loustiquette qui se dandinait devant la carte fictive du continent - nyc - elle se faisait pas troncher dans une cave au moins la pauvre bibiche - des salauds - des vrais salauds ces queutards -
elle décida de se foutre des faux-cils -

oh l'engeulade - mais elle avait rien à dire - elle la menait comme elle voulait sa vie - putain le mal de crâne - elle avait le droit d'aller écouter de la musique avec les copains - le délire - spanish harlem - ils étaient sortis - partie bosser - la mater - ouf - le calme - la musique qu'explosait - et la clope qui qui brûlait - qui desséchait -
à tanger - la moukère fardée buvait du lait de békélélé - aïe-aïe-aïe - souris blanche et bas noirs - t'as les glandes en bas du dos quand tu fais le trottoir - arrive pas à mdégager du plumard - une beigne et deux chataîgnes - faut qutu tplaignes quand jte saigne - raaaf - debout -
elle s'étira - de sale humeur - pourquoi prendre du rhum - sa montre sur la commode blanche toute écaillée - elle devait la peindre en vert depuis pétaouchnoque - saint pétaouchnoque -
bella donna - premier amour - enfiler le jean - presto - pourquoi t'as laissé tes bijoux sur la riviera - papa - ne vous en déplaise - j'ai soulevé une antillaise - lait au café - l'heure - l'heure - des conneries - carmencita des faubourgs - grigri de mon premier amour -
choper le métro - elle courait - en nage - rien dans le ventre - en faisant gigoter ses doudounes - yzétaient arrivés vite ceux-là - matous mateur à mater pour amateurs - eh - connard - t'as jamais rien vu - saloperie de métro qui se barre - s'asseoir -
dans la rame - six personnes - en face - sans se regarder - la porte du fond à gauche claque - métal en concurrence avec la fureur des grondements du convoi - une femme surgit du wagon d'avant - court - affolée - traverse en regardant en arrière - disparaît dans le wagon suivant - silence - personne ne bouge - elle est noire - ya que des blacks - un homme bouscule la porte et effectue en un éclair le même manège - silence - au bout d'un temps terrible - la porte se volatilise et pénètre un monstre - un coup sonore et un frottement d'abord - il faut baisser les yeux - cul-de-jatte - tête vitriolée - freak - masse de chair renversante - qui n'est rien - ni homme - ni bête - ni cadavre - ni blessé - et la porte claque - d'une main il s'appuie - de l'autre il cogne un fond de conserve - pour mendier - tandis que ses moignons frottent un par un sur le sol en avançant. - il traverse - bam - ssshhhiiittt - bam - ssshhhiiittt - bam - ssshhhiiittt -
personne ne donne - il passe au wagon suivant - personne n'a rien dit - personne n'a bougé - silence - bronx - le tunnel est fini - métro aérien -
brrr - changer d'optique - atroce - changer - c'était con sa collection de porte-clefs - il l'avait prise et elle s'était laissée faire - elle en avait envie - elle avait goûté du vin rouge - ses parents étaient portoricains - ils soufflèrent - s'essoufflèrent - torsions - pincements - chaudes caresses - claques - elle aimait ces claques - ne savait pas trop - un peu peur en fait - rentré - entièrement rentré - il l'avait déchirée - abasourdi - il poussait comme un marteau-piqueur - brusque - par réflexe - elle essayait de tourner autour de sa bite - comme un savon - il éjacula - spasme bref - il sortit - ils regardèrent le plafond - sur ce petit lit - ils fumèrent - ils s'assirent sans parler sur des chaises de chrome et de rouille tendues-détendues de fils de plastique rouge - ils finirent un hamburger froid - reprirent du vin - du rock gras - de la dope - elle ne le revit plus -
il fallait descendre - c'était la station de la boutique - petit matin - barbouillée - allons-y pour la pacotille - ce salaud de petit patron de merde lui laisserait quand même prendre un café - coffee-shop du corner à l'odeur d'oeufs et aux pots bouillonnants de liquides noirâtres -

le lavabo pleurait goutte à goutte - la porte resta fermée tout le jour durant - encore seule - saleté de dimanche - elle l'aimait sa fille - la pauvrette - s'emmerder - attendre - elle n'attendait même plus vraiment - elle ne s'emmerdait plus - le temps passait - neutre - de la boxe - de la boxe à la télé - la vaisselle resterait figée - en tas - une lampe de chevet - posée à terre - offrait en permanence une faible clarté - les rideaux demeureraient fermés - à quoi bon regarder dehors - se faire gifler par le jour - autant rester dans son cocon sombre - les autres - on leur chie dessus - les séquences du combat - la succession des plans - dessinaient des lueurs passagères et fantomatiques - un magazine chuta - il tomba sur la vieille moquette vert décoloré - il n'en bougera plus -
des bruits - des cognements sourds - des paroles incompréhensibles - se rapprochaient - résonnaient dans la cage d'escalier - s'éloignaient - se multipliaient - s'espaçaient - des pas surgissaient - disparaissaient - montaient - descendaient - s'arrêtaient - semblaient venir d'autres couloirs -
le réveil tiquetait en n'oubliant aucune seconde - par intervalles - l'eau descendait dans les canalisations en bouillonnant - elle devenait plante - ou plutôt pierre - en cours de minéralisation - elle atteignit le degré zéro de la pensée - l'absence - extra-humaine - sans temps - sans effort - sans mouvement - sans variation - comme certains rêvent l'au-delà de la mort - le rien éternel - comme certains cherchent à copier la catalepsie - ailleurs - nulle part - être là - mais disparaître -
elle avait disparu - les voitures vrombissaient - un oiseau perdu cognait involontairement à la vitre - rien -
on frappa à la porte des coups violents tout en actionnant la sonnette stridente - "police" - gueulaient les intrus - elle eut un voile devant les yeux - un vertige - cogna un cil sur la paupière - elle tituba - ankylosée - jusqu'à la porte - ouvrit les verrous -
"vous vivez seule - vous avez des armes" - elle n'avait pas le temps de répondre - ils fouillaient - elle était pieds nus en chemise de nuit - ils s'en foutaient - "vous travaillez - c'est quoi çà" - elle était perdue - "vous connaissez - où étiez-vous ce matin à 8 heures - mmmm - ici" - ils regardaient sous le lit - elle se sentait lessivée - ils lui demandaient un papier administratif - elle remuait tout sens dessus-sens dessous - elle s'angoissait sans parvenir à coordonner le moindre mouvement - à six - ils remplissaient la pièce - leurs mains maniaques tripotaient - se glissaient - polluaient - leurs ombres zébraient le plafond de lourds nuages mobiles - menaçants - l'un d'eux fit tomber la lampe qui se mit à éclairer violemment - à éblouir - un autre s'évertuait à démonter un patin à roulettes qui traînait là - "où est l'autre - t'as du shit - de la coke - héro" - elle paniquait - "c'est quoi ton boulot" - ils partirent -
elle alla fermer la porte - elle s'écroula sur le lit. - c'était le bordel - elle ne toucherait à rien - elle tremblait - ça sentait la sueur - l'homme - un viol - souillée -
elle fixa les veines noires des fentes du plafond - elle ne bougera plus -


plusieurs mois passèrent - un blanc traumatique - une désagrégation - elle ne s'était pas remise de cette incursion - elle buvait sec - tapinait occasionnellement - sans tapiner - absente - étrangère - ne voyant même pas les mecs - les préférant brutaux - rapides - éjaculations précoces - silencieux - surtout silencieux - no comment - comme cela devait arriver - sa fille partit - tout se délitait - junk - voilage de corbeaux noirs -
l'italien était lourd - elle ne le sentait pas - il bandait mou - elle accueillait n'importe quoi -- il était laid - elle ne le regardait pas - il suait en s'affairant - elle suait aussi - quelques mots - des billets glissés sous l'aquarium - il descendit -
il repartit vers ses cuisines - fumant - haletant - sa gorge restait toujours encombrée - râclant à l'aller et au retour pour chaque respiration - comme si des nids-à-poussière passaient à grand'peine à travers le conduit d'aspirateur - il effectua quelques ellipses dans son parcours pour rentrer à la nuit tombée vers l'arrière-office glauque de son petit restaurant napolitain - il restait cloîtré près des fourneaux - seul - n'apparaissait jamais de l'autre côté - dans l'espace public - les néons faisaient régner des halos froids et ternes de lumière - les murs avaient jaunis - tout s'était recouvert d'une couche épaisse et poisseuse de gras -
la cuisine du soir n'avait plus rien à voir avec celle de la journée - la fraîcheur solidifiait les lipides - figeait les parfums - faisait suinter les carreaux - la grâce entrait en décomposition - il n'y avait plus d'espoir - les figues et les coloquintes pendouillaient - molles - efflanquées - pressées - sans avenir - c'était la vieillesse - la lune - aux reflets métalliques - fossilisait les légumes - torchons en suaires - ballets de paille de riz électrique - saucière aux relents cadavériques d'un brouet opaque - et lorsqu'un feu bleuté demeurait sous une casserole - comme un ouistiti diurne - pale corolle reconstituant - telle une parure royale - les rondeurs célestes - petites dents grignoteuses - toujours égales - au souffle extatique - il demeurait la pauvreté glauque des fours éteints pour inciter à la crainte -
il finit par s'affaler sur une chaise de paille - et à dormir pesamment la tête sur ses bras - ses bras sur le dos raide de l'utilitaire mobilier - celui qui était là sans-jamais-que-ne-soit-posée-la-question-de-la-raison-de-sa-présence - il dormait - boutique fermée - porte close - collègue parti - silence obtenu - feux oubliés - il dormait - comme un pauvre hère - coeur titubant de bulles d'eau de vie - bulles d'eau de mort - laissant des trous d'angoisse dans son boum-boum régulier - extrasystoles piquant des sprints et s'absentant brutalement pour ne reparaître qu'après suffocation passagère - il attendait le matin - coma vômissures - songes agités fantasmagoriques - résurrection surprenante où il serait à nouveau là - et pourrait reconstruire une apparence d'espoir - avec les goûts et les couleurs de ses désirs -
bardé de linge propre fourni par la voisine qu'il dédommageait - il se lèverait - secouant sa tristesse - gommant son marasme - s'efforçant de considérer sa balourdise comme une bonhomie -
définitivement - il aimait - avec une joie enfantine - choisir ses légumes -
l'immeuble ne perdait pas son odeur de peinture fraîche et l'ascenseur de plastique - pourquoi la peinture lui rappelait-elle des sensations sensuelles - impossible de faire remonter la pointe orangée de ce désir d'envol - elle avait oublié de regarder le courrier - tant pis - elle était seule - plus de latino - s'étaient quittés peu de temps après qu'elle fut partie de chez sa mère - vie insupportable - se protéger - s'isoler - oublier la dégringolade familiale - des factures - toujours des factures - ou des publicités - 37 ème - 5ème porte - faire couler un bain - le luxe - sortir de la flotte - de l'eau froide - du boulot - pour rentrer dans l'eau chaude - et perdre son temps - paresser - dehors - alignements de couleurs disparates aux fenêtres - remue-ménage des téléviseurs - rectangles de nuit -
la pluie cognait encore - rentrer dans l'eau - quelle vulnérabilité - dans l'eau - à merci - offerte - la saisissait toujours une trouble angoisse - celle d'une agression subite - sauvage - poignard - strangulation - dard - c'était trop beau - repos -
il fut temps de s'extirper - accepter le déchirement - sortir de ce cocon - se dresser à découvert dans les vents coulis - savonner - frotter - s'agiter - pour savonner - le gros gant faisait alors mousser les trainées blanchâtres - elle tatouait sa peau - elle devenait gonflée - tendue - élastique - poils électrisés - têtons dressés - elle regardait son corps - le sentait - elle l'aimait - une légère chair de poule - raffermissait les tissus - comprimait les cellulites - détachait une silhouette d'airain sur les carreaux blancs - là - devant - dans la glace pâle -
elle avait peur des informations - n'écoutait même pas la radio - elle vivait en repli du bruit - elle voulait être ignorée - ignorait - peut-être des assauts aux fontières - des pillages de bandes venues d'ailleurs au coin des rues - fallait pas trop montrer les vitrines allumées - jour et nuit - elle s'enfermait - foetus silicosé racrapoté dans un bain au formol - plus jolie quand même -
un jour - il lui faudrait ressortir -


La 404 noire roulait vers la banlieue. Le père d'Antoine conduisait pour cette sortie traditionnelle du début de dimanche après-midi. Solange était assise à droite de son mari, à la "place du mort". Antoine et Géraldine papotaient derrière. Parfois ils se contorsionnaient pour voir dehors un type ou une bonne femme qui avaient une sale gueule.
De temps en temps, le père, tout en vaporisant fébrilement des gitanes dans l'habitacle, insultait un conducteur, surtout s'il s'agissait d'une conductrice. Ce à quoi la mère, qui ne conduisait pas, acquiescait. La voiture fantôme avançait en transportant quatre bustes songeurs. Il faisait gris. Les nuages se décalaient, puis se retrouvaient. Les vieux arbres, chargés de suie, s'ébrouaient avec circonspection devant les devantures mortes de petits commerces égarés dans les replis du tissu urbain. Un cinéma ou une terrasse de café formaient abcès de fixation. Des zones entières étaient détruites et contenues derrières des palissades couvertes d'affiches. D'anciens relais de poste lézardés restaient plantés sans raison à un carrefour désert. Parfois une usine de brique rouge dressait sa cheminée crachant un râle noir et rebondi vers le ciel. Des grilles, des parallélépipèdes couverts de crasse. Des villas serrées frottaient la chaleur de leurs petits jardins. Des baraques en planches abritaient les derniers maraîchers en goguette et leurs cloches à salades. Linge au vent, ménagères, kiosque et affichette énigmatique ("Hara-Kiri, journal bête & méchant"), boulangeries avec des flans, du coco, du zan, des malabars, des tartes aux pommes, des religieuses, des bâtons et des rouleaux de réglisse, des car-en-sac, des pochettes-surprises, des baguettes et des bâtards. Les boucheries étaient à petits carreaux rouges. Les églises, noires dans un univers sans centre et sans périphérie. Peugeot s'écrivait en lettres lumineuses Geugeot et Esso brillait comme 3sso. Etrange cacophonie lettriste.
Monde éventré. Antoine et Géraldine pensaient au Bourget, aux avions qu'ils étaient allés voir. Repartis, ils avaient vômi toute la nuit des saucisses de Strasbourg écarlates. Les arbres noirs de chaque côté de la route. Les phares parfois s'éteignaient. Se garer prestement, râler, descendre de voiture et suivre les conseils du garagiste : taper dessus avec une quille pour supprimer le faux contact. Repartir. Maudir le mécanicien, mais continuer à le voir.
Le retour. Ca sentirait le gaz de voiture, surtout aux feux rouges. Les surfaces commerciales feraient cligner leurs enseignes. Réverbères. Antoine serait aussi triste qu'un vieux salami oublié près d'un oeuf sur une grille de frigidaire. Il faudrait encore bâcler les devoirs et les leçons. Toujours l'éternel traintrain. Dimanche soir.
Une femme fermait ses volets en robe de chambre, une cage à canaris sur une desserte et la pendule dans le fond. Elle était entourée de mouches. Un banc et un monument aux morts. L'auto prit des rues plus petites. Elle tournait et retournait. Des arbres fruitiers torturés. Bientôt, on allait retrouver Grandma. La nuit, chez elle, les sirènes hululaient. Antoine se levait pour regarder au loin, à travers les vitres. Dans le monde endormi, sombre, glauque, l'appel des "trois huit" intriguait comme une déclaration d'incendie. La banlieue criait de façon nocturne, tandis que la ville essayait à midi, le premier lundi du mois, ses haut-parleurs. Quelles guerres étaient donc à l'oeuvre ?

1   ...   4   5   6   7   8   9   10   11   ...   28

similaire:

Pourquoi écrire aujourd’hui ? icon1 Pourquoi croire est-il devenu difficile ?
...

Pourquoi écrire aujourd’hui ? iconAujourd’hui : Le caes

Pourquoi écrire aujourd’hui ? iconL’exposition intitulée «Les cultures d’hier et d’aujourd’hui au Québec»

Pourquoi écrire aujourd’hui ? iconConservateur(trice) de l’art québécois et canadien (de 1945 à aujourd’hui)

Pourquoi écrire aujourd’hui ? iconL’essence de mb&F, l’esprit Can-Am
«tout était permis» aujourd’hui disparu et qui aurait célébré ses 50 ans en 2016

Pourquoi écrire aujourd’hui ? iconAujourd'hui, l'apparition de travaux fondés sur les technologies...

Pourquoi écrire aujourd’hui ? iconSurtout ‘’La jeune Tarentine’’, ‘’La jeune captive’’
«Rien n'est fait aujourd'hui, tout sera fait demain.» Anticipation et procrastination l'habitèrent toujours

Pourquoi écrire aujourd’hui ? iconOn distingue trois types de focalisations
«Beaucoup de personnes se donnent encore aujourd'hui le ridicule de rendre un écrivain complice des sentiments qu'il attribue à ses...

Pourquoi écrire aujourd’hui ? iconVous êtes engagée sur la scène artistique depuis les années 70, avec...

Pourquoi écrire aujourd’hui ? iconExposition exceptionnelle des peintures d’Aksouh et des bijoux sculptures de Philippe Moallic
«Aksouh, Jardin des toiles»,(Imagenèse Paris). Aujourd’hui, IL vit et travaille toujours à Ivry-sur-Seine







Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
a.21-bal.com