Surtout ‘’Le don de Humboldt’’ et ‘’Ravelstein’’







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André Durand présente
Saul BELLOW
(États-Unis)
(1915-2005)

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

qui sont résumées et commentées

(surtout ‘’Le don de Humboldt’’ et ‘’Ravelstein’’).

Bonne lecture !


Fils d'Abraham Belo, un juif orthodoxe de Saint-Pétersbourg qui avait étudié le Talmud, joué du violon et vendu des oignons d’Égypte avant d’émigrer en 1913 au Canada, il est né dans la banlieue de Montréal (Québec), à Lachine, au 130 de la 8e Avenue (la bibliothèque de la ville porte son nom depuis 1984). Lachine se trouve, de l’autre côté du Saint-Laurent, en face de la réserve iroquoise de Kahnawake, et Saul Bellow évoquait ce souvenir : «Quand j'étais enfant à Lachine, une jeune fille de Caughnawaga [orthographe ancienne] passait par le pont pour venir prendre soin de moi. Quand elle me faisait manger, m'a raconté ma mère, elle mâchait bien la viande avant de me la mettre dans la bouche. C'est à cause de cela que j'ai réussi dans la vie !» Il était le benjamin, le seul à être né dans le Nouveau Monde, et son enfance fut choyée. Mais son père entendait lui donner une solide éducation religieuse, et il grandit donc dans la tradition juive la plus stricte, corrigée cependant par la vie de la rue. De cette double exposition, il retira toutes les richesses possibles : il observa la tradition avec l'oeil de la rue et analysa la rue avec l'esprit du talmudiste en herbe. Il en retira aussi la connaissance de quatre langues : le yiddish qu'il parlait à la maison (ses parents parlant le russe entre eux), l'hébreu qu'il apprenait au « heder », l'anglais et le français qu'il entendait dans la rue : «Je ne savais pas quelle langue je parlais. Je ne faisais pas de distinction. Je disais seulement les mots appropriés à ceux à qui je m'adressais. J'étais confiant en qui j'étais. C'est ainsi que j'ai vécu.» Aussi a-t-il pu dire être né du « melting pot », d’une société métissée de vieilles cultures européennes qui se croisaient à Lachine sur les chantiers de la ‘’Dominion Bridge’’ (les ouvriers étaient ukrainiens, russes, hongrois, grecs, siciliens... ). Il a appris le monde comme une société cosmopolite. 

Après la mort de son père (qui n'était guère armé pour les affaires, fit faillite dans toute une kyrielle de métiers, fut même « bootlegger »), la famille s'installa en 1924 à Chicago, celui d'Al Capone, qui allait rester « corps et âme » sa ville. Ce fut un choc pour lui, alors âgé de neuf ans, car, ainsi qu'il l'a raconté dans un entretien accordé au ‘’Monde’’ (le 18 janvier 1982), tout « était plus grossier, plus grand, plus bruyant ». Ce fut au milieu de cet écrasant « magma urbain», dans la puanteur des abattoirs et les fumerolles des hauts-fourneaux, que l'adolescent, dont le romancier favori était Gogol et ses âmes mortes (ce qui explique que, dans tous ses romans, on trouve une scène funéraire, un oratorio de sanglots, qui se termine chaque fois par une esquisse de danse, un hymne à la vie), en pleine crise économique, se toqua du projet « donquichottesque» d'être l'interprète du cœur humain et de la petite musique de ses émois. Au fond, c'est, avec quelques variantes, son histoire que son romancier de fils n’allait cesser de raconter.

En 1932, le décès de sa mère alors qu'il avait dix-sept ans fut pour lui un choc émotionnel très profond.

En 1933, il entra à l’université de Chicago, où il étudia la littérature. À titre de conseil amical, le directeur du département d'anglais de la faculté lui indiqua qu'il valait mieux pour lui oublier tous ses projets d'études du langage : «Aucun Juif ne peut véritablement comprendre la littérature anglaise traditionnelle. »

Deux ans plus tard, il passa à la ‘’Northwestern University’’ de Chicago où il obtint un diplôme d'anthropologie et de sociologie. Puis il poursuivit ses études en anthropologie à l’université du Wisconsin. Dès 1937, cependant, il les abandonna parce que, confia-t-il, « chaque fois que j'essayais de travailler à ma thèse, je me retrouvais en train d'écrire une nouvelle de plus. » Il décida de devenir un écrivain. De plus, pendant les vacances de Noël, il tomba amoureux d’une sociologue nommée Anita Goshkin, l’épousa et revint à Chicago.

Il participa au programme de la ‘’W.P.A.’’ (‘’Works progress administration writers’ project’’), l'agence soutenant les écrivains mise en place par Roosevelt, enseigna au ‘’Pestalozzi-Froebel teachers' college’’ de Chicago, et rédigea plusieurs monographies d'écrivains célèbres pour l'’’Encyclopaedia Britannica’’ comme responsable du secteur des "Grands classiques de la littérature".

En 1941, il fit paraître dans ‘’The partisan review’’ sa première nouvelle, “Two morning monologues”. Alors influencé par le groupe d’intellectuels trotskistes animant cette revue, il rejeta le modèle du « tough guy », du « dur », cher à Ernest Hemingway ; en reléguant les rituels de la chasse, de la pêche au gros ou de la tauromachie au rayon des accessoires palliatifs de l'angoisse, il refusait un code coulé dans le moule puritain du XIXe siècle et refaçonné par les blessures et les désillusions de l'après-première guerre mondiale. Par ce défi direct lancé à Ernest Hemingway, dont la stature écrasait alors, depuis vingt ans les lettres américaines, il montra sa détermination à ouvrir de nouveaux territoires à l'imaginaire, à aller vers des horizons culturels différents : Nietzsche, les conflits œdipiens, la culture populaire, l'héritage des juifs russes.

Il eut un premier fils, Gregory, et il allait en avoir deux autres du premier de ses quatre mariages.

Son expérience lors de la Seconde Guerre mondiale, où il servit dans la marine marchande (1944-1945), lui inspira son premier livre :

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‘’The dangling man’’

(1944)

‘’L’homme de Buridan’’ puis ‘’L’homme en suspens’’
Roman
C'est le journal intime d'un certain Joseph (K?) qui est au chômage, se morfond, seul dans une chambre, ne sachant que faire de la vacance de ses jours : « Les durs trouvent à leur silence des compensations ; ils pilotent des avions, descendent dans l'arène combattre des taureaux ou partent en mer à la pêche au gros alors que moi, je quitte rarement ma chambre. » Dans les années trente, il avait cru au rêve communiste. Puis il y eut les procès de Moscou et il perdit sa « grande illusion ». Orphelin de l'Histoire, il n'a plus de maître-récit qui donnerait un sens à sa vie. Et, du coup, il laisse affleurer, désormais sans les censurer, ses états d'âme alors qu’il attend son incorporation dans l’armée et que, par phobie des « problèmes sérieux », il se passionne pour la tauromachie.
Commentaire
Saul Bellow définissait les tensions intellectuelles et spirituelles de beaucoup de jeunes Américains à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, leur sentiment d’impuissance et d’aliénation. Il s'élevait contre une société qui ne peut tolérer la marginalité. Freud et Dostoïevski (le roman étant quelque peu inspiré des ‘’Notes sur le Souterrain’’) remplaçaient Marx dans le paysage.

Le livre fit date.

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En 1946, Saul Bellow quitta Chicago pour commencer une carrière de professeur de littérature qui le mena d'université en université (Minnesota, New York, Princeton et Porto Rico) jusqu'en 1961, date à laquelle, désabusé et déçu par les controverses politico-intellectuelles qui agitaient New York, il revint à l'université de Chicago.

Toute sa vie, il allait donc rester fidèle à la ville de son adolescence, celle où « le fils d'immigrants juifs qu’(il) étai(t) conçut un jour l'idée qu'il serait un jour un écrivain américain »,

celle qui devint la plus présente dans les ouvrages, celle à laquelle son nom reste indissociablement lié, celle qui demeura jusqu'à la fin « le lieu privilégié de (ses) émotions les plus profondes et de (ses) attachements les plus puissants. » Cela ne l’empêcha pas de déclarer au ‘’New York Times’’ : « Les gens de Chicago sont très fiers de leur rudesse. Ils ont de bonnes vieilles conduites vulgaires, en dépit de leur prétentions. » - «En dépit de ses côtés barbares et de son histoire perverse, Chicago est la ville américaine par excellence, un mélange caractéristique d'industries lourdes, d'immigrants frustes et de scènes brutales associées aux luttes contre le capitalisme. »

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‘’The victim’’

(1947)

‘’La victime’’
Roman
C’est le portrait d'un journaliste juif de New York et de son double antisémite.

Commentaire
Le livre, qui analyse les rapports entre les juifs et les gentils ainsi que ceux du persécuté et du persécuteur, histoire paranoïaque nourrie aux scènes réalistes de la vie à New York, est aussi sombre et désenchanté que le premier. Le héros ne fait rien pour remédier aux problèmes de son aliénation.

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Les deux premiers romans de Saul Bellow reçurent un succès d'estime parmi les intellectuels, sans lui apporter la notoriété. À cette époque, il se servait de l'écriture romanesque comme d'un outil : l'écrivain étant pour lui « un historien imaginatif capable d'appréhender le fait social mieux que n'importe quel sociologue », ces romans lui permirent d'acquérir la reconnaissance dont il avait besoin, « de (se) faire entendre de l'establishment littéraire, de montrer de quoi (il) étai(t) capable

Il récolta très vite les fruits de son travail sous la forme d'une bourse Guggenheim, et partit vivre deux ans à Paris. Il profita de ces années de liberté pour abandonner deux manuscrits presque terminés et se lancer dans l'écriture d’un troisième roman qu’il continua dans diverses autres villes, « pas un traître mot n’ayant été écrit à Chicago », indiquera-t-il plus tard :

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‘’The adventures of Augie March’’

(1953)

‘’Les aventures d’Augie March’’
Roman
À Chicago, Augie est un jeune juif, orphelin et pauvre dont la famille a émigré à Chicago avant la crise économique. Sa mère est presque aveugle ; George, son frère cadet, est un retardé mental ; son frère aîné, Simon, veut devenir riche le plus vite possible. Quant à lui, il explore les coins et les recoins de Chicago, sa vie étant faite de petits boulots instables et d'aventures. Ses employeurs sont aussi bien l'agent immobilier Einhorn, Mrs. Renling, propriétaire d'un magasin chic pour hommes ou d'autres personnages hauts en couleur, énergiques, obsédés par le sexe, par l'argent ou par les deux. Dans sa quête pour découvrir le moyen d’acquérir du pouvoir, il n'arrête pas de se faire « adopter», de passer d'un maître à un autre et d'emprunter une nouvelle défroque. Mais il ne trouve partout que mensonges et se demande pourquoi il tombe tout le temps sur des « théoriciens ». Il finira par les refuser tous et, après avoir parcouru les États-Unis, le Mexique, l’Europe, émerge à la fin du roman, seul, s'acceptant tel qu'il est, le roman se terminant par son grand rire plein de vitalité.
Commentaire
Saul Bellow y opéra une nette rupture avec ses oeuvres précédentes car c’est un roman picaresque débordant de force et de vitalité, à la structure ouverte, qui narre les expériences un peu incohérentes du héros dans sa quête de la compréhension de soi. C’est aussi un roman d’apprentissage où, tel un autre orphelin, le célèbre Huckleberry Finn de Mark Twain, le personnage «américain» par excellence, Augie était un « Huck Finn » qui aurait parlé yiddish à la maison, et qui osait faire valoir ses titres au legs américain. Pour les enfants issus de l'immigration, cette déclaration sonna comme une prise de la Bastille. Saul Bellow fit aussi sortir le roman américain de la claustration pour le faire aller « sur la route». C’est aussi un hymne à la vie urbaine, qui sait éviter la sentimentalité. Avec ce troisième roman, Saul Bellow trouva enfin sa voix, sa langue (un anglais aux inflexions yiddish parfaitement adapté aux spéculations morales et philosophiques auxquelles il se livrait), un style spontané et humoristique.

Ce fut son premier grand succès et il obtint le ‘’National book award 1954’’.

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Le succès des ‘’Aventures d'Augie March’’ lui attira les foudres de l'«establishment » littéraire « wasp » (white, anglo-saxon, protestant), qui sentait vaciller son autorité sous les coups des jeunes écrivains issus des minorités juive et noire.

Quand Saul Bellow revint aux États-Unis, il s’établit à New York et devint rapidement un membre actif de la ‘’Partisan review’’, un cercle d’intellectuels juifs.

Il publia en 1953 ‘’Great jewish short stories’’.

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‘’The wreckers’’

(1954)
Novella
C’est une journée dans la vie d’un «loser».
Commentaire
La novella était accompagnée de trois nouvelles et d’une pièce en un acte.

En 1964, l’ensemble fut adapté pour la télévision.

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‘’Seize the day’’

(1956)

‘’Au jour le jour’’
Recueil de nouvelles

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‘’Au jour le jour’’
Nouvelle
Tommy Wilhelm, juif américain de New York, âgé d'une cinquantaine d'années, se remémore une vie d'échecs successifs. Il a interrompu ses études pour commencer à Hollywood une carrière ratée ; il s'est séparé de sa femme, apportant le malheur à celle-ci et à leurs enfants ; il a perdu sa dernière situation par amour-propre. Poussé par la foule de Broadway dans une chapelle funéraire, alors qu'il est à la recherche de l'homme qui l'a berné, il trouve enfin, dans une sorte d'extase mystico-sentimentale, « la satisfaction du désir ultime de son cœur ». Au terme d'un parcours aliénant et médiocre, il se retrouve en train de pleurer sur le cercueil d'un inconnu.
Commentaire
La nouvelle fut adaptée pour la télévision en 1987.

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‘’Un futur père’’
Nouvelle
Un Américain moyen qui se rend chez sa fiancée voit avec horreur dans son voisin de métro, bourgeois rose et suffisant, l'image du fils qu'il aura, s'il se marie. Il oublie heureusement, en retrouvant l'élue de son cœur, cette révélation cruelle.

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‘’À la recherche de Mr. Green’’
Nouvelle
À Chicago, au temps de la crise économique, un professeur au chômage connaît des tribulations dans un univers kafkaïen.

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‘’Les manuscrits de Gonzaga’’
Nouvelle
En Espagne, un Américain cultivé qui est à la recherche de son poète préféré subit des déceptions.

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‘’Le démolisseur’’
Nouvelle
Un couple, chassé de son appartement par les démolisseurs, se trouve amené à remettre en question son bonheur.

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Commentaire sur le recueil
Les sujets et les milieux traités sont différents, mais les personnages se ressemblent et sont tous apparentés aux héros des premiers romans de Saul Bellow : des êtres vaincus par la vie, malheureux dans la métropole moderne, à la recherche d'une vérité et, sous leurs dehors médiocres, profondément attachants. Il y a du Roquentin, on l'a dit, dans ces petits-bourgeois américains si peu conformes à l'idée que l'on se fait de leurs compatriotes, et si proches de leurs frères d'Europe.

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En 1956, Saul Bellow épousa Alexandra Tachacbasov. Ils eurent un fils, Adam, mais se séparèrent après seulement quatre années d’union.

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