Hème: analyser les évolutions du pouvoir politique depuis 1945, dans le monde







télécharger 82.44 Kb.
titreHème: analyser les évolutions du pouvoir politique depuis 1945, dans le monde
date de publication20.02.2017
taille82.44 Kb.
typeDocumentos
a.21-bal.com > droit > Documentos

Thème 3 – HISTOIRE Les échelles de gouvernement dans le monde 11 à 12 heures – 6 semaines




Chapitre 5

Gouverner la France depuis 1946 (4-5 h)

Sens du thème: analyser les évolutions du pouvoir politique depuis 1945, dans le monde


Question – L’échelle de l’État-nation

Mise en oeuvre

L’échelle de l’État-nation

Gouverner la France depuis 1946. État, gouvernement et administration et opinion publique.


Introduction

Sous-titre = Etat, gouvernement et administration et opinion publique.

Définir « Etat » :

  • territoire délimité par des frontières, mais définition trop restrictive.

  • « Une communauté politique, liée à un territoire, fondée sur la conscience de caractéristiques communes et la volonté de vivre ensemble » et dont la défense est assurée par une armée nationale issue en grande partie de la conscription = définition de l’historien Ernest Renan en 1882.


 Dossier des pages 146 – L’affirmation de l’Etat en France avant 1946 

Consigne : Montrer que le rôle de l’Etat en France s’inscrit dans une durée longue, avec quels instruments ?
Contexte : rôle de l’Etat est le produit d’une longue construction historique en France :

  • dès le XIII°s. début de la construction de l’Etat moderne, apogée sous Louis XIV (intendants, centralisation, colbertisme, politique de mécénat artistique au service de l’idée du pouvoir…)

  • Sens contemporain à partir de la Révolution française qui crée des structures administratives stables jusqu’à nos jours : départements, préfets, Code civil en 1804 qui unifie le droit, instruments et mesures…

  • L’Etat s’affirme avec la République : SU, école obligatoire, SMO, fêtes et symboles unissent la nation autour de des principes et valeurs républicaines… Dvpt des transports pour unifier le territoire

= en France, tradition « JACOBINE » (centralisatrice qui veut appliquer à l’ensemble du territoire une politique uniforme – voir définition page 147) que l’on dit héritage de la Rev. Française, mais en réalité déjà présente avec la monarchie.

= Notre modèle est celui de l’Etat-Nation : d’ailleurs « la République est une et indivisible » et la souveraineté appartient à la nation.
Donc, spécificité française : le caractère central de l’Etat qui a construit la Nation.

Ce modèle s’est imposée partout en Europe au XIX° puis se diffuse dans le monde. On en étudie ici les évolutions depuis 1946.
Problématiques : En quoi l’Etat occupe-t-il une place particulière en France ?

  • Comment s’exerce son autorité ? Avec quelles évolutions ?

  • Dans quels domaines intervient-il ?

  • Comment sa perception par les citoyen évolue-t-elle ?


Se référer à la chronologie Page 145
I – L’évolution du rôle de l’Etat dans le gouvernement de la France depuis 1946

Rappeler le contexte de 1946 :

France libérée en 1944, sans institutions.

1944-45 : GPRF dirigé par De Gaulle puis 1946. Adopte le droit de vote pour les femmes et entreprend l’application du programme du CNR (adopté en 1944)

France très affaiblie : destructions, économie paralysée, personnel politique à renouveler, début du baby-boom… Valeurs républicaines à réincarner dans un Etat et dans la société (mais c’est pour cela que l’on s’est battus donc consensus sur la question).

  • Constitution de la IV° République adoptée par referendum en octobre 1946.


I.1. De 1946 aux années 80 : refondation et réaffirmation de l’Etat

IV° République : régime parlementaire très instable car régime d’assemblée avec 23 gouvernements en 12 ans. Des coalitions difficiles face aux grands débats du temps : Guerre Froide, décolonisation…

Malgré cela, la continuité de l’Etat est toujours assurée. Comment ?

  • Après 1945, renouvellement de la classe politique et émergence de grandes figures issues des rangs de la résistance. Svt, les mêmes hommes politiques se maintiennent d’un gvt à l’autre.

  • Le personnel administratif reste stable, ce qui garantit la continuité des projets : ex Jean Monnet au plan de 1946 à 1952.

Stabilité du personnel administratif assurée grâce au Statut unique de la fonction publique en 1946 : droits et obligations des fonctionnaires, tous égaux. Avec indépendance liée à la mission d’intérêt général. Avec au sommet de l’Etat : l’ENA

 Etude page 152 : Apprendre à gouverner – l’ENA

Peut-on dire que l’ENA dirige la France ?


  • Création de l’ENA en 1945 sous l’impulsion de M. Debré, pour former les cadres de la Haute fonction publique :

    • Encadrer la reconstruction et la modernisation du pays.

    • Renouveler les élites administratives (la +part compromis pdt la WWII)

    • Démocratiser la fonction publique

Située désormais à Strasbourg depuis 2005 ! Recrutement sur concours.

L’ENA nourrit ensuite les grands corps de l’Etat : Conseil d’Etat (conseille le gvt pour préparer les lois), la Cour des Comptes (contrôle des dépenses publiques), l’Inspection Générale des Finances (contrôle à la demande d’organismes publics), Préfets, puis cabinets ministériels, corps diplomatique…

1ères promotions avec des résistants qui transforme le militantisme patriotique en vocation administrative : Cf. Simon NORA, résistant à 21 ans et promotion « France combattante » de l’ENA (1946-47) : « Je suis passé directement du maquis à l’ENA et je dois dire que je ne me suis pas senti dépaysé […] On allait dans l’administration comme on entrait en religion : pour continuer le combat ».

  • Mais, l’objectif de démocratisation est peu atteint et reproduction des élites (cadres, professions libérales, enseignants…)

Forte porosité entre élites administratives et politiques : investissent les + hauts sommets de l’Etat.

accèdent aux carrières politiques (3 pdts de la Rep : VGE, Chirac, Hollande ; 6 1ers ministres (Chirac, Fabius, Rocard, Balladur, Juppé, Jospin, Villepin) et quantités de ministres : voir gvt Jospin en 1997, promotion Voltaire de Hollande

= Gvt de + en + technocratique, éloigné des Français…

Ajouter la pratique du « pantouflage » des énarques, qui vont travailler dans le secteur privé (Henri de Castries, Pdt AXA) avec risque de conflits d’intérêts, etc. –

Donc, nombreuses critiques, confiscation antidémocratique pour PMF… République aux mains des technocrates

  • En même temps, on se dote d’outils d’expertise comme l’INSEE. = multitude d’ingénieurs économistes viennent peupler bureaux et ministères pour donner des outils à la décision publique.




  • Au-delà du fonctionnement administratifs : quels autres acteurs ?

  • Partis politiques : associations, creuset des idées et projets, vivier de candidats et machine à élections.

Nombreuses coalitions sous la IV° Rep., très instable avec opposition radicale communistes/gaullistes.

Accentuation de la bipolarisation sous la V° avec jusque dans les années 80 les tandems PCF/PS (SFIO) contre RPR/UDF

  • Les syndicats : partenaires sociaux de la négociation avec l’administration, le gvt et le patronat, donc pèsent sur la décision (par ex politique agricole définie en gros par la FNSEA, liens syndicats et MEN ou médecins et CPAM)/

  • Les citoyens : par le SU, le droit de manifester, la démocratie participative (conseils de dvpt)…


Conclusion

L’administration assure la continuité de l’action de l’Etat. Elle s’appuie sur un personnel de fonctionnaires dans un service public. Mais nombreuses critiques (corps pléthorique, coûteux, privilégié…). L’administration est-elle démocratique ?
I.2. Depuis les années 80 : l’érosion de l’Etat

Le tournant arrive dans les années 80 : élection de Fr. Mitterrand en 1981. Mai 1981 : élection de F. Mitterrand = 1ère alternance sous la V° Rep. Il réaffirme le rôle de l’Etat dans la société. :

  • Programme de nationalisations dans l’industrie (Thomson, St-Gobin, Rhône-Poulenc) et prise de contrôle de 96 % du secteur financier (Paribas, Suez)…



Mais :

  • Tournant de la rigueur en 1983 : on constate la faiblesse de l’Etat en situation de crise.

  • 1986 : 1ère cohabitation Mitterrand/Chirac

Rupture du consensus sur la place de l’Etat
Pb : L’érosion de l’Etat, réalités et résistances…

  • Les facteurs de rupture dans les années 70-80

  • la Mondialisation

Fin des Trente Glorieuses  vent de néo-libéralisme

Affirmation des marchés financiers à l’échelle internationale + celle des FTN/FMN

 l’Etat perd une partie de ses capacités de direction.

Les crises mondiales nécessitent aussi des solutions à l’échelle mondiale (cf. Dernier chapitre sur la gouvernance éco mondiale) : concertation au sein d’organisations internationales, règlementations…

= Donc une tentative de gouvernance mondiale !!! (OMC, FMI, …)
Depuis les années 80, la dette est gérée par les marchés financiers  aggravation du déficit budgétaire et de l’endettement dans les années 90 et éclatement en 2008.

D’où nécessité de réduire les dépenses publiques pour les gvts de droite comme de gauche, pressés par des agences de notation de plus en plus intrusives

Donc remise en cause de + en + forte de l’Etat providence.


  • La construction européenne

1992, Maastricht et Schengen apportent une dimension plus politique à la construction européenne. Avec :

  • Des transferts de souveraineté : frontières, monnaie

  • Les directives européennes : près d’1/4 du travail du parlement français consiste à retranscrire les directives européennes, car nous avons obligations de respecter nos engagements.

  • Des contraintes économiques : contraint fortement les politiques monétaires et budgétaires, soumet la gestion des services publics à la concurrence. Le pacte de stabilité et de croissance signé en 1997 oblige l'adoption de budgets proches de l'équilibre (déficit inférieur à 3% du PIB )


Ces deux acteurs – monde et Europe – évaluent les politiques de notre Etat ! Rappels à l’ordre et même frayeur avec la perte de notre x 3 A par les agences de notation


  • L’Etat comme problème :

Offrez-vous un énarque : Petite annonce parue en 1984 dans Le Monde en forme de recherche d‘emploi : « Offrez-vous un énarque » = jeunes élèves qui veulent offrir leur excellence au secteur privé.

Anecdote qui révèle un retournement.

= On passe de la haute fonction publique prestigieuse, porteuse de rigueur, de l’intérêt général et de la modernité à l’image d’une administration dénoncée pour ses lourdeurs, son inefficacité et même parfois sa dimension oppressante

c’est désormais l’entreprise et la société civile qui offrent une image d’efficacité, de modernité… de rentabilité !

Désormais, l’Etat n’est + la solution aux pb sociaux, mais devient, lui-même le pb :

  • Devenu « obèse » : empilement des structures (le millefeuille des collectivités), programmation et évaluation insuffisantes, manque de compétitivité dans les économies dérégulées et la concurrence mondiale…

  • Principes : les citoyens sont considérés comme consommateurs et non usagers

 Recherche du meilleur service au moindre coût (Cf. la LOLF : loi organique relative aux lois de Finances de 2001)

Ainsi, l’Etat devient Objet d’expertises, d’investigation ; de diagnostics très critiques sur son coût, son inertie, son incapacité à répondre aux besoins des individus.
Ajouter que Les évolutions sociales (avènement de la société de consommation, individualisation, migrations) ont aussi contribué à transformer l'idée de nation
Conclure :

  • Remise en cause de la légitimité de l’Etat




  • Comment le désengagement de l’Etat se manifeste-t-il ?

  • Décentralisation

 Etude pages 158-159 : sur la décentralisation

= Moyen de déléguer certaines charges de l'État aux collectivités locales.

N’était pas une tradition française car Etat jacobin et l'instauration de la planification allait plutôt à son encontre.

1ère étape à partir de 1955 : création des 21 régions de programme, puis DATAR en 1965, mais pas de transferts de pouvoirs et se limitent à une déconcentration plutôt qu’à une décentralisation.

  • Les grandes lois de décentralisation de 1982 et 1983 : Lois Defferre

Répondent à : (documents 1 et 2)

  • Souhait de réduire le clivage Paris / « Province »

  • Donner plus de compétences aux collectivités locales, bridées par la tutelle de l’Etat

  • Rapprocher le citoyen des décisions

  • Transfert de compétences vers les collectivités territoriales : économie et dvpt, Urbanisme, transports, environnement, action sociale et logement, enseignement

Donc révision de l’impôt.

Décentralisation qui s’applique aussi dans des collectivités à statut particulier : Corse qui a ses institutions propres (Assemblée de Corse), les DOM sont à la fois départements et régions…

  • Lois renforcées par la réforme de 2003 qui inscrit dans la Constitution que la France est un Etat décentralisé et introduit un principe de subsidiarité (document 4)

= les collectivités territoriales sont compétentes sur l’ensemble des décisions « qui peuvent être le mieux mises en œuvre à leur échelon ». Elles peuvent même déroger à la loi nationale pour mettre en place des expérimentations ou des adaptations locales. Par ailleurs, elles peuvent organiser des référendums locaux (1/2 des inscrits et majorité des voix) + droit de pétition.

Mais des critiques importantes de la part des élus qui déplorent les financements insuffisants et les coupes budgétaires, mais aussi le risque d’inégalités entre régions (proposition d’un système de peréquation ?)

De + empilement de compétences et compétences générales et transversales  gaspillage d’argent public.

Il existe un effet politique à la décentralisation : dvpt d’une nouvelle forme de cohabitation car peu à peu les métropoles, CG et CR sont emportés par des exécutifs de gauche face à un gvt central de droite, ou l’inverse !

Aujourd’hui, la gauche contrôlait tous les échelons décisionnels. Mais en 2014, inversement aux élections municipales… Puis basculement du Sénat… Nous sommes en pleine alternance dans les conseils départermentaux et régions…


  • Privatisations

1986, le gouvernement de Jacques Chirac : une nouvelle majorité élue en 1986, confortée par l’appoint de l’extrême droite :

S’inspire du modèle anglo-saxon (Thatcher, Reagan) qui réduisent l’action de l’Etat  virage libéral.

Veut que l’Etat se replie sur ses missions régaliennes (Justice, Police, Défense, Education,…)

Texte : doc Nathan page 164 - Jacques Chirac dénonce une « société administrée » et même « collectivisée », aux mains d’une technocratie toute puissante. Il parle du risque de voir « amoindrir les libertés individuelles » par « les dangers du dirigisme étatique » ce qui impose de « tourner le dos aux idéologies fermées » = prend le contrepied du socialisme assimilé au communisme de l’Est !

Donc justification politique et idéologique : réduire le rôle de l’État en le discréditant.

= rupture avec la tradition gaulliste.

+ justification économique, l’État- providence coûte cher, le déficit budgétaire et celui de la balance extérieure, aggravés depuis 1981, en témoignent.

  • Programme de 85 privatisations sur 5 ans

  • recentrer l’Etat sur ses fonctions régaliennes.

  • abolition de certaines règles de contrôle (sur les licenciements, les contrats de travail, le contrôle des prix),

  • des économies budgétaires (blocage des salaires des fonctionnaires, coupes dans les dépenses de recherche).

Paradoxalement, cette politique n’empêche pas la hausse des cotisations et des impôts et des aides financières importantes accordées à certains secteurs.

Krach boursier en 1987  réélection de F. Mitterrand en 1988 sur le thème « Ni, Ni » : Ni nationalisations / Ni privatisations = donc même la gauche abandonne le dogme de l’Etat interventionniste.

On assiste donc à une remise en cause du rôle de l'Etat dans le domaine économique, mais aussi social. Les politiques sociales sont d'abord vues comme un coût qu'il s'agit de réduire.
Cependant, l’Etat joue toujours un rôle majeur

Le recul de l’État est à nuancer :

  • Le poids de l’État reste considérable comme l’atteste la part croissante des prélèvements obligatoires depuis trente ans : CSG, augmentation des impôts, refiscalisation des HS…

  • L'État continue de jouer un rôle majeur y compris dans l'économie, et il a réorienté son action vers de nouveaux domaines comme l'environnement (voir le Grenelle en 2008). Intervention pour sauver les entreprises en difficulté…

  • Reste l’acteur majeur des politiques de défense.

  • Son activité législative et règlementaire s’est étendue. ( répond aussi à la demande des citoyens d’une intervention plus volontaire de l’État, Cf. contexte des attentats.

  • Les résultats des referendums sur la construction européenne en 1992 (tout juste 50 %) et en 2005 (NON) prouve que les Français restent attachée à préserver la souveraineté de l’État.



Conclure : Le rôle et la place de l’Etat évoluent en fonction de la conjoncture et sous l’effet de la mondialisation. La décentralisation signifie-t-elle vraiment un repli de l’Etat (puisqu’on lui substitue les collectivités locales, donc une souveraineté citoyenne) ? = repli de l’Etat centralisateur.

+ réflexion sur les missions de l’Etat (régalien ou + ?)

II– L’évolution des grands domaines d’intervention de l’Etat
Pb : L’Etat pour réaffirmer les valeurs de la République dans la vie des Français 

II.1. L’Etat-providence, garant du lien social et de la solidarité nationale

 Doc. 2, page 297, De nouvelles missions pour l’Etat

Etat- providence : garantir une protection à tous les Français contre les accidents de la vie… + solidarité par redistribution des richesses.

= accès à la santé, à la retraite, favoriser la famille

  • Création de la Sécurité sociale en 1945 : organisée en 4 branches

    • Maladie : maladies, maternité, invalidité

    • Accidents du travail et maladies professionnelles

    • Vieillesse et veuvages : retraites

    • Famille : allocations familiales et handicap.

Financement assuré par les cotisations des salariés et patronat (+ CSG depuis 1990) et gérée par les partenaires sociaux (élus).

Ajouter la création du SMIG en 1950 (puis SMIC en 1970)

Puis, à partir des chocs pétroliers, France confrontée à l’essor du chômage  assurance chômage avec création de l’ANPE (1967).

Cette politique n’est pas vue comme un coût, mais comme un investissement : elle contribue aussi à la croissance et à l’emploi.
Mais aussi Intervention :

  • Pour l’habitat : loi sur les HLM en 1947

  • La culture : création d’un Ministère des Affaires culturelles en 1959 confié à André Malraux

  • La santé : les CHU en 1958


L’Etat renforce aussi les négociations entre partenaires sociaux, surtout après mai 1968 :

. 3ème semaine de congés payés en 1956, puis 4ème en 1969

. Contractualisation syndicats / patronat

Donc, protection sociale fondée sur le contrat social, solidarité acceptée,
Conclusion du I.1. : Lente amélioration des conditions de vie (rationnement maintenu jusqu’en 1949) et élévation du pouvoir d’achat progressive. Intégration des travailleurs et des relations du travail pacifiées grâce à la négociation.

= Un lien social nouveau.
II.2. L’Etat keynésien, acteur économique majeur


  • IVème République : reconstruire et moderniser

Reconstruction s’appuie pour commencer sur l’aide du Plan Marshall : modernisation de l’agriculture, industrie

Puis sur l’aide de l’Etat

1946 : De Gaulle crée un Commissariat au plan avec à sa tête Jean Monnet (portrait, page 162), acteur de la reconstruction et modernisation économique de la France.

Emploi d’un nouveau vocabulaire économique : croissance, productivité, investissement…).

Méthode de concertation entre Etat, patronat, syndicats, experts, pour définir les priorités. = volonté de consensus.

Exemples :

  • Reconstruction urbaine (le Havre) + loger le baby-boom (X des HLM).


Série de nationalisations dans des domaines stratégiques : Voir repère page 150

  • Energie : Houillères, EDF/GDF, charbonnages

  • Banques et assurances (11 groupes) : Banque de France, CA, Crédit foncier, Crédit Lyonnais, S Gale

  • Industrie : Renault

  • Transports : Air France

  • Secteur public = 20 % de la population active et ¼ des investissements industriels du pays.




  • Vème République : L’Etat gaullien entrepreneur 

. Favorise la concentration d’entreprises ce qui permet la création de grandes firmes comme Elf (1964)

. Lance de grands programmes industriels : nucléaire (CEA en 1960), aérospatiale, informatique (plan calcul en 1965). Au total, l’Etat assure plus de la ½ des investissements en France.

1963 : création de la DATAR (voir dossier Magnard, pages 298-299)

Direction à l’Aménagement du Territoire et à l’Action régionale (depuis 2009, action est devenue « attractivité »)

= Intervention pour l’aménagement du territoire : réduire les déséquilibres et les inégalités

  • Décentralisation parisienne : Cf Jean-François Gravier, Paris et le désert français, Flammarion, 1972 qui dénonce la macrocéphalie parisienne et l’Etat centralisé…

  • Dvpt touristique : parcs naturels, projet Racine en Languedoc-Roussillon (Grande-Motte entre 1966 et 1975 pour capter les touristes allant vers l’Espagne),

  • Indépendance énergétique : barrages hydro-électriques, programmes de centrales nucléaires

  • Dvpt des transports : programmes d’autoroutes et tunnels ferroviaires (Mt-Blanc en 1965), Roissy en 1974 et vol du prototype de Concorde en 1969.


Conclusion du II.2. France rapidement reconstruite et modernisée. Période de croissance continue jusque dans les années 70 pendant la période des Trente Glorieuses, stimulée aussi par l’entrée dans la construction européenne.

Rôle de l’Etat : solidarité, investisseur  réduire les inégalités et les déséquilibres selon les principes et valeurs de l’idéal républicain.

II.3. Les politiques culturelles : l’Etat mécène
. 1959 : un Ministère des Affaires culturelles confié à André Malraux.

Création de 8 Maisons de la culture = lieux de création et de représentation polyvalents, « cathédrales de la culture », mais peu de succès.
. Mais c’est surtout le Pdt Pompidou qui encourage les politiques culturelles : création du centre qui porte son nom dans le Quartier des Halles (Centre Beaubourg). A sa suite VGE : Cité de la villette, Institut du monde arabe…
. Grand tournant dans les années Mitterrand avec le Ministre de la Culture Jack Lang : fête de la Musique, prix du livre unique, création des Zénith…

+ grands travaux dans paris : Arche de la Défense, Opéra Bastille, TGB, Bercy…

. Un ministère de plus en plus modeste : Musée des Arts Premiers, quai Branly avec Chirac mais pas grand-chose depuis (Philarmonie)
Globalement, l’idée est celle d’une démocratisation et d’une décentralisation de la culture.
Conclusion sur le II. : Les domaines d’intervention de l’Etat ont toujours été de réduire les inégalités, de construire la puissance française : idée d’égalité et de démocratisation.

Rôle qui diminue avec la décentralisation.
III– L’Etat, le pouvoir et l’opinion publique

Opinion publique : l’ensemble des convictions, des jugements et des valeurs d’une société à une époque donnée.

Pb : Comment pouvoir et opinion publique interagissent-ils ?

III.1. Le pouvoir du politique est affaibli

 Doc., La montée de l’abstention

Contextualiser puis : l’abstention est-elle un mode d’expression politique ?

Montrer l’évolution vers une montée de l’abstention, sauf pour la présidentielle.

SU instauré en 1848 et vote des femmes en 1944. Depuis les années 80, montée de l’abstention, sauf pour la présidentielle (enjeu très fort) et il est plus faible aux municipales (proximité des élus).

Mais pour les scrutins locaux et européens de 40 à presque 50 %, voire plus !

Explications :

  • Scrutins intermédiaires = votes sanction

  • Lissage des programmes  D/G, c’est pareil ! D’où vote protestataire vers les extrêmes

  • Difficultés économiques, paupérisation : voter ne change rien  sociologie du vote = davantage d’abstention chez les catégories défavorisées.

  • Image des politiques : scandales, technocrates, collusion avec les médias, reproduction des élites,

  • Méconnaissance des compétences car trop grande technicité

  • Vers d’autres formes d’expression : la rue, les nouveaux médias : réseaux sociaux, blogs etc., referendums

= la démocratie (dictature ?) d’opinion : oui, mais attention risque de dérives populistes.

Donc, enjeu d’éducation et d’information  rôle des médias !
III.2. Le rôle des médias

La république s’est confortée avec la liberté de la presse (1881). Les médias jouent un rôle majeur : informer et relayer l’opinion…

Exemple : le rôle des médias dans la crise de mai 1968

  1. Rappeler le contexte : crise de mai 1968

  2. Les documents :

    1. Le 1 dénonce le contrôle de l’info par le pouvoir. En effet l’ORTF (off. De Radio et Télévision fondé en 1964 est directement contrôlé par le Ministère de l’Info pour les journaux, carré blanc, etc…) = Marianne bâillonnée !!! grève de l’ORTF, journalistes ne veulent plus être les relais d’un pouvoir dictatorial, donc radio prise en sandwich car contestée à la fois par l’opinion et par le pouvoir.

    2. Le 2 : rôle des médias libres : ici les radios périphériques (RTL et Europe 1, basées à l’étranger) donc libres. Progrès techniques (transistor et voitures mobiles) donc sont au cœur de l’événement  relaient l’info et amplifient l’évt qui gagne toute la France (grève Gale)

    3. Le 3 : naissance de nouveaux médias, anarcho-libertaires… L'Enragé = journal satirique fondé au début de mai 1968 par Jean-Jacques Pauvert. Parait jusqu'en novembre 1968 après 12 numéros. (Il rassemblait une génération d'auteurs qu'on retrouvera par la suite dans d'autres journaux s'inspirant de cet esprit contestataire et libertaire, comme Hara-Kiri et Charlie Hebdo avec les dessinateurs Siné, Reiser, Cabu, Topor, Wolinski, Willem.)

Ici : 1er numéro = journal libertaire. On lit l’Editorial qui précise la ligne du journal. Le message : la presse est une arme (mais référence à la Marseillaise donc aux valeurs de la rép.)

  1. Portée :

  • grève à l’ORTF à partir du 24 mai (opération Jéricho : marche silencieuse autour de la maison de la radio) qui entraine 12 000 employés en France. Lourdes sanctions : 1/3 des journalistes (Zitrone, Drucker, Gildas…) et intervention de De Gaulle à la radio le 30 !  son triomphe

  • retour triomphal de De Gaulle mais démission en 69, puis fin de l’ORTF en 1974

= rôle majeur des médias dans la crise face à l’opinion mais à 2X sens : moteur de la contestation et instrumentalisé par le pouvoir
Depuis, libéralisation des ondes en 1981, création du CSA : garants de la neutralité et liberté de l’info.

Mais des médias presse et radio moins crédibles car collusion avec le pouvoir !

+ émergence d’internet et réseaux sociaux, utilisés par le pouvoir. Mais quelle éthique ? Quelle valeur à l’information ?


Conclusion générale sur le chapitre :

En France, Etat-nation où la place et le rôle de l’Etat est l’une des + importantes au monde.

= un débat politique majeur, un enjeu aussi pour l’égalité républicaine.

Poser la question citoyenne :

  • Quelles doivent être les missions de l’Etat ?

  • Comment maintenir le consensus républicain autour de ces missions ?

  • Comment résoudre le problème de la désaffection des citoyens pour la vie publique ?






Sunday 19 February 2017

similaire:

Hème: analyser les évolutions du pouvoir politique depuis 1945, dans le monde iconLe cours implique donc de mettre en évidence
«économie-monde», on peut analyser l’impact de la mondialisation sur les territoires, et les hiérarchiser en fonction de leur dynamisme...

Hème: analyser les évolutions du pouvoir politique depuis 1945, dans le monde iconDeuxième volet du cycle «musée et marché de l’art dans la peninsule arabique»
«Artistes, marchands et collectionneurs du «golfe» : sociologie politique de l’Iran postrévolutionnaire depuis Dubai»

Hème: analyser les évolutions du pouvoir politique depuis 1945, dans le monde iconMots offensifs
«récit» du pouvoir, eût dit Jean-françois Lyotard, ou encore le vocabulaire spécifique codifiant banalement «l’esthétisation de la...

Hème: analyser les évolutions du pouvoir politique depuis 1945, dans le monde iconLes gestionnaires du haut lieu du tourisme religieux catholique en...

Hème: analyser les évolutions du pouvoir politique depuis 1945, dans le monde iconPolitique et vérité
«Écartons tous les faits» (le géré, l’idéologique) permet ainsi de poser la question de la politique : celle d’une distinction dont...

Hème: analyser les évolutions du pouvoir politique depuis 1945, dans le monde iconCours dialogué avec pour support l’étude d’un tableau statistique...
«âge d’or de la croissance»), la richesse mondiale a triplé. Entre 1973 et 2000, elle n’a que doublé («crise contemporaine»).  deux...

Hème: analyser les évolutions du pouvoir politique depuis 1945, dans le monde iconLes précurseurs de la sociologie politique contemporaine et les grandes...

Hème: analyser les évolutions du pouvoir politique depuis 1945, dans le monde iconLittérature de témoignage
«Le soldat dans la culture au Québec en 1939-1945 du héros-guerrier à la chair à canon»

Hème: analyser les évolutions du pouvoir politique depuis 1945, dans le monde iconLe palais de Versailles fut l’instrument de la grandeur du prince
«les Versailles» pour qualifier ce lieu en perpétuelle métamorphose. Les étapes, les transformations, les retournements, les repentirs...

Hème: analyser les évolutions du pouvoir politique depuis 1945, dans le monde iconEssai Commentaire
«qui situe l'infini au coeur même du fini» ajoute-t-il, en concluant sur le fait que «chaque phénomène est dès lors "habité" par...







Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
a.21-bal.com