L’héritage des deux dernières décennies, quelques constats







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date de publication17.12.2016
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Judith Shan
Candidature pour les élections municipales de mars 2008

à Boulogne-BILLANCOURT
 

Parce qu’il n’y a pas de fatalité du vote à droite à Boulogne-Billancourt.

Parce que pour gagner les élections, il faut se placer sur le terrain de la droite et non se contenter d’un discours de diabolisation dont on a pu récemment éprouver les limites, je souhaite présenter une équipe renouvelée et travaillant avec des méthodes basées sur la consultation et l’implication des membres de la section dont elle procédera.
Pour cela, j’inviterai s’il y a lieu, après le 5 octobre et la désignation par la section de la tête de liste pour les municipales, les membres de la section désireux de porter des actions concrètes à venir débattre des points proposés dans ce programme afin de déterminer ensemble les priorités que le PS à Boulogne-Billancourt souhaite mettre en avant. Et c’est ensemble que nous composerons à cette occasion notre liste.

Quel projet pour l’équipe?
         Nos socialistes ont fait du bon travail. Mais la vision égalitariste et l’idéologie du rapport de force entre riche et pauvre est aujourd’hui dépassée. S’il existe des inégalités structurelles de départ dans la vie, c’est l’égalisation des chances et des conditions plus que l’égalité à tout prix qui nous préoccupe.

         La droite à Boulogne n’a pas fait que du mauvais travail car nous n’aurions pas choisi cette ville pour y habiter. C’est aussi une variable à prendre en compte. Mais Boulogne connaît encore des situations de précarité extrême remettant en cause le principe de l’égalité des chances et de la justice chers à nous, socialistes.
Le déséquilibre du vote au 2è tour de la présidentielle ne s’explique pas seulement par le fait qu’on vivrait dans une ville bourgeoise1 mais parce qu’on ne vit pas suffisamment bien à Boulogne.
Ce à quoi nous aspirons n’est-il pas de mieux vivre dans notre ville ? Si aujourd’hui le bilan n’est pas encore négatif, c’est par ce que nous bénéficions d’un acquis. Mais il est temps de remettre en route la ville de Tony Garnier. C’est là que nos valeurs trouvent naturellement à s’exprimer dans l’idée de mixité urbaine. C’est d’ailleurs l’objectif premier du SCOT (Schéma de COhérence Territoriale) : « garantir une croissance équilibrée du territoire, visant notamment à la mixité sociale ».
Dès lors, comment la mixité urbaine peut-elle être assurée ? Car c’est de la mixité urbaine que découle toute la problématique des déplacements dans Boulogne et celle du lien social. Si elle ne devient pas maintenant une priorité, c’est vers une congestion de la ville que nous nous acheminons.


L’héritage des deux dernières décennies, quelques constats
- Commerces: « l’un des premiers pôle commerciaux du département »2 mais les zones de commerces sont spécialisées (vêtements dans toute la partie centrale de la ville, alimentaire au sud, au Pont de Sèvres et proche de l’Eglise de Boulogne) et certaines périclitent (Toits de Boulogne)

- Emplois: tertiarisation, déficit de PME. En 1990, il y avait encore une mixité des types d‘emploi sur la ville certes avec beaucoup de cadres supérieurs employés au nord de la ville mais sans homogénéité.

Après 1990, on a construit des m² de bureaux (pas de vocation industrielle), la politique du logement a surtout été celle des investisseurs (pas de logement social). Dans le canton sud, le nombre de bureaux déstabilise encore les situations : la précédente crise a pu montrer la fragilité des opérations réalisées sur des sites qui n’ont pas forcément une vocation tertiaire bien établie ou qui ne sont pas assez bien desservis en TC (transports en communs). Or sur le Trapèze on continue à construire du bureau en blanc quand la desserte de la Ville par les réseaux de TC est très peu dense3.

- Logements: en-deça du seuil de 20 % de logements sociaux au niveau intercommunal (13%) et au niveau de la ville (10,4%)4 mais ceux-ci sont concentrés dans certains endroits (concentration de population homogènes et stimulation des phénomènes de culture de l’entre soi et dans des situations paroxystiques : création de zones de non droit). La politique du logement est copiée sur celle du 16è arrondissement 5 alors que nous vivons dans une ville où les revenus, le pourcentage de population active sans diplôme et le pourcentage de diplômés sont plutôt comparables à ceux du 15è arrondissement de Paris.

- Santé: l’offre des généralistes de secteur 1 conventionnés se raréfie, subsiste le centre de la Croix-Rouge (9 généralistes, 18 spécialistes, 11 dentistes se relayant sur un planning hebdomadaire) et une PMI

- 3è âge: plus de 8 057 personnes de + de 75 ans recensées à Boulogne-Billancourt au RGP 1999, et moins de 800 places dans les centres de gérontologie, foyers-logements, résidences soit un accueil pour moins de 9% des plus de 75 ans dans leur ville de résidence.

- Offre scolaire: environ 7200 places dans les 28 écoles publiques du premier degré pour 9 000 enfants de 3 à 11 ans (RGP 1999) !

- Infrastructure sportive : un exemple : ce sont sur les terrains de Marnes-la-Coquette que nos footballeurs vont s’entraîner.

- Transport : le réseau (on considère un rayon de 400 m autour des stations de métro et tramway et 700 m autour des gares de RER) offre peu d’itinéraires dans la Ville et notamment aucune rocade alors que la demande sur ce type de liaisons croît (cf tracés de tram réalisés et à l’étude : T1, T2, T3). Les lignes de bus apparaissent donc indispensables pour compléter la desserte lourde. Or leur vitesse commerciale bus dans le val de Seine est de l’ordre de 4 km/h6 ! Le secteur de Boulogne-Billancourt dont le réseau est de faible densité ressemble à celui des quartiers d’arrière gare de Paris ! De fait les transports en commun sont peu utilisés dans l’Ouest et la part des déplacements effectués avec les transports en commun à Boulogne-Billancourt est de moins de 32%7.
Seul le secteur de la petite enfance échappe un peu à la règle puisque plus de 50% de la population des 0-3 ans à Boulogne-Billancourt est susceptible de se voir attribuer une place en accueil permanent ou dans un jardin d’éveil.

Mais globalement la politique de la ville appliquée depuis deux décennies laisse penser on ne s’y prendrait pas autrement pour éradiquer la mixité sociale et on s’achemine vers une congestion de la ville. Or le système de transport actuel ne fait pas le poids si on continue sur cette projection8.


En quoi une mixité urbaine permet d’intervenir sur tous ces points
Parce que les déplacements  sont la déclinaison phare du thème de la mixité urbaine.
Dans une situation de mixité urbaine, de nombreux déplacements se font à pied car la situation de fait le permet. Il n’est pas alors nécessaire d’avoir une politique volontariste des transports.

Là, c’est l’inverse. Dès lors, il ne faut pas s’étonner de ce que sont les flux de circulation à Boulogne-Billancourt9.
La Ville est à la fois trop tournée vers Paris tout en se défendant d’un Grand Paris, elle doit trouver à favoriser un polycentrisme et pour cela réintroduire une vraie vie de « quartier » pour ses habitants.

C'est-à-dire :

- retisser le lien social et retrouver une bonne qualité de vie en confortant la vie locale et la proximité.

- réparer la ville en rétablissant la continuité des tissus urbains, aménager les portes, intégrer les axes principaux, tirer partie du potentiel paysager fluvial.

- maîtriser les flux et les déplacements en favorisant une politique coordonnée des transports (mieux irriguer le territoire et reconquérir l’espace public au profit des piétons)
Objectif 

faire de Boulogne une ville à vivre où le lien social est facteur de développement / une ville durable dans ses composantes économiques, sociales et environnementales.
Notre chance

Nous avons encore une réserve foncière importante aujourd’hui sur l’ensemble de l’opération du trapèze, seuls 380 000 m² sur 842 000 ont fait l’objet d’un PC (obtenu, en cours, à l’étude ou soumis à consultation). Les opérations envisagées concernent donc moins de la moitié de la surface des terrains.


D’où la proposition de programme suivante :
Rendre la ville aux habitants

I – Une ville où l’on se déplace
1. Les circulations routières :

- organiser les réunions de GT Conseil Général / Régional nécessaires pour traiter les questions ne relevant pas que de la municipalité

- réduire le trafic de transit au profit d’un trafic boulonnais : travail sur le calibrage de voirie, le stationnement et le mobilier urbain

- prévision de plans de circulation à l’échelle de micro-quartiers, tenant compte de secteurs scolaires et prévoyant des zones 30 aménagées

- péage routier pour les véhicules qui traversent la ville

- couverture ou requalification urbaine de la voie RN1 (pas juste un déclassement) prévue par le Contrat de Plan Etat Région 2000-2006

- organiser l’étude de mise en place d’un tram doublant la N 118 et rejoignant leT2 et le T3, avec création de parcs de stationnement régionaux sur le plateau

Pour cela mise en relation d’intérêts parfois divergeants : Association Paris IdF Capitale Economique, Automobile club Idf…
2. Les circulations dites douces : piétons et vélos.

- rétablir des  liaisons Nord Sud pour les piétons, et revoir dans ce contexte la traversée de la place Marcel Sembat

- création de pistes cyclables (d’abord par une modification de l’utilisation de la voirie à certains moments, puis par la réalisation physique) en lien avec celles créées dans le Trapèze afin d’assurer un maillage cohérent dans la ville et permettant à terme d’accueillir des vélos du type « vélib’», compatibles avec  l’installation parisienne proche
3. Le transport de personnes : pour une politique de déplacement en ville grâce à un service municipal de transport public

- proposition d’un SUBB périphérique complétant l’offre de service public boulonnaise, depuis le quartier TF1 jusqu’au bois de Boulogne et reliant les terminus de Bus M10 et M9.

- création de taxis municipaux10, fonctionnant sur le modèle du co-voiturage moyennant un prix forfaitaire par trajet bas (principe du donnant donnant : partage-organisation / prix) destinés au transport des personnes âgées, handicapées

- développement de transports altermodaux : desserte fluviale (à lier avec un développement de l’offre touristique et l’aménagement des berges)

- tramway urbain: dans sa conception actuelle peut-il répondre à une problématique de milieu urbain dense ?

 
II – Une ville à vivre

 

1. Recréer le lien social
1.1 Représentation des habitants 

Faire en sorte que des élus de tous bords participent aux instances de représentation et décisionnelles pour que la diversité politique de notre ville soit respectée.

(GT SAEM, CEM11, Conseils de Quartiers)
La division de la ville en 7 quartiers étanches accentue l’effet de coupure liée à la structure de la voirie. Dans le 20è arrondissement de Paris, 180 000 habitants, 100 000 logements sont gérés comme une entité, les dénominations de quartiers n’étant que la trace de la fusion des villages en 1860. Qu’apporte ce fonctionnement ?

Quel est l'utilité de la CAVDS: quel coût pour quel apport? Il y a déjà le Syndicat Mixte du Val de Seine.

1.2 Implication du milieu associatif

… en raison de sa connaissance profonde du terrain et des citoyens compte tenu des compétences de chacun. 

De nombreuses associations sont présentes sur la ville : services, solidarité… Le conseil municipal en subventionne déjà près de 200 soit directement pour les plus petites soit dans le cadre de conventions triennales. Ces subventions sont très souvent reconduites et représentent un budget de plus de 5 millions € auquel s’ajoutent 3 millions octroyés par la CAVDS.

 

2. Vie quotidienne
2.1 Logement

Rendre la ville habitable à une population diversifiée, faire en sorte que les familles boulonnaises puissent continuer à vivre dans leur ville et que soient rendues possibles la décohabitation, l’augmentation de la taille des foyers - veiller à ce que la loi SRU soit respectée dans un sens où ce qu’elle impose doit être entendu a minima –
Contrôler l’envolée des prix du foncier avec ses conséquences en termes de hiérarchie et de discrimination entre les territoires
Adapter au local le service public de la caution dans le programme du PS lors des présidentielles
Sur le principe du donnant-donnant : des logements étudiants peu cher contre des services (service municipal qui n’empêche pas le recours à d’autres recrutements) : garde d’enfants, animations…
2.2 Favoriser la création d’emplois locaux

L’artisanat, la création d’entreprise mais aussi la FPT avec la formation des agents municipaux (difficulté à recruter des personnels communaux qui conduit à des candidatures pas toujours appropriées)

 

2.3 Développer des projets ambitieux

Pour l’ Ile Seguin12: le PS force de proposition pour l’aménagement d’une partie des terrains Renault sur laquelle rien ne semble déboucher. Mais aussi avoir des projets culturels pour la ville pour toutes les générations (exemple des « Petites lumières pour enfants », cycle de conférence philosophiques à partir de 10 ans au théâtre de Montreuil ; d’autres salles de cinéma d’art et d’essai…)
Et un travail en concertation avec la Ville de Paris pour tous les projets d’interfaces, en se basant sur des critères communs en milieu urbain dense. Envisager un rapprochement avec Pierre Mansat suite aux rencontres débutées le 5 décembre 2001 sur le sujet « Paris et les collectivités du coeur d’Ile-de-France, quelles formes de coopération ? », auxquelles la Ville de Boulogne-Billancourt était conviée13. Qu’est-il résulté de ces réunions pour notre ville?

 

2.4 Et l’école ?

Rendre possible l'accueil de tous les enfants possible sans compter sur la capacité des écoles privées.
Accueillir les lycéens : le terrain de 10 000 m² évoqué par la ville n’est pas encore dépollué. Le PC n’est pas à l’étude alors que le financement par la Région est acté depuis bientôt un an. Quel est le phasage prévu ? Où sont scolarisés les élèves boulonnais en attendant ? La désectorisation doit-elle être considérée comme une solution ? Ne peut-on revendiquer un droit à étudier près de chez soi ?

 

Une classe préparatoire adaptée aux boulonnais : le lycée de Boulogne n’est pas encore pourvu de ce type de classe. Une première demande a été effectuée pour accueillir des classes prépa spécifiques avec laboratoire ne correspondant ni aux options du lycée ni à sa structure. L’argumentation de la mairie « il faut bien commencer par quelque chose » est-elle recevable ?

 

Une étude sur les rythmes scolaires et familiaux. La survivance de la sortie d’école à 16H depuis les 3.8 de Renault est-elle encore justifiée alors qu’une sortie à 16h30 permettrait d’étendre le temps de restauration scolaire afin d’accueillir tous les enfants boulonnais ?
Mixité scolaire : exemples de F Buisson A et B, qui se posera bientôt pour les écoles à la limite et sur le Trapèze, à commencer par Castéja et nouveau groupe scolaire prévu.

 

En marge : accueil de la petite enfance : presque pas de possibilité d’accueil dans des classes de TPSM à la maternelle pour les enfants de 2 ans…
Les ateliers après l’école : arts scéniques, cirque, danse, magie, art martiaux,éveil musical, échecs… autant d’activités (payantes) à mettre en place dans les écoles de 16H30 à 18H30 comme alternative à l’étude dirigée, par les mêmes associations que celles proposant ces activités les mercredis et soirs.

 

L'accueil du matin.

 

2.5 Santé 

Inciter l’implantation de généralistes conventionnés secteurs 1 et 2, infirmières

Une maternité dans une ville de 109 000 habitants
2.6 Infrastructures sportives

Privilégier un accueil à Boulogne-Billancourt pour nos sportifs et créer les espaces suffisants pour satisfaire la demande 
2.7 Les solidarités

- personnes âgées : 8% de personnes de plus de 75 ans peuvent obtenir une place de long séjour, mais pas toujours médicalisée,

- personnes à mobilité réduite : état des accessibilités et mises aux normes PMR 2005 dans les bâtiments publics, lieux d’accueil, services (mise à disposition par la collectivité locale de matériels onéreux : mono-pousseurs ville et route, scooteurs, tandem thérapeutique…); mais aussi développement de services à la personne,

- personnes en situation de handicap:l’enjeu pour une ville est l’accompagnement des familles et des personnes tout au long de la vie = de l’intégration à l’école à la préparation de la vie professionnelle, l’accompagnement à des lieux de vie autonomes aux maisons de retraite adaptées...

- population de + de 16 ans sans formation

- personnes en situation de grande précarité

- développer l’emploi local

3. Animer
3.1 Favoriser le commerce de proximité

- Réintroduire la mixité commerciale en favorisant les baux introduisant des modifications de la typologie commerciale des rues (par ex avec des dispositions dans le PLU de surfaces par zone)

- Le cas des librairies / marchands de journaux et des gratuits

- Politique de stationnement de courte durée (30 min) proche de la gratuité dans les rues commerçantes
3.2 Animer avec des aménagements urbains

- Lieux de vie : offrir la RD1 aux piétons, rollers et cyclistes à certaines occasions

- Rendre la Seine aux habitants en aménageant les berges pour les ouvrir aux promeneurs et en rendre la ville accessible aux habitants des péniches

- Mettre en liaison les parcs urbains de l’Ile Saint-Germain au bois de Boulogne en passant par le parc Rothschild

- Créer des placettes piétonnes pouvant accueillir des terrasses : la rue du Port…

- Sécurité : police de proximité, éclairage public

- Mobilier urbain : peu de mobilier urbain sur les grands axes (bancs pour personnes âgées)
3.3 Animer grâce à une présence sur le terrain

- Créer une AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne)

- Organiser une bourse aux vélos

- Proposer des « Débats participatifs» par quartiers sur la ville comme réponse aux réunions de quartiers avec CR diffusé et donnant lieu à des orales en mairie.

- Inventer le « bal des tout-petits » (18 mois – 3 ans) en entrée libre salle mairie – 1 fois par an.

- Offrir aux artistes de la ville une Semaine des peintres boulonnais et une Semaine des photographes Mettre en valeur les potentialités de la ville : ex :Baby-sitting dating sur le modèle du speed-dating entre parents et étudiants (1 tranche de 1H30 pendant laquelle les employeurs pourront s’entretenir 5 à 10 minutes avec chaque candidat. Université Paris 5 à Boulogne)

- Pérenniser certaines initiatives déjà en place : journée fête du sport…
Annexes
1 - Vivre la Ville… oui, mais en Voiture !
Si Paris et quelques villes limitrophes de la capitale peuvent s’enorgueillir d’avoir réussi à mettre en place des circulations douces, la ville de Boulogne n’en est pas tout à fait proche.

1 - Structure du réseau de voirie : un réseau en étoile pour une zone où les déplacements sont importants
Le Val-de-Seine qui comprend la ville de Boulogne est un territoire de transit soutenu par les infrastructures est/ouest, dessinant un territoire morcelé et soumis à des conflits d’usage car il mêle échanges de proximité et métropolitains.

Boulogne enserrée dans la plaine alluviale de la Boucle de la Seine voit son réseau de voirie dépendant de la présence des talwegs sur la rive opposée : les ponts et axes depuis la porte de Saint-Cloud se sont établis dans ces zones de passage facilitées. C’est donc un maillage en étoile qui s’est développé afin de traverser le fleuve (trois points de franchissement) dans un site à urbanisation dense proche du tissu parisien avec une densité selon les quartiers comprise entre 123 et 175 habitants à l’hectare.

Ce maillage en étoile est de plus coupé par des traversées nord-sud.

2 - Rôle et fréquentation de ce réseau
Les catégories sociales favorisées qui résident et travaillent dans le Val-de-Seine ont par ailleurs des pratiques de déplacement intenses et les flux qui traversent le territoire saturent le réseau. On compte 3,8 déplacements quotidiens par habitant dans le Val-de-Seine pour 3,3 en petite couronne. Les motifs de ces déplacements concernent à 35% les affaires personnelles (achats, démarches administratives, visite à des parents et amis, déplacements liés aux questions de santé) et à 15% les loisirs. Ainsi 50% des déplacements concernent des pratiques de proximité d’une distance inférieure à 2 km.
Une réactualisation du plan de comptage établi en 1995 permet d’estimer ces flux. A titre d’exemple :

pour les radiales :

rue Galliéni : 12 000 véhicules par jour

boulevard d’Auteuil : 18 000 véhicules par jour

avenue Pierre Grenier : 18 000 véhicules par jour

avenue du Général Leclerc : 56 000 véhicules par jour

route de la Reine : 29 000 véhicules par jour
et pour les traversées nord-sud :

boulevard Jean Jaurès (partie sud) : 14 000 véhicules par jour

rue de Silly : 12 000 véhicules par jour

quai Le Gallo : 49 000 véhicules par jour

rue Thiers : 6 000 véhicules par jour

3 - Son devenir :
Demain, la livraison de l’opération attendue sur les terrains du Trapèze verra 5 800 logements nouveaux accueillant 10 000 à 12 000 habitants et autant d’emplois… et accroîtra nécessairement ces flux de circulation.
Le réseau déjà saturé pourrait de plus être au surcroît encombré par la présence d’un tramway. Sans site propre, l’utilité d’un tramway sera faible (les vitesses commerciales des réseaux de transports dans le Val-de-Seine sont très faibles 4km/h en moyenne pour 7,3 km/h dans le département) et en site propre, cette opération pourrait bien entraîner une diminution conséquente de la voirie dédiée à la circulation actuelle.
L’aménagement de la RD7 en 2X2 voies de l’autre côté de la Seine peut apparaître comme un moyen de délester la RD1. Mais n’est-ce pas aussi un moyen d’encourager les traversées de Boulogne par les radiales?

4 - Les attentes des riverains, des commerçants …
Effet de coupure pour les usagers non motorisés ces axes constituent de véritables cisaillements constituant des obstacles à la fois physiques, visuels et psychologiques.

Le conflit d’usage est réel car l’occupation de l’espace par la circulation automobile est quasi exclusive et compte tenu de l’importance des fréquentations quotidiennes des axes de circulation, les points d’intersection entre radiales et traversées nord-sud sont autant de zones de conflit aussi bien pour les automobilistes que pour les piétons.

Les riverains souhaiteraient une sécurité accrue, la possibilité de circuler sereinement lors de leurs déplacements pour affaires personnelles aspirant ainsi à une qualité de vie locale.
Il paraît légitime que les habitants de Boulogne puissent circuler, stationner dans leur ville sur des axes sûrs où ne se mêlent pas deux types d‘intérêts.

Proposition
La ville dense, la sécurité et la fluidité des circulations, est-ce réellement conciliable ? N’y a-t-il pas une véritable qualité de vie à offrir à la population, à ses jeunes enfants, aux plus âgés ?
Objectifs :

Rendre la ville aux piétons : permettre les circulations nord-sud du Bois de Boulogne à l’Ile Saint Germain et l’Ile Seguin.

Rendre la ville à ses habitants : améliorer les déplacements de proximité en optimisant le temps de déplacement et la qualité de parcours.
Comment :

Détourner les flux qui ne sont pas de proximité au profit de ces derniers (50% du trafic) en faisant en sorte que la circulation métropolitaine n’emprunte pas systématiquement les radiales de Boulogne.
Localement, on peut agir :

  • réduction du nombre de voies par axe

  • suppression des impressions de linéarité par des aménagements de trottoirs accueillant du mobilier urbain

  • étude des carrefours N/S et O/E et mise en sens unique de certaines voies N/S

  • création de zones 30 (et moins !)


(Et favoriser une utilisation par les poids lourds de l’A86 et de la francilienne, privilégier les entreprises utilisant le fret ferroviaire, encourager le développement du transport fluvial…)

2 – Ile Seguin – Boulogne-Billancourt : un pari pour l’avenir ?
Figure emblématique de Boulogne-Billancourt, les 11,5 hectares de l’Ile Seguin ne devraient-ils pas permettre de réaliser un projet urbain d’exception dans le cadre d’une opération urbaine de reconstruction ? Un projet phare sur une île pour la commune la plus importante après Paris en Ile-de-France dont la volonté devrait sans équivoque être de faire de ce lieu de mémoire une opportunité exceptionnelle de développer un aménagement durable de l’Ile-de-France.
Sa situation géographique offrant le paysage de l’une des plus belles boucles de la Seine, sa situation emblématique en faisant une porte de la ville et de la capitale vers l’ouest, justifie que l’Ile Seguin jumelée à l’un des projets en cours les plus importants de l’Ile-de-France14 mérite une grande idée.
Ce lieu ne possède-t-il pas les atouts suffisants pour être un élément d’identification fort comme l’a pu être en son temps le bâtiment de la société automobile Renault ?
Le potentiel foncier dégagé peut laisser imaginer un aménagement qui :


  • participera à la dynamique de la région Ile de France au niveau international parce que l’insuffisance globale d’équipements et de valorisation du patrimoine en dehors de la capitale appelle un pôle d’excellence mondiale complétant l’offre de sites et équipements de rang international à l’ouest de Paris15 sans préjudice d’un équilibrage est / ouest,




  • correspondra aux attentes des Franciliens en matière culturelle et sera un moyen d’organiser le polycentrisme culturel à l’ouest,




  • se devra d’être un lieu de vie et d’animation structurant l’espace en concevant la Seine comme l’un de ses éléments,




  • participera à la qualité de vie urbaine en confortant la qualité de la ville conduisant les décideurs locaux à mener une réflexion en terme de politique de logement des « jeunes actifs et familles modestes » associée à une politique de création d’emplois,




  • sera soucieux de l’environnement qui respecte les grands équilibres environnementaux : la situation géographique d’une île en ville encourage les modes de transport alternatifs en ce qu’elle permet d’envisager notamment une desserte fluviale…


Mais le plan de référence adopté le 6 juin 2002, semble être toujours celui sur lequel l’aménageur juxtapose différents projets au gré de l’actualité et des financements potentiels. Or depuis 2002, les projets, le discours même de la Ville au travers de ses choix ont évolué. Comment peut-on alors justifier qu’un plan de masse servant un parti d’aménagement puisse encore après plus de quatre années d’errance servir de trame urbaine ?
L’idée de « l’Ile des deux cultures » était séduisante, elle correspondait naturellement à la décision de François Pinault d’implanter sa Fondation sur la pointe aval. Mais son retrait devait remettre à plat tout le programme qui s’était appuyé sur ce qui était le moteur de cet aménagement.
En gardant le concept d’Ile des deux cultures comme façade enveloppe d’un réel parti d’aménagement, on se prive d’une réflexion sur l’orientation nouvelle que devait prendre le projet global Ile Seguin.
Aujourd’hui alors, tout ce qui peut être synonyme de sciences ou art semble être en adéquation avec l’orientation définie et trouver naturellement sa place sur l’île.
En s’adaptant à un plan qui n’est pas sous-tendu par un programme, on se trouve ainsi confronté à un remplissage : les choses arrivent par petits morceaux mais personne ne les a agglomérées.

L’Ile Seguin ne peut pas se contenter d’une juxtaposition d’éléments, quand bien même isolément chacun a toutes les bonnes raisons de se voir exister, ici… ou ailleurs!
Notre Ile ne méritait-elle pas un projet urbain ambitieux ? Quelle grande idée servons-nous quand nous validons, d’une manière qui peut sembler parfois précipitée et plus guidée par la volonté d’en finir que de construire, l’implantation successive de telle ou telle administration ou entreprise, parfois avec des montages juridiques nous permettant de retrouver le foncier au cas où?
Nous avons rêvé de voir sur l’Ile Seguin un large public. Sera-t-il animé par des chercheurs ? ou bien par des spécialistes de l’art contemporain ?
Un l’hôtel/restaurant quatre étoiles, une résidence pour chercheurs et artistes seront vraisemblablement réalisés compte tenu de l’avancement des engagements de la Ville dans ce sens (promesse de vente signée), une université (NYU et UAP), un centre européen de création contemporaine, la SMAC (salle des musiques actuelles, destinée notamment à accueillir le festival boulonnais BBMix) et son programme complémentaire (?), l’INCa, l’Inserm… seraient aussi les éléments d’un projet global non défini et pour lesquels on a parfois du mal à établir la réalité d’un besoin d’implantation sur l’Ile.
175000 m² de SHON pour lesquels on raisonne en terme (et en termes) de soustraction.

Mais peut-être qu’avoir une grande idée pour l’entrée dans Paris par la Seine côté Ouest n’est pas de mise. Reste l’impression qu’il n’y pas de projet sur ce secteur de l’ouest parisien : un petit pari pour petite couronne du grand Paris.

1 Comparaison avec d’autres villes de 1è couronne et certains quartiers centraux de Paris ayant des caractéristiques comparables

2 Atlas Paris 2001 de l’Atelier Parisien d’URbanisme, p 21 analyse économique, sociale et urbaine, document analytique

3 Etude ENPC, L’espace de proximité aux abords des lieux de loisir et de culture du Val de Seine.


4 CAVDS, Programme Local de l’Habitat 2006-2012

5 Atlas Paris 2001 de l’APUR, p 21 analyse économique, sociale et urbaine, document analytique

6 Etude ENPC, L’espace de proximité aux abords des lieux de loisir et de culture du Val de Seine.

7 Etude ENPC, L’espace de proximité aux abords des lieux de loisir et de culture du Val de Seine.

8 Atlas Paris 2001 de l’APUR, p 21 analyse économique, sociale et urbaine, document analytique


9 Carte des trafics, document de travail CAVDS – comité de pilotage sur le bruit

10 cf les Taco’ de Montreuil-sous-Bois

11 Pour mémoire : Commission extra-municipale du développement économique et de l'emploi Président : Simon AZOULAY Rapporteur : Eric VINCENT, Commission extra-municipale des affaires culturelles Président : Anne-Florence SCHMITT Rapporteur : chantal POZZO DI BORGO, Commission extra-municipale de l'enseignement et de la jeunesse Président : Marie-Cécile BENASSY Rapporteur : Ariane POLAILLON, Commission extra-municipale de la politique sociale Président : Jehan de la CROIX Rapporteur : Muriel QUENTIN-BRODER, Commission extra-municipale du cadre de vie Président : Claude Vinot Rapporteur : Marie-Christine JUNG, Commission extra-municipale des activités sportives Président : Jean-Pierre TRIPET Rapporteur : Saïd FADIL, Commission extra-municipale de la santé et des pratiques médicales et paramédicales Président : Jean-Pierre BADER Rapporteur : Francine MORAT-VUONG, Commission extra-municipale de la prévention et de la sécurité Président : François LEBLOND Rapporteur : Gérard ASKINAZI

12 texte J Shan, octobre 2005 : Ile Seguin, un petit pari pour le Grand Paris.

13 La porte de Saint-Cloud est mentionnée en 2001 comme porte principale. Une rencontre avec D Pineau sur le thème de la coopération entre les collectivités du cœur de l’Ile de France a été organisée le 5.12.2001.

14 Opération du Trapèze sur les terrains Renault à Boulogne-Billancourt.


15 L’IAURIF recense actuellement les sites suivants : l’hippodrome d’Auteuil, Rolland Garros, le musée et jardin Albert Kahn, le Parc de Saint-Cloud, la Manufacture de Sèvres, la Tour Dubuffet et l’Observatoire de Meudon.




Judith Shan – proposition de candidature pour la liste PS aux élections municipales de mars 2008 - page sur

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